Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 19:44
De tous les principes avancés par les précurseurs de la sociologie, aucun n'a, sans doute, été répudié avec tant d'assurance que celui qui a trait à la distinction entre état de nature et état de société. On ne peut, en effet, se référer sans contradiction à une phase de l'évolution de l'humanité au cours de laquelle celle-ci, en l'absence de toute organisation sociale, n'en aurait pas moins développé des formes d'activité qui sont partie intégrante de la culture. Mais la distinction proposée peut comporter des interprétations plus valables.
Les ethnologues de l'école d'Elliot Smith et de Perry l'ont reprise pour édifier une théorie contestable, mais qui, par-delà le détail arbitraire du schéma historique, laisse clairement apparaître l'opposition profonde entre deux niveaux de la culture humaine, et le caractère révolutionnaire de la transformation néolithique. L'Homme de Néanderthal, avec sa connaissance probable du langage, ses industries lithiques et ses rites funéraires, ne peut être considéré comme vivant à l'état de nature: son niveau culturel l'oppose, cependant, à ses successeurs néolithiques avec une rigueur toute comparable - bien que dans un sens différent - à celle que les auteurs du XVIIe ou du XVIIIe siècle prêtaient à leur propre distinction. Mais surtout, on commence à comprendre que la distinction entre état de nature et état de société, à défaut d'une signification historique acceptable, présente une valeur logique qui justifie pleinement son utilisation, par la sociologie moderne, comme un instrument de méthode. L'homme est un être biologique en même temps qu'un individu social. Parmi les réponses qu'il fournit aux excitations extérieures ou intérieures, certaines relèvent intégralement de sa nature, d'autres de sa condition: ainsi n'aura-t-on aucune peine à trouver l'origine respective du réflexe pupillaire et de la position prise par la main du cavalier au simple contact des rênes. Mais la distinction n'est pas toujours aussi aisée: souvent, le stimulus physico-biologique et le stimulus psycho-social suscitent des réactions du même type, et on peut se demander, comme le faisait déjà Locke, si la peur de l'enfant dans l'obscurité s'explique comme une manifestation de sa nature animale, ou comme le résultat des contes de sa nourrice.
Plus encore : dans la majorité des cas, les causes ne sont même pas distinctes réellement, et la réponse du sujet constitue une véritable intégration des sources biologiques et des sources sociales de son comportement. Ainsi l'attitude de la mère envers son enfant, ou les émotions complexes du spectateur d'un défilé militaire. C'est que la culture n'est, ni simplement juxtaposée, ni simplement superposée à la vie. En un sens, elle se substitue à la vie, en un autre elle l'utilise et la transforme, pour réaliser une synthèse d'un ordre nouveau.
S'il est relativement aisé d'établir la distinction de principe, la difficulté commence quand on veut opérer l'analyse. Cette difficulté est, elle-même, double: d'une part, on peut essayer de définir, pour chaque attitude, une cause d'ordre biologique ou social; d'autre part, chercher par quel mécanisme des attitudes d'origine culturelle peuvent se greffer sur des comportements qui sont eux-mêmes de nature biologique, et réussir à se les intégrer. Nier ou sous-évaluer l'opposition, c'est s'interdire toute intelligence des phénomènes sociaux ; et, en lui donnant sa pleine portée méthodologique, on risque d'ériger en insoluble mystère le problème du passage entre les deux ordres. Où finit la nature ? Où commence la culture ? On peut concevoir plusieurs moyens de répondre à cette double question. Mais tous se sont montrés, jusqu'à présent, singulièrement décevants.
La méthode la plus simple consisterait à isoler un enfant nouveau-né, et à observer ses réactions à différentes excitations pendant les premières heures, ou les premiers jours, qui suivent sa naissance. On pourrait alors supposer que les réponses fournies dans de telles conditions sont d'origine psycho-biologique, et ne relèvent pas des synthèses culturelles ultérieures. La psychologie contemporaine a obtenu, par cette méthode, des résultats dont l'intérêt ne peut faire oublier leur caractère fragmentaire et limité. Tout d'abord, les seules observations valables doivent être précoces: car des conditionnements sont susceptibles d'apparaître au terme de peu de semaines, peut-être même de jours; ainsi, seuls des types de réactions très élémentaires, tels que certaines expressions émotives, peuvent-ils être en pratique étudiés. D'autre part, les épreuves négatives présentent toujours un caractère équivoque. Car la question reste toujours ouverte de savoir si la réaction en cause est absente à cause de son origine culturelle, ou parce que les mécanismes physiologiques qui conditionnent son apparition ne sont pas encore montés, en raison de la précocité de l'observation. Du fait qu'un très jeune enfant ne marche pas, on ne saurait conclure à la nécessité de l'apprentissage, puisque l'on sait, au contraire, que l'enfant marche spontanément, dès qu'il en est organiquement capable. Une situation analogue peut se présenter dans d'autres domaines. Le seul moyen d'éliminer ces incertitudes serait de prolonger l'observation au-delà de quelques mois, ou même de quelques années; mais on se trouve alors aux prises avec des difficultés insolubles: car le milieu satisfaisant aux conditions rigoureuses d'isolation exigée par l'expérience n'est pas moins artificiel que le milieu culturel auquel on prétend le substituer. Par exemple, les soins de la mère pendant les premières années de la vie humaine constituent une condition naturelle du développement de l'individu. L'expérimentateur se trouve donc enfermé dans un cercle vicieux.
Il est vrai que le hasard a parfois paru réussir ce dont l'artifice est incapable : l'imagination des hommes du XVIIIe siècle a été fortement frappée par le cas de ces «enfants sauvages», perdus dans la campagne depuis leurs jeunes années, et auxquels un concours de chances exceptionnel a permis de subsister et de se développer en dehors de toute influence du milieu social. Mais il apparaît assez clairement des anciennes relations que la plupart de ces enfants furent dés anormaux congénitaux, et qu'il faut chercher dans l'imbécillité dont ils semblent avoir à peu près unanimement fait la preuve, la cause initiale de leur abandon, et non, comme on le voudrait parfois, son résultat.
Des observations récentes confirment cette manière de voir. Les prétendus «enfants-loups» trouvés aux Indes n'atteignirent jamais un niveau normal. L'un - Sanichar - ne put jamais parler, même adulte. Kellog rapporte que, de deux enfants découverts ensemble, il y a une vingtaine d'années, le cadet resta incapable de parler, et que l'aîné vécut jusqu'à six ans, mais avec le niveau mental d'un enfant de deux ans et demi, et un vocabulaire de cent mots à peine. Un rapport de 1939 considère comme idiot congénital un «enfant-babouin» d'Afrique du Sud, découvert en 1903 à l'âge probable de douze à quatorze ans. Le plus souvent d'ailleurs, les circonstances de la trouvaille sont sujettes à caution.
En outre, ces exemples doivent être écartés pour une raison de principe qui nous place d'emblée au cœur des problèmes dont la discussion fait l'objet de cette Introduction. Dès 1811, Blumenbach, dans une étude consacrée à l'un de ces enfants, le Sauvage Peter, remarquait qu'on ne saurait rien attendre de phénomènes de cet ordre. Car, notait-il avec profondeur, si l'homme est un animal domestique, il est le seul qui se soit domestiqué lui-même. Ainsi, on peut s'attendre à voir un animal domestique, tel qu'un chat, un chien ou une bête de basse-cour, s'il se trouve perdu et isolé, retourner à un comportement naturel qui fut celui de l'espèce avant l'intervention extérieure de la domestication. Mais rien de tel ne peut se produire pour l'homme, car dans le cas de ce dernier, il n'existe pas de comportement naturel de l'espèce auquel l'individu isolé puisse revenir par régression. Comme le disait, ou à peu près, Voltaire: une abeille égarée loin de sa ruche et incapable de la retrouver est une abeille perdue; mais elle n'est pas devenue, pour cela, une abeille plus sauvage. Les «enfants sauvages», qu'ils soient le produit du hasard ou de l'expérimentation, peuvent être des monstruosités culturelles; mais, en aucun cas, les témoins fidèles d'un état antérieur.
On ne peut donc espérer trouver chez l'homme l'illustration de types de comportement de caractère pré-culturel. Est-il possible, alors, de tenter une démarche inverse, et d'essayer d'atteindre, aux niveaux supérieurs de la vie animale, des attitudes et des manifestations où l'on puisse reconnaître l'ébauche, les signes avant-coureurs, de la culture ? C'est, en apparence, l'opposition entre le comportement humain et le comportement animal qui fournit la plus frappante illustration de l'antinomie de la culture et de la nature. Le passage - s'il existe - ne saurait donc être cherché à l'étage des prétendues sociétés animales telles qu'on les rencontre chez certains insectes; car nulle part mieux que dans de tels exemples ne trouve-t-on réunis les attributs, impossibles à méconnaître, de la nature : l'instinct, l'équipement anatomique qui seul peut en permettre l'exercice, et la transmission héréditaire des conduites essentielles à la survivance de l'individu et de l'espèce. Aucune place, dans ces structures collectives, même pour une esquisse de ce qu'on pourrait appeler le modèle culturel universel: langage, outils, institutions sociales, et système de valeurs esthétiques, morales ou religieuses. C'est à l'autre extrémité de l'échelle animale qu'il faut s'adresser si l'on espère découvrir une amorce de ces comportements humains: auprès des mammifères supérieurs, et plus spécialement des singes anthropoïdes.
Or, les recherches poursuivies depuis une trentaine d'années sur les grands singes sont particulièrement décourageantes à cet égard: non que les composantes fondamentales du modèle culturel universel soient rigoureusement absentes: il est possible, au prix de soins infinis, d'amener certains sujets à articuler quelques monosyllabes ou dissyllabes, auxquelles ils n'attachent d'ailleurs jamais de sens; dans certaines limites, le chimpanzé peut utiliser des outils élémentaires et, éventuellement, en improviser ; des relations temporaires de solidarité ou de subordination peuvent apparaître et se défaire au sein d'un groupe donné; enfin, on peut se plaire à reconnaître, dans certaines attitudes singulières, l'esquisse de formes désintéressées d'activité ou de contemplation. Fait remarquable: ce sont surtout les sentiments que nous associons volontiers à la partie la plus noble de notre nature, dont l'expression semble pouvoir être identifiée le plus aisément chez les anthropoïdes: ainsi la terreur religieuse et l'ambiguïté du sacré. Mais si tous ces phénomènes plaident par leur présence, ils sont plus éloquents encore - et dans un tout autre sens - par leur pauvreté. On est moins frappé par leur ébauche élémentaire que par le fait - confirmé par tous les spécialistes -de l'impossibilité, semble-t-il, radicale, de pousser ces ébauches au delà de leur expression la plus primitive. Ainsi, le fossé que l'on pouvait espérer combler par mille observations ingénieuses n'est-il en réalité que déplacé, pour apparaître plus infranchissable encore: quand on a démontré qu'aucun obstacle anatomique n'interdit au singe d'articuler les sons du langage, et même des ensembles syllabiques, on ne peut qu'être frappé davantage par l'absence irrémédiable du langage, et une totale incapacité d'attribuer aux sons émis ou entendus le caractère de signes. La même constatation s'impose dans les autres domaines. Elle explique la conclusion pessimiste d'un observateur attentif qui se résigne, après des années d'étude et d'expérimentation, à voir dans le chimpanzé «un être endurci dans le cercle étroit de ses imperfections innées, un être « régressif » si on le compare à l'homme, un être qui ne veut ni ne peut s'engager dans la voie du progrès ».
Mais, plus encore que par les échecs devant des épreuves précises, on est convaincu par une constatation d'un ordre plus général, et qui fait pénétrer plus profondément au sein du problème. C'est qu'il est impossible de tirer de l'expérience des conclusions générales. La vie sociale des singes ne se prête à la formulation d'aucune norme. En présence du mâle ou de la femelle, de l'animal vivant ou mort, du sujet jeune ou âgé, du parent ou de l'étranger, le singe se comporte avec une surprenante versatilité. Non seulement le comportement du même sujet n'est pas constant, mais aucune régularité ne peut être dégagée du comportement collectif. Aussi bien dans le domaine de la vie sexuelle qu'en ce qui concerne les autres formes d'activité, le stimulant externe ou interne, et des ajustements approximatifs sous l'influence des échecs et des succès, semblent fournir tous les éléments nécessaires à la solution des problèmes d'interprétation. Ces incertitudes apparaissent dans l'étude des relations hiérarchiques au sein d'un même groupe de vertébrés, qui permet pourtant d'établir un ordre de subordination des animaux les uns par rapport aux autres. Cet ordre est remarquablement stable, puisque le même animal conserve la position dominante pendant des périodes de l'ordre d'une année. Et pourtant, la systématisation est rendue impossible par des irrégularités fréquentes. Une poule, subordonnée à deux congénères occupant une place médiocre dans le tableau hiérarchique, attaque cependant l'animal qui possède le rang le plus élevé; on observe des relations triangulaires où A domine B, B domine C, et C domine A, tandis que tous les trois dominent le reste du groupe.
Il en est de même en ce qui concerne les relations et les goûts individuels des singes anthropoïdes, chez qui ces irrégularités sont encore plus marquées : « Les primates offrent beaucoup plus de diversité dans leurs préférences alimentaires que les rats, les pigeons et les poules.» Dans le domaine de la vie sexuelle aussi, nous trouvons chez eux «un tableau qui recouvre presque entièrement la conduite sexuelle de l'homme... aussi bien dans ses modalités normales que dans les plus remarquables parmi les manifestations habituellement appelées «anormales», parce qu'elles heurtent les conventions sociales». Par cette individualisation des conduites, l'orang-outang, le gorille et le chimpanzé ressemblent singulièrement à l'homme. Malinowski se trompe donc quand il écrit que tous les facteurs définissant la conduite sexuelle des mâles anthropoïdes sont communs à tous les membres de l'espèce «fonctionnant avec une telle uniformité que, pour chaque espèce animale, il suffit d'un groupe de données et d'un seul... les variations étant si petites et si insignifiantes que le zoologue est pleinement autorisé à les ignorer ».
Quelle est, au contraire, la réalité? La polyandrie semble régner chez les singes hurleurs de la région de Panama, bien que la proportion des mâles par rapport aux femelles soit de 28 à 72. En fait, on observe des relations de promiscuité entre une femelle en chaleur et plusieurs mâles, mais sans qu'on puisse définir des préférences, un ordre de priorité ou des liens durables. Les gibbons des forêts siamoises vivraient en familles monogames relativement stables; pourtant, les rapports sexuels ont lieu indifféremment entre membres du même groupe familial, ou avec un individu appartenant à un autre groupe, vérifiant ainsi - dirait-on - la croyance indigène que les gibbons sont la réincarnation des amants malheureux.17 Monogamie et polygamie existent côte à côte chez les rhésus ;18 et les bandes de chimpanzés sauvages observées en Afrique varient entre quatre et quatorze individus, laissant ouverte la question de leur régime matrimonial. Tout semble se passer comme si les grands singes, déjà capables de se dissocier d'un comportement spécifique, ne pouvaient parvenir à rétablir une norme sur un plan nouveau. La conduite instinctive perd la netteté et la précision qu'on lui trouve chez la plupart des mammifères; mais la différence est purement négative, et le domaine abandonné par la nature reste territoire inoccupé.
Cette absence de règles semble apporter le critère le plus sûr qui permette de distinguer un processus naturel d'un processus culturel. Rien de plus suggestif, à cet égard, que l'opposition entre l'attitude de l'enfant, même très jeune, pour qui tous les problèmes sont réglés par de nettes distinctions, plus nettes et plus impératives, parfois, que chez l'adulte, et les relations entre les membres d'un groupe simien, tout entières abandonnées au hasard et à la rencontre, où le comportement d'un sujet n'apprend rien sur celui de son congénère, où la conduite du même individu aujourd'hui ne garantit en rien sa conduite du lendemain. C'est, en effet, qu'il y a un cercle vicieux à chercher dans la nature l'origine de règles institutionnelles qui supposent - bien plus, qui sont déjà - la culture, et dont l'instauration au sein d'un groupe peut difficilement se concevoir sans l'intervention du langage. La constance et la régularité existent, à vrai dire, aussi bien dans la nature que dans la culture. Mais, au sein de la première, elles apparaissent précisément dans le domaine où, dans la seconde, elles se manifestent le plus faiblement, et inversement. Dans un cas, c'est le domaine de l'hérédité biologique, dans l'autre celui de la tradition externe. On ne saurait demander à une illusoire continuité entre les deux ordres de rendre compte des points par lesquels ils s'opposent.
Aucune analyse réelle ne permet donc de saisir le point du passage entre les faits de nature et les faits de culture, et le mécanisme de leur articulation. Mais la discussion précédente ne nous a pas seulement apporté ce résultat négatif; elle nous a fourni, avec la présence ou l'absence de la règle dans les comportements soustraits aux déterminations instinctives, le critère le plus valable des attitudes sociales. Partout où la règle se manifeste, nous savons avec certitude être à l'étage de la culture. Symétriquement, il est aisé de reconnaître dans l'universel le critère de la nature. Car ce qui est constant chez tous les hommes échappe nécessairement au domaine des coutumes, des techniques et des institutions par lesquelles leurs groupes se différencient et s'opposent. À défaut d'analyse réelle, le double critère de la norme et de l'universalité apporte le principe d'une analyse idéale, qui peut permettre - au moins dans certains cas et dans certaines limites - d'isoler les éléments naturels des éléments culturels qui interviennent dans les synthèses de l'ordre plus complexe. Posons donc que tout ce qui est universel, chez l'homme, relève de l'ordre de la nature et se caractérise par la spontanéité, que tout ce qui est astreint à une norme appartient à la culture et présente les attributs du relatif et du particulier. Nous nous trouvons alors confrontés avec un fait, ou plutôt un ensemble de faits, qui n'est pas loin, à la lumière des définitions précédentes, d'apparaître comme un scandale: nous voulons dire cet ensemble complexe de croyances, de coutumes, de stipulations et d'institutions que l'on désigne sommairement sous le nom de prohibition de l'inceste. Car la prohibition de l'inceste présente, sans la moindre équivoque, et indissolublement réunis, les deux caractères où nous avons reconnu les attributs contradictoires de deux ordres exclusifs: elle constitue une règle, mais une règle qui, seule entre toutes les règles sociales, possède en même temps un caractère d'universalité. Que la prohibition de l'inceste constitue une règle n'a guère besoin d'être démontré; il suffira de rappeler que l'interdiction du mariage entre proches parents peut avoir un champ d'application variable selon la façon dont chaque groupe définit ce qu'il entend par proche parent; mais que cette interdiction, sanctionnée par des pénalités sans doute variables, et pouvant aller de l'exécution immédiate des coupables à la réprobation diffuse, parfois seulement à la moquerie, est toujours présente dans n'importe quel groupe social.
On ne saurait, en effet, invoquer ici les fameuses exceptions dont la sociologie traditionnelle se contente souvent de souligner le petit nombre. Car toute société fait exception à la prohibition de l'inceste, quand on l'envisage du point de vue d'une autre société dont la règle est plus stricte que la sienne. On frémit en pensant au nombre d'exceptions qu'un Indien Paviotso devrait, à ce compte, enregistrer. Quand on se réfère aux trois exceptions classiques: Égypte, Pérou, Hawaï, auxquelles il faut d'ailleurs ajouter quelques autres (Azandé, Madagascar, Birmanie, etc.), on ne doit pas perdre de vue que ces systèmes sont des exceptions par rapport au nôtre propre, dans la mesure où la prohibition y recouvre un domaine plus restreint que ce n'est le cas parmi nous. Mais la notion d'exception est toute relative, et son extension serait fort différente pour un Australien, un Thonga, ou un Eskimo.
La question n'est donc pas de savoir s'il existe des groupes permettant des mariages que d'autres excluent, mais plutôt s'il y a des groupes chez lesquels aucun type de mariage n'est prohibé. La réponse doit être, alors, absolument négative, et à un double titre : d'abord, parce que le mariage n'est jamais autorisé entre tous les proches parents, mais seulement entre certaines catégories (demi-sœur à l'exclusion de sœur, sœur à l'exclusion de mère, etc.); ensuite, parce que ces unions consanguines ont, soit un caractère temporaire et rituel, soit un caractère officiel et permanent, mais restent, dans ce dernier cas, le privilège d'une catégorie sociale très restreinte. C'est ainsi qu'à Madagascar, la mère, la sœur, parfois aussi la cousine, sont des conjoints prohibés pour les gens du commun, tandis que, pour les grands chefs et les rois, seule la mère - mais la mère tout de même - est fady, « défendue ». Mais il y a si peu «exception» à la prohibition de l'inceste que celle-ci fait l'objet d'une extrême susceptibilité de la part de la conscience indigène: quand un ménage est stérile, on postule une relation incestueuse, bien qu'ignorée; et les cérémonies expiatoires prescrites sont automatiquement célébrées.
Le cas de l'Égypte ancienne est plus troublant, parce que des découvertes récentes suggèrent que les mariages consanguins - particulièrement entre frère et sœur - ont peut-être représenté une coutume répandue chez les petits fonctionnaires et artisans, et non limitée, comme on l'a jadis cru, à la caste régnante et aux plus tardives dynasties. Mais en matière d'inceste, il ne saurait y avoir d'exception absolue. Notre éminent collègue M. Ralph Linton nous faisait remarquer un jour que dans la généalogie d'une famille noble de Samoa, étudiée par lui, sur huit mariages consécutifs entre frère et sœur, un seul mettait en cause une sœur cadette, et que l'opinion indigène l'avait con damné comme immoral. Le mariage entre un frère et sa sœur aînée apparaît donc comme une concession au droit d'aînesse ; et il n'exclut pas la prohibition de l'inceste puisque, en plus de la mère et de la fille, la sœur cadette reste un conjoint interdit, ou tout au moins désapprouvé. Or, un des rares textes que nous possédions sur l'organisation sociale de l'ancienne Égypte suggère une interprétation analogue; il s'agit du Papyrus de Boulaq n° 5, qui relate l'histoire d'une fille de roi qui veut épouser son frère aîné. Et sa mère remarque : « Si je n'ai pas d'enfants après ces deux enfants-là, n'est-ce pas la loi de les marier l'un à l'autre ? ». Ici aussi, il semble s'agir d'une formule de prohibition autorisant le mariage avec la sœur aînée, mais le réprouvant avec la cadette. On verra plus loin que les anciens textes japonais décrivent l'inceste comme une union avec la sœur cadette, à l'exclusion de l'aînée, élargissant ainsi le champ de notre interprétation. Même dans ces cas, qu'on pourrait être tenté de considérer comme des limites, la règle d'universalité n'est pas moins apparente que le caractère normatif de l'institution.
Voici donc un phénomène qui présente simultanément le caractère distinctif des faits de nature et le caractère distinctif - théoriquement contradictoire du précédent - des faits de culture. La prohibition de l'inceste possède, à la fois, l'universalité des tendances et des instincts, et le caractère coercitif des lois et des institutions. D'où vient-elle donc ? Et quelle est sa place et sa signification ? Débordant inévitablement les limites toujours historiques et géographiques de la culture, coextensive dans le temps et dans l'espace à l'espèce biologique, mais redoublant, par l'interdiction sociale, l'action spontanée des forces naturelles auxquelles elle s'oppose par ses caractères propres, tout en s'identifiant à elles quant au champ d'application, la prohibition de l'inceste apparaît à la réflexion sociologique comme un redoutable mystère. Peu de prescriptions sociales ont préservé, dans une semblable mesure, au sein même de notre société, l'auréole de terreur respectueuse qui s'attache aux choses sacrées. D'une façon significative, et qu'il nous faudra commenter et expliquer par la suite, l'inceste, sous sa forme propre et sous la forme métaphorique de l'abus de mineure («dont», dit le sentiment populaire, «on pourrait être le père»), rejoint même, dans certains pays, son antithèse, les relations sexuelles interraciales, cependant forme extrême de l'exogamie, comme les deux plus puissants stimulants de l'horreur et de la vengeance collectives. Mais cette ambiance de crainte magique ne définit pas seulement le climat au sein duquel, même encore dans la société moderne, évolue l'institution; elle enveloppe aussi, sur le plan théorique, les débats auxquels, depuis ses origines, la sociologie s'est appliquée avec une ténacité ambiguë : « La fameuse question de la prohibition de l'inceste, » écrit Lévy-Bruhl, « cette vexata quœstio dont les ethnographes et les sociologues ont tant cherché la solution, n'en comporte aucune. Il n'y a pas lieu de la poser. Dans les sociétés dont nous venons de parler, il est vain de se demander pour quelle raison l'inceste est prohibé: cette prohibition n'existe pas...; on ne songe pas à l'interdire. C'est quelque chose qui n'arrive pas. Ou, si par impossible cela arrive, c'est quelque chose d'inouï, un monstrum, une transgression qui répand l'horreur et l'effroi. Les sociétés primitives connaissent-elles une prohibition de l'autophagie ou du fratricide? Elles n'ont ni plus ni moins de raison de prohiber l'inceste».

Claude Lévi-Strauss, Les structures élémentaires de la parenté. Paris, La Haye: Mouton et Maison des sciences de l'Homme, 1967, pp. 3-13
Par Abdelkader HADOUCH عبد القادر حادوش - Publié dans : Texte sur la méthodologie - Ecrire un commentaire
Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 00:43

أعوذ بالله من الشيطان الرجيم
بسم الله الرحمن الرحيم
اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى مَنْ مِنْهُ انْشَقَّتِ الأسْرَارُ، وَانْفَلَقَتِ الأنْوَارُ، وَفِيهِ ارْتَقَتِ الْحَقَائِقُ، وَتَنَزَّلَتْ عُلُومُ آدَمَ فَأعْجَزَ الْخَلاَئِقِ وَلَهُ تَضَاءَلَتِ الْفُهُومُ فَلَمْ يُدْرِكْهُ مِنَّا سَابِقٌ وَلاَ لاَحِقٌ، فَرِيَاضُ الْمَلَكُوتِ بِزَهْرِ جَمَالِهِ مُونِقَةٌ، وَحِيَاضُ الْجَبَرُوتِ بِفَيْضِ أنْوَارِهِ مُتَدَفِّقَةٌ، وَلاَ شَيْءَ إِلاً وَهُوَ بِهِ مَنُوطٌ، إِذ لَوْلاَ الْوَاسِطَةُ لَذَهَبَ - كَمَا قِيلَ - الْمَوْسُوطُ، صَلاَةً تَلِيقُ بِكَ مِنْكَ إِلَيْهِ كَمَا هُوَ أهْلُهُ
اللَّهُمَّ إِنَّهُ سِرُّكَ الْجَامِعُ الدَّالُ عَلَيْكَ
وَحِجَابُكَ الأعْظَمُ الْقَائِمُ لَكَ بَيْنَ يَدَيْكَ
اللَّهُمَّ ألْحِقْنِي بِنَسَبِهِ، وَحَقِّقْنِي بِحَسَبِهِ، وَعَرِّفْنِي إِيَّاهُ مَعْرِفَةً أسْلَمُ
بِهَا مِنْ مَوَارِدِ الْجَهْلِ، وَأكْرَعُ بِهَا مِنْ مَوَارِدِ الْفَضْلِ
وَاحْمِلْنِي عَلَى سَبِيلِهِ إِلَى حَضْرَتِكَ، حَمْلاً مَحْفُوفاً بِنُصْرَتِكَ
وَاقْذِفْ بِيَ عَلَى الْبَاطِلِ فَأدْمَغَهُ، وَزُجَّ بِي فِي بِحَارِ الأحَدِيَّةِ
وَانْشُلْنِي مِنْ أوْحَالِ التِّوْحِيد، وَأغْرِقْنِي فِي عَيْنِ بَحْرِ الْوَحْدَةِ حَتَّى
لاَ أرَى وَلاَ أسْمَعَ وَلاَ أجِدَ وَلاَ أُحِسَّ إِلاً بِهَا، وَاجْعَلِ الْحِجَابَ الأعْظَمَ حَيَاةَ رُوحِي، وَرُوحِهِ سِرَّ حَقِيقَتِي، وَحَقِيقَتِهِ جَامِعَ عَوَالِمِي
بِتَحْقِيقِ الْحَقِّ الأوَّلِ
يَا أوَّلُ يَا آخِرُ .. يَا ظَاهِرُ يَا بَاطِنُ
اسْمَعْ نِدَائِي بِمَا سَمِعْتَ نِدَاءَ عَبْدِكَ زَكَرِيَّا
وَانْصُرْنِي بك لَكَ
وَأيِّدْنِي بِكَ لَكَ
وَاجْمَعْ بَيْنِي وَبَيْنَكَ
وَحُلْ بَيْنِي وَبَيْنَ غَيْرِكَ
(الله، الله، الله)
(إِنَّ الَّذِي فَرَضَ عَلَيْكَ الْقُرْآنَ لَرَادُّكَ إِلَى مَعَادِ)
(رَبَّنَا آتِنَا مِنْ لَدُنْكَ رَحْمَةً وهيئ لَنَا مِنْ أمْرِنَا رَشَدا)(ثلاثاً)
(إِنَّ الله وَمَلاَئِكَتَهُ يُصَلُّونَ عَلَى النَّبِيِّ يَا أيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا صَلُّوا عَلَيْهِ وَسَلِّمُوا تَسْلِيماً
Par Abdelkader HADOUCH عبد القادر حادوش - Publié dans : Mystique التصوف - Ecrire un commentaire
Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /Août /2009 23:18
L’auteur de ce livre (que Dieu lui fasse miséricorde !) a écrit : «Aussitôt que, Youssef ben Tachefyn, arrivant sur les traces de son armée, fut débarqué, la nouvelle en parvint à Alphonse, et ébranla son courage et sa résolution. Il se retira de Saragosse et adressa immédiatement des messages à Ben Radmyr et, à Berhâmes (que Dieu les maudisse !) En ce moment, Ben Radmyr assiégeait la ville de Tartoûcha (Tortose), et Berhânes assiégeait Valence ; ils accoururent joindre leurs forces à celles d’Alphonse, qui demanda également des secours dans les pays de Kachtela (Castille), de Djalikia (Galice) et de Biouna (Bayonne), d’où il lui arriva bientôt des armées innombrables de Chrétiens. Dès que Alphonse eut réuni ces troupes infidèles et qu’il les eut, mises en ordre, il marcha en avant à la rencontre d’Youssef ben Tachefyn et des armées musulmanes. Youssef, de son côté, quitta en toute hâte El-Hadra pour s’avancer contre les Infidèles ; il expédia à l’avant-garde, son général Abou Soliman Daoud ben Aycha, avec dix mille cavaliers Morabethyn, et il les fut suivre de près par El-Moutamed ben Abbed, accompagné des émirs de l’Andalousie à la tête de leurs troupes. Au nombre de ces émirs figuraient Ben Smâdah, maître d’El-Merya (Almeria) ; Ben Habous, maître de Grenade ; Ben Mousselma, maître des dernières frontières (aragonaises) ; Ben Dânoum, Ben el-Afthas et Ben Ghazoun. Youssef leur ordonna d’accompagner El-Moutamed ben Abbed, afin que toutes les troupes de l’Andalousie ne fissent qu’une seule et même armée, et que les Morabethyn formassent la leur à eux seuls. Ceci réglé, les marches s’effectuèrent dans un tel ordre, qu’aussitôt que l’armée d’El-Moutamed quittait un campement, Youssef y arrivait avec ses colonnes. Ils s’avancèrent tous ainsi jusqu’à Tartoûcha, (Tortose), où ils restèrent pendant trois jours, et c’est là que Youssef ben Tachefyn adressa une lettre à Alphonse, pour lui offrir trois partis à prendre : payer tribut, embrasser l’Islamisme ou faire la guerre. À la réception de cette lettre, Alphonse se mit dans une grande colère, et, plein d’orgueil, il répondit à l’envoyé de Youssef : «Dis à l’émir, ton maître, de ne pas se déranger, et que je viendrai le trouver moi-même. » Youssef s’avança donc et Alphonse aussi jusque dans les environs de la ville de Bathaliouch (Badajoz), où Youssef fixa son camp, à l’endroit nommé Zalaca ; El-Moutamed et les autres émirs, arrivés les premiers, avaient campé au-delà d’une colline qui les séparait d’Youssef, pour en imposer davantage à l’Infidèle. Les armées ennemies n’étaient séparées que par le fleuve de Badajoz, dont les uns et, les autres buvaient l’eau. Cette situation dura trois jours, durant lesquels les émissaires allaient et venaient, entre les deux camps, jusqu’à ce que l’on fut tombé d’accord pour fixer la bataille au lundi 14 du mois de radjeb, an 479 (1086). Sitôt après cette convention, El-Moutamed envoya un courrier à Youssef pour l’engager à se tenir sur ses gardes et prêt au combat, parce que les ennemis étaient rusés et traîtres. Le jeudi soir, 10 de radjeb susdit, Ben Abbed prépara ses colonnes et rangea son armée. Il plaça des cavaliers sur un mont élevé pour épier l’ennemi et ses mouvements, et lui-même ne suspendit sa surveillance qu’à l’aurore du vendredi.
Mais, tandis qu’il achevait la prière du matin, pour laquelle il était un peu en retard, les cavaliers qu’il avait postés en vedette arrivèrent en toute hâte et lui apprirent que l’ennemi s’étant mis en mouvement et se portait contre les Musulmans avec une armée nombreuse comme des nuées de sauterelles. A l’instant, Ben Abbed transmit la nouvelle à Youssef, qui se trouvait déjà prêt au combat, et avait également mis en ordre de bataille ses légions, durant cette nuit où personne ne dormit. Youssef fi t aussitôt avancer son kaïd, El-Moudhafar Daoud ben Aycha, à la tête d’une forte troupe de Morabethyn et de volontaires. Ce Daoud ben Aycha était sans égal pour la résolution, le courage et la persévérance. De son côté, l’infidèle ennemi de Dieu, Alphonse, partagea son armée en deux corps, et s’avança à la tête de l’un d’eux, contre l’émir des Musulmans Youssef. Ayant rencontré l’avant-garde sous les ordres du kaïd Ben Aycha, le combat s’engagea, il fut sanglant, et les Morabethyn eurent à déployer la plus grande résignation, car le maudit les écrasa par le nombre de ses soldats, et ils furent presque tous détruits, non toutefois sans avoir porté tant de coups, que les fils des lames de leurs sabres étaient devenus comme des scies, et que leurs lances avaient volé en éclats. La seconde partie de l’armée des maudits se porta sous les ordres de Berhânes et de Ben Radmyr, contre le camp de Ben Abbed qu’elle écrasa.
Tous les chefs andalous s’enfuirent vers Bathaliouclh, et il n’y eut que Ben Abbed qui, ferme avec ses soldats, soutint la bataille avec acharnement, en prenant patience, cette grande patience, que les hommes généreux ont à déployer contre la guerre des méchants. Youssef ben Tachefyn, en apprenant la défaite des chefs de l’Andalousie et la résistance héroïque opposée par El-Montamed et par Daoud ben Aycha, envoya sur-le-champ à leur secours son kaïd Syr ben Abou Beker à la tête des Arabes Zenéta, Mesmouda, Ghoumâra et de tous les Berbères qui étaient au camp. Ensuite, il s’élança lui-même avec les troupes Lemtouna, des Morabethyn et : les Senhadja contre le camp d’Alphonse, et il ne s’arrêta que lorsqu’il y eut pénétré. En ce moment-là Alphonse était absent et occupé à combattre Daoud ben Aycha.
Youssef incendia le camp et massacra les fantassins et les cavaliers qu’Alphonse avait laissés pour garde, et dont quelques-uns à peine purent prendre la fuite et arriver jusqu’à lui, poursuivis par l’émir des Musulmans, qui marchait victorieux, enseignes déployées, tambour battant, et précédé par ses troupes de Morabethyn qui abattaient les Infidèles avec leurs sabres et s’abreuvaient de leur sang. Alphonse, surpris à cette vue, s’écria : «Qu’est-ce donc cela ? » On lui répondit que son camp était brûlé et pillé, que ses gardes avaient été massacrés, et ses femmes faites prisonnières. Il fit aussitôt volte face pour attaquer l’émir des Musulmans qui, de son côté, se précipita sur lui. La bataille s’engagea, et elle fut telle, que jamais on n’en avait vu de pareille L’émir des Musulmans, monté, sur une jument, parcourait les rangs des Croyants pour les exciter et leur donner le courage et la patience nécessaires à la guerre sainte ; il disait : «Ô Musulnnans ! soyez, forts et patients dans cette guerre sainte, contre les infidèles ennemis de Dieu : celui qui d’entre vous mourra ira au paradis comme un martyr, et celui qui ne mourra pas gagnera de grandes récompenses et un riche butin. » Et certes, les Musulmans combattirent ce jour-là comme combattent ceux qui aspirent au martyre et qui ne craignent point la mort ! Cependant, El-Moutamed ben Abbed, qui résistait encore avec ses compagnons, commençait à désespérer de la vie. Ignorant ce qui venait de se passer, il fut surpris de voir les Chrétiens reculer et s’enfuir, et il se figura que c’était lui qui venait enfin de les vaincre. «En avant donc contre les ennemis de Dieu !» s’écria-t-il, et aussitôt tous ses compagnons reprirent courage. Bientôt aussi, le kaïd, Syr ben Abou Beker, arrivant sur les lieux avec les Kabyles du Maghreb, Zeinèta, Mesmouda et Ghoumâra, fondit sur les Chrétiens, dont la défaite fut complète. En apprenant la victoire de l’émir des Croyants, les corps de troupes musulmanes qui avaient pris la fuite revinrent à Bathaliouch (Badajoz), et la nouvelle, courant de camp en camp, ranima tous les cœurs contre Alphonse, qui soutint le combat : jusqu’au coucher du soleil. Quand il vit, le maudit, que la nuit arrivait, que son armée était, presque totalement détruite, et qu’il ne pouvait rien espérer contre la résistance et la résolution des Morabethyn, il prit la fuite en déroute, avec cinq cents cavaliers environ, qui se cachaient dans les chemins détournés, tandis que : les Morabethyn les poursuivaient en les tuant à coups de sabre, et les détruisant un à un, comme les pigeons détruisent quelques grains parsemés dans un vaste champ, jusqu’à ce que les ténèbres viennent les séparer de leur pâture. Les Musulmans passèrent toute cette nuit-là à cheval, tuant ou faisant prisonniers leurs ennemis, ramassant du butin, et rendant grâce au Très Haut de la victoire qu’il leur avait donnée. Ils firent la prière du matin sur-le-champ de bataille. Cette défaite des ennemis de Dieu fut la plus grande de toutes les victoires, car elle coûta la vie aux rois, aux guerriers et aux protecteurs des infidèles ; un seul s’échappa, et ce fut Alphonse le maudit, qui prit la fuite, couvert de blessures et escorté de cinq cents cavaliers blessés comme lui, ont dont quatre cents environ restèrent en route. En rentrant à Tolède, Alphonse n’avait plus avec lui que cent cavaliers, composés de ses domestiques et des gens de sa suite. Cette bataille bénie eut lieu le vendredi 12 de radjeb de l’année (479.
Environ trois mille Musulmans furent tués en combattant, et ce sont là autant d’hommes pour lesquels Dieu a amis le comble aux bienfaits qu’il leur avait déjà dispensés, en leur accordant la mort des martyrs ! L’émir des Musulmans ordonna que l’on coupât les têtes des Chrétiens tués, ce que l’on fit ; et, lorsqu’on les eut amassées devant lui, il y en avait un tel nombre, qu’on eût dit une montagne. L’émir envoya dix mille têtes à Séville, et autant à Saragosse, à Murcie, à Cordoue et à Valence ; de plus, il en expédia quarante mille au Maghreb, où elles furent réparties dans les différentes villes, pour y être exposées aux regards des hommes, invités par cette vue à rendre grâce à Dieu pour cette grande victoire et pour ses bienfaits. On dit que le nombre des Chrétiens qui furent tués à Zalaca s’élevait à quatre-vingt mille cavaliers et deux cent mille fantassins ; il ne s’échappa qu’Alphonse avec cent cavaliers. C’est ainsi que Dieu abaissa les sociétaires(1) en Andalousie, et ils ne relevèrent plus leur tête durant soixante ans. C’est aussi à partir de ce jour, où le Très Haut fit briller l’Islam et donna une preuve d’affection à son peuple, que Youssef ben Tachefyn prit le titre d’émir el-Moumenyn (prince des Croyants). L’émir écrivit sa nouvelle victoire aux villes du Maghreb, et à Temym ben el-Mouâz, maître de la Mehdïa. L’on fit de grandes réjouissances partout, en Andalousie, dans le Maghreb, en Afrique, et l’union de l’Islamisime se cimenta. Les hommes firent des aumônes et donnèrent la liberté à des esclaves, en actions de grâce envers Dieu très haut, bienfaisant et généreux.
Voici quelques passages des lettres écrites par l’émir Youssef ben Tachefyn aux villes de l’Adoua : «Louanges à Dieu très-haut, qui garantit la victoire à ceux qui suivent la religion qu’il a choisie ! qu’il couvre de sa miséricorde et du salut notre Seigneur Mohammed, le plus vertueux de ses Prophètes, la plus noble et la plus honorable de ses créatures. L’ennemi, roi des Chrétiens (que Dieu le maudisse !), que nous avions mis en demeure en rapprochant notre camp du sien de choisir une des trois choses, l’islamisme, le tribut ou la guerre, a choisi la guerre, et a fixé avec nous le jour de, l’attaque au lundi 15 de radjeb, en nous disant : Vendredi est jour de fête pour les Musulmans, samedi pour les Juifs, dont le nombre est grand parmi nos soldats, et dimanche pour nous, les Chrétiens. Nous nous mîmes ainsi d’accord ; mais le maudit ne tint pas ses engagements, et fit le contraire de ce qu’il nous avait dit. Heureusement que sachant combien ce peuple est traître et manque à sa parole, nous fîmes de notre côté les préparatifs du combat, et nous mîmes les espions sur pied pour épier les mouvements. En effet, nous reçûmes l’avis, au point du jour du vendredi 12 de radjeb, que le maudit s’avançait avec son armée contre les Musulmans qu’il croyait surprendre.
Mais les guerriers et les cavaliers des Croyants, au contraire, s’avancèrent courageusement vers l’ennemi, et commencèrent l’attaque les premiers ; ils refondirent sur les Chrétiens avant que les Chrétiens fondissent sur eux, tombant sur eux comme le vautour tombe sur sa proie, comme le lion tombe sur sa victime. Nos drapeaux, heureux et victorieux, se déployaient partout, dans la mêlée, contre Alphonse le maudit ; et quand le Chrétien eut senti la victoire de nos troupes et de nos enseignes, quand il se vit assailli par l’éclair de nos sabres, enveloppé par les nuées de nos lances et foulé aux pieds de nos chevaux, il se groupa autour de son roi Alphonse, et se battit en désespéré dans une dernière attaque que les Morabethyn accueillirent avec courage et loyauté. Le vent de la guerre soufflait avec violence ; il tombait une pluie continuelle de coups de sabres et de lances le sang coulait à torrents ; re et la victoire bien-aimée descendit du ciel sur les amis de Dieu.
Alphonse prit la fuite, blessé au genou, accompagné seulement de cinq cents cavaliers, derniers débris d’une armée de quatre-vingt mille cavaliers et deux cent mille fantassins, que Dieu avait fait tomber sous le coup de la mort subite. Il se sauva (que Dieu le maudisse !) sur une montagne des environs, du sommet de laquelle il contempla avec douleur son camp livré partout à l’incendie et au pillage. Homme sans résignation, il ne pouvait supporter cette vue ; impuissant, désormais, à réparer ses désastres, il se mit à proférer des imprécations et des blasphèmes, et il se sauva à travers les ténèbres de la nuit.»
L’émir des Musulmans, au contraire, couvert par la grâce de Dieu, était debout au milieu de ses cavaliers victorieux, sous l’ombre de ses drapeaux flottants et glorieux dans la guerre sainte, et entouré de ses nombreux soldats. Il remercia le Très-Haut de l’avoir ainsi favorisé selon ses désirs ; il permit le pillage du camp ennemi, et sa destruction après que ses guerriers en eurent enlevé, les trésors, et cela sous les yeux même d’Alphonse, qui regardait comme un homme ivre, et en se mordant les doigts de douleur et de colère.
Les chefs de l’Andalousie qui avaient pris la fuite revinrent l’un après l’autre à Bathaliouch (Badajoz), où se réunirent. Aussi tous les fuyards qui craignaient la honte. Un seul avait résisté, et c’est Abou el-Kassem el-Moutamed ben Abbed, le plus habile des grands et des kaïds de l’Andalousie.
Il arriva vers l’émir, faible, harassé, avec un bras cassé, et il le félicita de cette grande victoire et de ces hauts, faits. Alphonse se sauva à la faveur des ténèbres, n’ayant ni repos ni sommeil, et perdant quatre cents cavaliers tués en route sur cinq cents qui s’étaient échappés avec lui ; il ne lui restait plus que cent hommes lorsqu’il entra à Tolède. Grandes louanges soient rendues à Dieu pour cela !
Cette grâce immense et ce don magnifique du Très-Haut furent accordés le vendredi 12 de radjeb de l’an 479, correspondant au 23 octobre, et, en preuve de cela. Aben Lebâna a dit : «C’est le vendredi qu’a eu lieu cette bataille, j’étais présent; qui pourra la décrire !» Et Aben Djemhour a dit aussi : «Ne savez-vous pas que le jour où les Chrétiens vinrent en masse était un vendredi, et que le vendredi est le jour des Arabes ? » Les grands de l’Andalousie qui assistèrent à la bataille de Zalaca n’ont laissé aucune trace assez louable pour pouvoir être décrite, à l’exception de Ben Abbed, qui résista avec une fraction de son arme et reçut six blessures en se battant avec bravoure. C’est lui qui dit à un de ses enfants : «O Abou Hachem ! les coups de lance m’ont brisé, mais Dieu m’a donné la force de supporter mes blessures : Au milieu de la poussière du combat, j’ai pensé à vous, et ce souvenir m’a préservé de prendre la fuite. »
L’émir des Musulmans Youssef reçut, ce jour-là, la nouvelle de la mort de son fils, Abou Beker, qu’il avait laissé malade à Ceuta ; il en éprouva un vif chagrin et revint en toute hâte à l’Adoua, où il ne serait pas retourné de sitôt sans cet événement ; il entra dans sa capitale du Maroc et il y séjourna jusqu’en 480, au mois de raby el-tâny, où il se mit en marche pour faire une tournée dans le Maghreb, dans le but d’examiner les affaires de ses sujets, de s’occuper des intérêts musulmans, et de contrôler la conduite des kaïds et des kadys.
En 481 (1088 J. C.), l’émir passa en Andalousie pour la seconde fois pour y faire la guerre sainte : voici pourquoi : Alphonse (que Dieu le maudisse !), après s’être un peu refait de sa déroute, de ses blessures et de la perte de son armée, établit ses retranchements à Lebyt, château fort voisin de la province de Ben Abbed, où il laissa de nombreux cavaliers et arbalétriers, auxquels il donna l’ordre d’assaillir le pays de Ben Abbed de préférence à tout. Autre, parce que c’était lui qui avait appelé l’émir Youssef en Andalousie. En effet, hommes et chevaux envahirent les serres de Lebyt, et chaque jour les Chrétiens couraient tuant ou faisant prisonniers tous ceux qu’ils rencontraient, ainsi que c’était leur profession. Cet état de choses effrayait et chagrinait considérablement Ben Abbed qui, n’en prévoyant, pas la fi n, se décida à passer la mer et vint à l’Adoua pour s’entendre avec l’émir des Musulmans ; il rencontra Youssef à la Mamoura, près de l’Oued Sebou, et lui exposa ses plaintes au sujet du fort Lebyt et le tort que cela faisait aux Musulmans; enfin il lui demanda du secours et l’émir promit de le lui porter lui-même. Ben Abbed s’en revint alors en Andalousie, et Youssef le suivit de près. L’émir des Musulmans s’embarqua à Kessar el-Medjâz, et il débarqua à Algéziras où Ben Abbed vint le recevoir avec mille bêtes de somme chargées de munitions et de provisions de bouche. A Algéziras, Youssef écrivit aux émirs de l’Andalousie pour les convier à la guerre sainte. «Notre rendez-vous, leur disait-il, sera au fort Lebyt, où nous nous rencontrerons tous. » Après cela, il se mit en marche ; il sortit d’Algéziras au mois de raby el-aouel, an 481, et se dirigea vers Lebyt ; mais aucun des émirs à qui il avait écrit ne vint le rejoindre, à l’exception d’Abd el-Azyz, maître de Murcie, et de Ben Abhed, maître de Séville. Ces deux émirs se joignirent à lui sous les murs de Lebyt, et ensemble ils commencèrent à battre et à bloquer cette place, pendant que Youssef envoyait chaque jour des détachements faire des incursions sur les terres des Chrétiens. Le siége du château fort Lebyt dura quatre mois, pendant lesquels on se battait à chaque instant, la nuit comme le jour. Enfin la saison d’hiver arriva, et, de plus, l’émir Abd el-Azyz se prit de querelle avec Ben Abbed. Celui-ci ayant porté plainte à l’émir des Musulmans, Youssef appela son kaïd ben Aby Beker et lui ordonna de s’emparer de la personne d’Abd el-Azyz et de l’arrêter. Aby Beker exécuta cet ordre et vint remettre à Ben Abbed l’émir de Murcie enchaîné ; mais l’armée dudit émir Abd el-Azyz, se voyant sans chef, se révolta, et, se dispersant dans les campagnes avec ses kaïds, intercepta les convois de provisions, et la disette ne tarda pas à s’étendre sur le camp des Musulmans. Alphonse, apprenant. Ces circonstances, se mit aussitôt en marche vers Lebyt avec une armée innombrable ; mais Youssef, n’attendant point son approche, prit les devants par Lourca et arriva à Almeria, où il s’embarqua pour l’Adoua, le cœur plein de courroux contre les émirs andalous, qui n’étaient point venus le rejoindre au fort Lebyt, comme il le leur avait écrit. Après le départ de Youssef et son retour à l’Adoua, Alphonse ayant continué sa marche arriva à Lebyt ; il en tira les Chrétiens qui avaient échappé à la mort, et il les conduisit à Tolède. Lorsque la forteresse fut évacuée, Ben Ahbed y entra. La garnison de Lebyt se composait de douze mille Chrétiens, sans compter les femmes et les enfants, quand Youssef vint, l’assiéger ; et ils moururent tous de faim ou de leurs blessures, à l’exception d’une centaine qu’Alphonse vint délivrer, comme il a été dit.
Youssef resta dans l’Adoua jusqu’en 483 (1090 J. C.), et pour la troisième fois, il passa en Andalousie pour faire la guerre sainte ; il arriva jusqu’à Tolède, où il assiégea Alphonse ; il endommagea les murailles, il abattit les arbres et saccagea les environs ; aucun des émirs de l’Andalousie ne lui vint en aide, et cela le remplit d’indignation. Aussi, après avoir battu Tolède, il s’en vint à Grenade, qui était alors gouvernée par Abd Allah ben Balkyn ben Bâdys ben Habous. Cet émir avait fait la paix avec Alphonse et l’avait aidé contre Youssef en lui fournissant de l’argen ; de plus, il s’était renfermé et fortifié chez lui, ce qui fi t dire à un poète : «Il bâtit sur lui-même sans honte, comme le ver à soie, mais il ne sait pas ce qu’il adviendra de cette bâtisse si la puissance, de Dieu ne lui est point propice. » Lorsque Youssef arriva à Grenade, Ben Balkyn lui ferma ses portes à la figure, et il fit alors le siège de cette ville ; ce siège dura deux mois, au bout desquels Balkyn, ayant obtenu l’aman, livra la place. Une fois maître de Grenade et de ses environs, Youssef envoya au Maroc Balkyn, ex-émir de Grenade, et son frère Temym, ex-émir de Malaga, avec leurs harems et leurs enfants, et il leur fit une pension jusqu’à leur mort. Ben Abbed, à la nouvelle des conquêtes de Youssef, fut saisi de crainte et se tint à l’écart ; bientôt les rapports et les accusations aigrirent contre lui l’humeur de l’émir des Musulmans, qui retourna mécontent à l’Adoua, dans le mois de ramadhan le grand, an 483.
Youssef, arrivé à ,Maroc, envoya son kaïd Syr ben Aby Beker el-lemtouna en Andalousie, dont il lui conférait le gouvernement absolu, sans lui donner, cependant, aucun ordre relativement à Ben Abbed. Aby Beker se rendit d’abord dans les environs de Séville, pensant que Ben Abbed, instruit de son passage ; viendrait à sa rencontre en route pour lui offrir l’hospitalité. Au lieu de cela, Ben Abbed, à la nouvelle de son approche, se renferma dans la place, et ne lui fit offrir ni hospitalité ni quoi que ce fût. Syr ben Aby Beker se décida alors à lui envoyer un message pour l’engager à se soumettre et à lui livrer le pays ; mais El-Moutamed ayant formellement rejeté ces propositions, Syr lui déclara la guerre et l’assiégea. En même temps, il détacha à Gyan son kaïd Bathy, qui assiégea cette place et s’en empara pour les Morabethyn. Syr annonça cette victoire à Youssef et donna ordre au kaïd Bathy de continuer et d’aller attaquer Cordoue. Cette ville était alors gouvernée par le fils de Moutamed el-Mamoun ben Abbed. El-Bathy arriva sur lui avec sa troupe de Morabethyn et s’empara de la place, où il entra victorieux, le mercredi 3 de safar, an 484 (1091 J. C.). Il conquit ensuite successivement les places de Byasa, Oubeda, Bilât, El-Madour, Seghyra et Skoura, le tout dans ledit mois de safar, à la fin duquel il ne restait plus à ben Abbed que Kermouna et Séville. Le kaïd El-Bathy ben Ismaël se retrancha à Cordoue, et il envoya un kaïd Lemtouna à la tête de mille cavaliers pour restaurer et fortifier Kalat-Babah, kasbah des Musulmans. De soit côté, Syr ben Aby Beker marcha sur Kermouna et, s’en empara, le samedi matin 17 de raby elaouel de ladite année 484. Ben Abbed, se voyant de plus en plus compromis et menacé, envoya demander du secours à Alphonse (que Dieu le maudisse !) en lui promettant, s’il l’aidait à chasser les Lemtouna, de lui donner Tarifa et ses dépendances. Alphonse lui envoya aussitôt son général El-Kermech à la tête d’une armée de vingt mille cavaliers et quarante mille fantassins. A la nouvelle de l’approche des Chrétiens, Syr fi t un choix de dix mille cavaliers parmi ses meilleurs guerriers, et les envoya à la rencontre de l’ennemi Sous le commandement de Brahim ben Ishac el-Lemtouna. Les deux armées engagèrent la bataille près de la forteresse d’El-Madour ; elle fut sanglante; un grand nombre de Morabethyn furent tué, mais Dieu leur donna la victoire, et ils finirent par disperser le petit nombre de Chrétiens qu’ils n’avaient pas massacrés. Cependant Syr ben Aby Beker poursuivit le siége de Séville avec ses autres kaïds Lemtouna, et il finit par enlever la place à Ben Abbed, après lui avoir donné l’aman pour lui, sa famille et ses serviteurs. Syr les expédia tous à l’émir des Musulmans, qui les fit conduire à Aghmât, où ils moururent. L’entrée de Syr ben Aby Beker à Séville, prise au nom des Morabethyn, eut lieu le dimanche 22 de radjeb 484. Dans le mois de chaâban de la même année. , les Morabethyn s’emparèrent de la ville de Nebra. Au mois de chouel, le kaïd Youssef ben Daoud ben Aycha conquit la ville et la province de Murcie, et fit part de sa victoire à l’émir des Musulmans. Cet Youssef, sans reproche aux yeux de Dieu, fut vénéré par tout le monde. Dans cette même année, le kaïd Mohammed ben Aycha se porta contre Alméria avec un corps de Morabethyun, et, à son approche, le gouverneur de cette ville, Mouâz el-Doula ben Samadhy, prit la fuite par mer, en lfrîkya, avec sa famille et ses trésors. Mohammed ben Aycha annonça cette nouvelle conquête à l’émir des Musulmans, et c’est ainsi que Youssef conquit cinq royaumes en Andalousie dans l’espace d»un an et demi. Les cinq rois vaincus sont: ben Abbed, Ben Habous, Abou el-Ahouas, ben Abd el-Azyz et Abd Allah ben Aby Beker, émir de Gyan, d’Ablat el Assidja.
En 485 (1092 J. C.), Youssef ben Tachefyn donna ordre à son kaïd Ben Aycha de se porter à Daniéta. Ben Aycha s’y rendit aussitôt et s’en empara, ainsi que de Châtyba. Ces, deux, villes appartenaient à Ben Aycha, qui s’enfuit en les abandonnant. Ben Aycha, continuant ses conquêtes, s’empara alors de Chekoura, puis de Valence, qui lui fut livrée par la fuite du gouverneur de cette ville, El-Kadyr Aben Dylchoun, qui commandait un grand nombre de Chrétiens. Ben Aycha écrivit alors à l’émir des Musulmans pour lui faire-part de ses victoires.
En 486, les Morabethyn conquirent la ville de Fraga à l’orient de l’Andalousie, et c’est ainsi que l’émir Youssef ben Tachefyn, ne cessant d’envoyer ses généraux et ses années pour faire la guerre sainte aux Chrétiens, reversa tous leurs chefs, et conquit l’Andalousie entière. En 496 (1102 J. C.), il conféra le gouvernement de ses conquêtes à son fils Aly, qui établit le siége de sa royauté à Cordoue, où il fut proclamé par tous les chefs Lemtouma, par les cheïkhs et les docteurs, dans le mois dou’l hidjâ. Aly était resté jusqu’alors à Ceuta, où il avait été élevé. Vers la fin de l’année 498 (1104 J. C.), l’émir des Musulmans tomba malade, et sa maladie, qui le prit à Maroc, alla toujours en empirant jusqu’à sa mort, qui eut lieu le 1er de moharrem de l’an 500 (que Dieu lui fasse miséricorde !). Il vécut environ cent ans, et son règne dura, depuis son entrée à Fès l’an 462, jusqu’au jour de sa mort, c’est-à-dire trente-huit ans ou même plus de quarante ans si l’on compte à partir du jour où l’émir Abou Beker ben Omar l’avait nommé son lieutenant au Maghreb.
Par Abdelkader HADOUCH عبد القادر حادوش - Publié dans : Histoire du Maghreb تاريخ المغرب الكبير - Ecrire un commentaire
Lundi 17 août 2009 1 17 /08 /Août /2009 11:36
L’émir des Musulmans Youssef ben Tachefyn ben Ibrahim ben Tarkout ben Ouartakthyn ben Mansour ben Mesâla ben Oumya ben Outasela ben Talmyt et-Hamiry, le Senhadja, le Lemtouna, descendant d’Abd Chems ben Ouatil ben Hamyar ; sa mère était Lemtouna, cousine de son père et se nommait Fathma bent Syr fils de Yhya ben Ouaggâg ben Ouartakthyn susnommé. Voici le portrait de Youssef : teint brun, taille moyenne, maigre, peu de barbe, voix douce, yeux noirs, nez aquilin, mèche de Mohammed retombant sur le bout de l’oreille, sourcils joints l’un à l’autre, cheveux crépus. Il était courageux, résolu, imposant, actif, veillant sans cesse aux affaires de l’état, et aux intérêts de ses villes et de ses sujets, entretenant avec soin ses forteresses, et toujours occupé de la guerre sainte, aussi Dieu le soutenait et lui donnait la victoire ; généreux, bienfaisant, il dédaignait les plaisirs du monde ; austère, juste et saint, il fut modeste jusque dans ses, vêtements ; quelque grande que fût la puissance que Dieu lui donna, il ne se vêtit jamais qu’avec de la laine à l’exclusion de toute autre étoffe ; il se nourrissait d’orge, de viande et de lait de chameau, et s’en tint strictement à cette nourriture jusqu’à sa mort. (Que Dieu lui lasse miséricorde !) Le seigneur lui donna un vaste royaume en ce monde, et permit que le khotbah fût lu en son nom en Andalousie, et au Maghreb sur mille neuf cents chaires. Son empire s’étendit depuis la ville d’Afragha, première ville des Francs, la plus reculée à l’est de l’Andalousie, jusqu’à l’extrémité des provinces de Schantarin et d’Aschbouna, sur l’océan, à l’occident de l’Andalousie, sur Une étendue de trente-trois jours de marche en longueur, et environ autant en largeur. Dans le Maghreb il possédait, depuis l’Adoua de Djezaïr, Beny Mezghanna jusqu’à Tanger d’une part, et jusqu’à l’extrémité du Sous el-Aksa et des montagnes d’or, au Soudan. Dans aucune de ses possessions, sa vie durant, on ne paya d’autres impôts, droits ou tributs, dans les villes un dans les campagnes, que ceux ordonnés par Dieu et prescrits dans le Koran et le Sonna, c’est-à-dire l’aumône, la dîme, la Djezya (tribut) des sujets infidèles et le cinquième du butin fait en guerre sainte ; il réunit ainsi plus d’argent que jamais souverain n’en avait amassé avant lui. On dit qu’à sa mort il se trouvait dans le bit el-mâl 13,000 mesures (roubah) de monnaies d’argent et 5,040 roubah de monnaies d’or. Il confia la justice aux kadys et abrogea toutes les lois qui n’étaient pas musulmanes. Chaque année il faisait le tour de ses provinces pour inspecter les affaires de ses sujets ; il aimait les faqîhs, les savants et les saints, il s’en entourait, et leur demandait leurs conseils qu’il estimait beaucoup. Pendant toute sa vie, il les combla d’honneurs et leur alloua des traitements sur les fonds du bit el-mâl. Un excellent caractère, une grande modestie, et des mœurs très douces complétaient toutes ses vertus, et comme l’a dit le faqîh, le secrétaire Abou Mohammed ben Hamed, dans une poésie dédiée à ce prince et à ses enfants : «c’était un roi possédant la plus haute noblesse des Senhadja descendants d’Hamyr, et quand on possède, comme eux, toutes les vertus, on devient humble, modeste, et l’on se couvre le visage. »
Youssef ben Tâchfîn naquit dans le Sahara, l’an 400 (1006 J. C.), et mourut l’an 500 (1106 J.C.), à l’âge de cent ; ans. Son règne, au Maghreb, date du jour où l’émir Abou Beker le nomma son lieutenant, et finit à sa mort, c’est-à-dire qu’il dura quarante-sept ans, de l’an 453 à 500. Son surnom était ; Abou Yacoub, et plus habituellement on le nommait l’Émir.
Lorsqu’il conquit l’Andalousie, et après la bataille de Zalâca, où Dieu abaissa les rois des Chrétiens, tous les émirs de l’Andalousie et les princes présents à cette guerre le reconnurent pour souverain. Ces rois étaient au nombre de treize, et ils le, proclamèrent Amir el-Moumenyn. Youssef ben Tâchfîn est le premier des souverains du Maghreb qui prit ce titre de Prince des Croyants par lequel, depuis lors, il commença ses lettres, dont les premières furent lues en chaire dans les villes de l’Adoua et de l’Andalousie pour annoncer la nouvelle de la victoire de Zalâca et tout ce que Dieu lui avait accordé de butin et de conquêtes. A partir de cette époque, il fit, battre une nouvelle monnaie, sur laquelle étaient gravés ces mots, Il n’y a de Dieu que Dieu, et Mohammed est l’envoyé de Dieu, et an-dessous : Youssef ben Tâchfîn, émir des Musulmans, et en exergue : Celui qui veut une religion autre que l’lslam, Dieu ne le recevra pas, et au dernier jour, il sera parmi les perdants(1). Sur le revers de la pièce était gravé, L’émir Abd Allah el-Abessy, prince des Croyants, et en exergue, la date et le lieu de la fabrication.
L’émir Youssef ben Tâchfîn eut cinq fils : Ali, qui lui succéda, Temym, Abou Beker, El-Mouâz et Ibrahim, et deux filles, Kouta et Ourkya. Lorsque Abou Beker ben Omar lui donna le commandement du Maghreb et le revêtit de pouvoirs absolus, en 453, il quitta la ville de Sidjilmessa, et arriva à l’Oued Moulouïa ; là il examina son armée et y compta quarante mille Morabethyn, dont il confia une partie à quatre généraux, dont voici les noms : Mohammed ben Temym el-Djedély, Amran ben Soliman el-Messoufy, Medreck el-Talkany et Syr ben Aby Beker et Lemtouna ; il donna à chacun d’eux le commandement de cinq mille hommes de leurs tribus, et il les fit marcher en avant pour aller combattre ce qui restait dans le Maghreb de Maghraoua, Beny Yfran et autres tribus berbères en état de révolte. Suivant, leurs traces, il envahit lui-même, l’une après l’autre, toutes les villes et les tribus du Maghreb. Les uns fuyaient à son approche, les autres se soumettaient ou étaient vaincus après quelques combats, et c’est ainsi qu’il ne revint à Aghmât qu’après avoir tout subjugué. C’est alors qu’il épousa Zyneb, répudiée par son cousin Abou Beker ben Omar, et qui fut le soutien de sa prospérité. L’an 454, vit les affaires de Youssef ben Tâchfîn se fortifier au Maghreb et sa renommée grandir. Il acheta, à un propriétaire de Masmouda, le terrain de la ville de Maroc, et s’y établit sous une tente, auprès de laquelle il fit bâtir une mosquée pour la prière, et une petite kasbah pour y déposer ses richesses et ses armes ; mais il ne l’entoura point de murs.
Quand on commença la construction de la mosquée, il se couvrit de mauvais vêtements et travailla lui-même au mortier et à la bâtisse avec les maçons, et cela par humilité et modestie. (Que Dieu lui accorde le pardon et utilise le but de ses travaux !) L’endroit où Youssef travailla ainsi se nomme aujourd’hui Sour el-Kheyr au Maroc, et est situé au nord de la mosquée des Ketoubyn (marchands de livrées). L’emplacement de Maroc étant sans eau, on y creusa des puits et l’on s’en procura à peu de profondeur ; les habitants s’établirent ainsi sans murs d’enceinte ; on en construisit en huit mois sous le règne d’Ali, fils de Youssef, l’an 526. Plus tard, l’émir des Musulmans Abou Youssef Yacoub el-Mansour ben Youssef ben Abd el-Moumen ben Ali el-Koumy, l’Almohade, régnant au Maghreb, embellit Maroc de constructions nouvelles et de citernes.
Cette ville fut sans interruption la capitale des Morabethyn, et après eux des Mouaheddyn (Almohades) jusqu’à la fin de leur règne, où le siège du gouvernement fut transféré à Fès.
Dans ladite année 554, Youssef organisa ses armées, augmenta le nombre de ses généraux, et conquit un grand nombre de villes ; il institua l’usage du tambour et des enseignes dans ses troupes ; envoya des gouverneurs munis de nominations écrites dans les chefs-lieux, et créa des légions de Aghzâz et d’arbalétriers pour en imposer aux Kabyles du Maghreb. Avec ces corps nouveaux, son armée comptait cette année-là cent mille cavaliers des tribus Senhadja, Djezoula, Masmouda et Zenèta. S’étant mis à leur tête, il se dirigea du côté de Fès, et il rencontra sur son chemin des corps nombreux et formidables de Kabyles Zouagha, Lemaya, Loueta, Sedyna, Sedrâta, Meghyla, Behloula, Médiouna et autres qui demandaient l’attaque.
Il y eut entre lui et ces tribus une terrible guerre, qui eut leur défaite pour issue ; les vaincus se réfugièrent dans la ville de Médiouna ; mais Youssef, arrivant sur leurs traces, s’en empara d’assaut, détruisit ses murs et y massacra plus de quatre mille hommes ; puis il s’avança vers Fès, et s’établit auprès de cette ville, après en avoir soumis tous les environs. C’était à la fin de l’an 454. Youssef demeura campé en cet endroit pendant quelques jours, et étant parvenu à s’emparer du gouverneur de la ville, Bekâr ben Brahim, il le fit mourir. Marchant alors sur Soforou, il y entra immédiatement par la force du sabre et y massacra les Ouled Messaoud el-Maghraoua, qui étaient les maîtres de cette ville et la gouvernaient. Revenant aussitôt à Fès, il en fit
le siége et s’en empara pour la première fois ; c’était en 455. Youssef resta quelques jours dans cette capitale où il établit un gouverneur Lemtouna, et il partit pour le pays de Ghoumâra ; mais à peine se fut-il éloigné de Fès et avancé chez les Ghoumâra, les Beni Manser ben Hamed, arrivant d’un autre côté, s’emparèrent, à leur tour de cette ville et tuèrent le gouverneur Lemtouna.
En cette même année, El-Mehdy ben Youssef el-Keznany, chef de la province de Mekenèsa, reconnut la souveraineté de Youssef ben Tâchfîn, et fit sa soumission aux Morabethyn ; Youssef le laissa gouverneur de sa province et lui ordonna de se mettre en campagne à la tête de ses troupes pour combattre les tribus du Maghreb. El-Mehdy fit ses préparatifs et partit avec son armée de la ville de Ghousedja pour rallier Youssef ben Tâchfîn ; mais, à cette nouvelle, Temym ben Manser el-Maghraoua, qui gouvernait Fès, craignant que les Morabethyn ne devinssent trop forts contre lui, sortit en toute hâte de la ville pour lui couper le chemin, à la tête d’une armée de Maghraoua et de Zenèta. Il l’atteignit, en effet, en route et l’attaqua.
Le combat fut terrible; El-Mehdy ben Youssef fut tué, son armée fut dispersée, et Temym ben Manser envoya sa tête au gouverneur de Septa (Ceuta) nommé Soukra el-Berghouaty. - Les habitants de Mekenèsa envoyèrent aussitôt un message à Youssef ben Tâchfîn pour lui apprendre la perte de leur émir, et lui offrir leur pays. Youssef accepta et envoya de temps en temps des détachements de Morabetllyn pour harceler Temym ben Manser et faire des riazas sur ses terres. Celui-ci, voyant sa position devenir de plus en plus difficile par la prolongation d’une guerre qui occasionnait la famine en ne permettant plus aux denrées du dehors d’entrer à Fès, rassembla toute son armé de Maghraoua et de Beny Yfran, et fit, à leur tête, une sortie contre les  Morabethyn. Il fut vaincu et tué dans le combat, ainsi que la majeure partie de ceux qui l’entouraient. El-Kassem ben Mlolammed ben Abd er-Rahman ben Brahim ben Moussa ben Aby el-Afya le Zenèta, s’érigea aussitôt à la place de Temym ben Manser comme gouverneur de Fès, et réunit à son tour les tribus Zenèta pour marcher contre les Morabethyn. Il les rencontra à l’Oued Syffy, et les défit après de grands combats où la majeure partie de leur cavalerie fut détruite. Cette nouvelle parvint à Youssef pendant qu’il assiégeait la forteresse de Madhy dans le Fezaz, et il abandonna aussitôt les opérations, laissant un corps de Morabethyn suffisant pour continuer le siège. (Ce siége dura neuf ans, et les Morabethyn finirent par entrer dans la place sans coup férir, en 465.) Ce fut en 456 que Youssef partit de.la forteresse de Madhy ; il se rendit chez les Beny Merassa, dont l’émir était alors YAli ben Youssef, les envahit, en massacra une grande partie, et s’empara de leur pays. De là il alla dans le pays de Fendoula, qu’il conquit entièrement.
En 458 (1065 J. C.), il s’empara des terres de Ouargha, et, en 460, il subjugua tout le pays de Ghoumâra, ainsi que les montagnes du Rif jusqu’à Tanger.
En 462, Youssef ben Tâchfîn marcha sur Fès avec toute son armée.
Après un siége rigoureux, il entra par la force des armes dans cette capitale, et y massacra tout ce qu’elle renfermait de Maghraoua. de Beny Yfran, de Mekenèsa et de Kabyles Zenèta. Il en fit un tel carnage que les rues et les places étaient couvertes de cadavres. Plus de trois mille hommes furent mis à mort dans les mosquées El-Kairaouyn et El-Andalous. Les survivants prirent la fuite dans les environs de Tlemcen. Telle fut la seconde prise de Fès par Youssef ben Tâchfîn. Il y entra le jeudi, deuxième jour de djoumad eltâny, an 462. Une fois maître de la ville, son premier soin fut de la fortifier et da la réparer. Il fit abattre les murs qui séparaient les deux Adoua El-Andalous et El-Kairaouyn, de façon à n’en faire qu’une seule et même ville. Il ordonna de bâtir des mosquées dans les faubourgs et dans tous les passages, et lorsqu’il trouvait une rue sans mosquée, il adressait des reproches à ses habitants et leur enjoignait d’en construire une immédiatement. Il fit également bâtir des bains, des fondouks, des moulins, et réparer et embellir les bazars. Youssef ben Tâchfîn passa ainsi un an environ, àFès ; au mois de, safar 463 (1070 J. C.), il se mit en campagne pour les pays de la Moulouïa, et il conquit les forteresses d’Ouatat. En 464, il réunit autour de lui les émirs du Maghreb et les cheïkhs des Zenèta, des Masmouda, des Ghoumâra et de toutes les tribus berbères. Ces cheïkhs, en arrivant, reconnaissaient sa souveraineté, et, il leur donnait à chacun des vêtements et de l’argent. Il sortit ensuite à leur tête pour parcourir les provinces du Maghreb et inspecter les affaires de ses sujets et la conduite des gouverneurs et de leurs préfets ; il améliora ainsi beaucoup de choses. En 465, il s’empara par la force des armes de la ville de Demna, située sur les confins de Tanger, et il conquit, le Djebel Ghaloudan. En 467 (1074 J. C.), il se rendit, maître des monts Ghyata, Beny Mekoud et Beny Rehyna, dont il fit périr un grand nombre d’habitants ; ensuite il divisa ses états du Maghreb en plusieurs commandements ; il nomma Syr ben Abi Beker gouverneur de Mekenèsa et des pays de Meglâla et Fezaz ; Omar ben Soliman gouverneur de Fès et ses dépendances ; Daoud ben Aycha gouverneur de Sidjilmessa et du Draa ; et son fils Temym gouverneur d’Aghmât, de Maroc, des pays du Sous el-Aksa, de Masmouda, de Tedla et de Temsna.
A cette époque (467, El-Moutamed ben Abbed, émir de Séville, adressa un message à Youssef ben Tâchfîn pour l’inviter à venir faire la guerre sainte en Andalousie, et pour lui demander du secours. Youssef lui répondit : «Je ne puis le faire tant que je ne posséderai pas Tanger et Ceuta. » Ben Abbed lui conseilla alors de marcher avec ses troupes sur ces villes, tandis que lui-même y enverrait des bâtiments pour les bloquer, jusqu’à ce qu’il les eût prises, et Youssef commença dès lors ses préparatifs pour cette
expédition.
En 470 (1077 J. C.), il envoya son général Salah ben Amran avec douze mille cavaliers Morabethyn et vingt mille cavaliers Zenèta et autres, avec ordre de marcher sur Tanger. Quand cette armée arriva dans les environs de la ville, le gouverneur Soukra el-Berghouaty, vieillard de quatre-vingt six ans, sortit à sa rencontre à la tête de ses troupes ; et, à la vue de l’ennemi, il s’écria : «Par Dieu ! le Peuple de Ceuta n’entendra pas le tambour des Morabethyn tant que je serai en vie ! » Les deux armées se rencontrèrent sur les bords de l’Oued Mina, à quelque distance de Tanger. Le combat s’engagea ; Soukra fut tué et ses troupes furent détruites. Les Morabethyn entrèrent à Tanger ; mais il leur restait encore à prendre Ceuta, qui était gouvernée par Dhya el-Doula Yhya, fils de Soukra. Néanmoins le kaïd Salah ben Amran écrivit à Youssel ben Tâchfîn pour lui annoncer sa victoire. En 473 (1079 J. C.), Youssef envoya son kaïd Mezdely pour occuper la ville de Tlemcen. Ce général s’y rendit à la tète de vingt mille Morabethyn, s’en empara, et, aussitôt entré, il fit mourir le fils de l’émir de cette ville, Maly ben Yala el-Maghraoua. Il revint ensuite auprès de Youssef qu’il trouva au Maroc. L’année suivante 473 (1080 J. C.), Youssef ben Tâchfîn renouvela la monnaie dans toutes ses possessions, et la fit frapper en son nom. A cette
même époque, il s’empara des villes d’Agersyf, de Melila et de tout le Rif ; il prit également et détruisit la ville de Takrour, qui ne s’est plus relevée depuis. En 474 (1081 J. C.), il se porta sur Oudjda, dont il s’empara, ainsi que des environs et des terres des beny Iznaten. Poursuivant son expédition il prit Tlemcen, Tenès, Oran, et se rendit maître des montagnes Ouancherys et de tout le Chélif jusqu’à Alger, Mors il retourna au Maroc, où il fit son entrée dans le mois de raby el-tâny 475 (1082 J. C.). Il reçut là une nouvelle lettre d’El-Moutamed ben Abbed qui l’informait de la misérable situation de l’Andalousie, envahie, en grande partie, par les ennemis. Qui occupaient les villes et les forteresses, et il terminait en le priant, de venir lui prêter secours et assistance. Youssef lui répondit : «Si Dieu me donne Ceuta, je viendrai chez vous et je combattrai les ennemis de tout mon cœur et de toutes, mes forces. »
En cette année-là, Alphonse (que Dieu le maudisse !) se mit en marche à la tête d’une armée innombrable de Chrétiens, Francs, Bechquen, Djlellka, etc. et parcourut l’Andalousie, s’arrêtant dans chaque pays et devant chaque ville pour saccager, détruire, tuer et faire des prisonniers ; se transportant ainsi de point en point, il s’approcha de Séville qu’il assiégea pendant trois jours, et il détruisit un grand nombre de villages dans l’est de l’Andalousie ; il saccagea Chedounah (Sidonia) et les environs, et arriva enfin jusqu’à Djezyra Târyf (Tarifa), où, faisant entrer les pieds de son cheval dans la mer, il s’écria : «Voici enfin l’extrémité de l’Andalousie, que je viens de re soumettre aussi. Alors il revint vers la ville de Sarkousta (Saragosse), dont il entreprit le siège en jurant qu’il ne s’en irait point avant de s’en être emparé, et que la mort seule pourrait l’en empêcher. C’était la ville qu’il avait à cœur de prendre la première de toutes celles de l’Andalousie. L’émir qui la commandait, El-Moustayn ben Houd, lui offrit de fortes sommes d’argent qu’il refusa en lui répondant : «L’argent et la ville, tout est à moi !» En même temps il détacha différents corps d’armée pour assiéger et bloquer simultanément tous les chefs-lieux de l’Andalousie. Enfin, en 477 (1084 J. C.), il s’empara de la ville de Thlythla (Tolède). En voyant cela, les émirs et les grands de l’Andalousie convinrent d’un commun accord d’appeler à leur aide Youssef ben Tâchfîn, et ils lui adressèrent un message pour l’appeler chez eux, afin de combattre et chasser l’ennemi qui assiégeait, leurs villes. Plusieurs lettres écrites dans le même sens, c’est-à-dire demandant secours pour les Musulmans contre les Infidèles, étant parvenues à Youssef, celui-ci envoya son fi ls El-Mouâz à la tête d’une forte armée pour s’emparer de Septa (Ceuta). El-Mouâz fit le siége de cette place et y entra victorieux dans le mois de raby el-tâny, an 477. Youssef reçut la nouvelle à Fès, et entreprit aussitôt de grands préparatifs de guerre. Il rassembla les Kabyles du Maghreb pour célébrer la victoire de Ceuta, et il se mit, immédiatement en route pour se rendre dans la ville conduise et passer de là en Andalousie. C’est. alors que Moutamed ben Abbed, voyant, d’un côté, qu’Alphonse s’était emparé de Tolède, de ses environs, et qu’il avait redoublé les rigueurs de son siége contre Saragosse, et apprenant, d’un autre côté, que Youssef avait conquis Ceuta, se mit en mer et passa dans l’Adoua pour redoubler ses instances auprès d’Youssef ben Tâchfîn. Il le, rencontra sur la route de Tanger, à l’endroit nommé Belyouta, à trois jours de marche de Ceuta, et il lui donna des nouvelles de l’Andalousie ; il lui exposa la terreur et la faiblesse des habitants, ses craintes et le mal qu’Alphonse et ses armées faisaient aux Musulmans, qui ne rencontraient partout que la mort ou la captivité.
Enfin, il le prévint du projet de ce prince de s’emparer de Saragosse.
Youssef lui répondit : «retournez dans votre pays et préparez-vous ; j’arriverai bientôt avec l’aide de Dieu. » L’émir Ben-Abbed rentra donc en Andalousie, et Youssef arriva à Ceuta, où il mit en ordre le gouvernement et les affaires. Il fit préparer ses navires et rassembla ses soldats. De toutes parts il lui arrivait du monde. Les Kabyles venaient en troupes du Sahara, du Sud, du Zab et du Maghreb. Il commença alors à embarquer son armée, et il est impossible de dire le nombre d’hommes qui passèrent ainsi en Andalousie.
Quand toute cette armée fut débarquée sur l’autre bord, à El-Hadra (Algéziras), Youssef s’embarqua. Lui-même avec un nombre considérable de Kaids des Morabethyn, de guerriers et de saints. Dès qu’il fut monté à bord du navire, il leva les mains en priant le Très Haut et disant : «Ô Dieu, si vous savez que cette traversée dont être utile aux Musulmans, facilitez-moi le passage de la mer, et, dans le cas contraire, faites que ce voyage soit difficile et pénible au point de me forcer à retourner ici. » Dieu lui facilita le passage, qui fut très prompt. Il eut lieu le jeudi, à midi, 15 de raby el-aouel, an 479(30 juin 1086 J. C.). L’émir débarqua à Algéziras (El-Hadra) et y fit, sa prière du Douour. Il y trouva Moutamed ben Abbed et tous les émirs et les grands de l’Andalousie qui l’attendaient.
A la nouvelle dit passage en Andalousie de l’émir des Musulmans Youssef ben Tâchfîn, Alphonse se retira de Saragosse et se porte à sa rencontre pour l’attaquer.
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Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /Août /2009 07:57

الزهد وفضيلته وذكر درجاته وأقسامه
اعلم‏:‏ أن الزهد في الدنيا مقام شريف من مقامات السالكين، والزهد عبارة عن انصراف الرغبة عن الشيء إلى ما هو خير منه، وشرط المرغوب عنه أن يكون مرغوبا فيه بوجه من الوجوه، فمن رغب عن شئ ليس مرغوباً فيه ولا مطلوباً في نفسه، لم يسم زاهداً، كمن ترك التراب لا يسمى زاهداً‏.‏ وقد جرت العادة بتخصيص اسم الزاهد بمن ترك الدنيا، ومن زهد في كل شئ سوى الله تعالى، فهو الزاهد الكامل، ومن زهد في الدنيا مع رغبته في الجنة ونعيمها، فهو أيضاً زاهد، ولكنه دون الأول‏.‏واعلم‏:‏ أنه ليس من الزهد ترك المال، وبذله على سبيل السخاء والقوة، واستمالة القلوب، وإنما الزهد أن يترك الدنيا للعلم بحقارتها بالنسبة إلى نفاسة الآخرة‏.‏ومن عرف أن الدنيا كالثلج يذوب، والآخرة كالدر يبقى، قويت رغبته في بيع هذه بهذه‏.‏ وقد دل على ذلك قوله تعالى‏:‏ ‏{‏قل متاع الدنيا قليل والآخرة خير لمن اتقى‏}‏ ‏[‏النساء ‏:‏ 77‏]‏ وقوله‏:‏ ‏{‏ما عندكم ينفد وما عند الله باق‏}‏ ‏[‏النحل‏:‏69‏]‏‏.‏ومن فضيلة الزهد قوله تعالى‏:‏ ‏{‏ولا تمدن عينيك إلى ما متعنا به أزواجاً منهم زهرة الحياة الدنيا لنفتنهم فيه‏}‏ ‏[‏طه ‏:‏ 131‏]‏‏.‏وقال النبى صلى الله عليه وآله وسلم ‏:‏ ‏"‏ من أصبح وهمه الدنيا، شتت الله عليه أمره، وفرق عليه ضيعته، وجعل فقره بين عينيه، ولم يأته من الدنيا إلا ما كتب له،ومن أصبح وهمه الآخرة، جمع الله له همه، وحفظ عليه ضيعته، وجعل غناه في قلبه، وأتته الدنيا وهو راغمة‏"‏‏.‏وقال الحسن ‏:‏ يحشر الناس عراة ما خلا أهل الزهد، وقال ‏:‏ إن أقواما أكرموا الدنيا فصلبتهم على الخشب، فأهينوها، فأهنأ ما تكون إذا أهنتموها‏.‏وقال الفضيل‏:‏ جعل الشر كله في بيت، وجعل مفتاحه حب الدنيا، وجعل الخير كله فى بيت، وجعل مفتاحه الزهد في الدنيا‏.‏وكان بعض السلف يقول‏:‏ الزهد في الدنيا يريح القلب والبدن، والرغبة فيها تكثر الهم والحزن‏.‏
ـ درجات الزهد وأقسامه
من الناس من يزهد في الدنيا وهو لها مشتهٍ، لكنه يجاهد نفسه، وهذا يسمى‏:‏ المتزهد، وهو مبدأ الزهد‏.‏
الدرجة الثانية‏:‏ أن يزهد فيها طوعا لا يكلف نفسه ذلك، لكنه يرى زهده ويلتفت إليه، فيكاد يعجب بنفسه، ويرى أنه قد ترك شيئاً له قدر لما هو أعظم قدراً منه، كما يترك درهما لأخذ درهمين، وهذا أيضاً نقصان‏.‏
الدرجة الثالثة‏:‏ وهى العليا أن يزهد طوعاً ، ويزهد في زهده، فلا يرى أنه ترك شيئاً، لأنه عرف أن الدنيا ليست بشئ، فيكون كمن ترك خرقة، وأخذ جوهرة فلا يرى ذلك معاوضة، فإن الدنيا بالإضافة إلى نعيم الآخرة، أحسن من خرقة بالإضافة إلى جوهرة، فهذا هو الكمال في الزهد‏.‏
واعلم‏:‏ أن مثل من ترك الدنيا، مثل من منعه عن باب الملك كلب على بابه، فألقى إليه لقمة من خبز فشغله بذلك ودخل، فقرب من الملك، أفتراه يرى لنفسه يداً عند الملك بلقمة ألقاها إلى كلبه في مقابلة ما قد ناله‏؟‏
فالشيطان كلب في باب الله عز وجل، ويمنع الناس من الدخول، مع أن الباب مفتوح، والحجاب مرفوع، والدنيا كلقمة، فمن تركها لينال عز الملك، فكيف يلتفت إليها‏؟‏ ثم إن نسبتها ، أعنى ما سلم لكل شخص منها ولو عمر ألف سنة بالإضافة‏.‏إلى نعيم الآخرة، أقل من لقمة بالإضافة إلي ملك الدنيا، لأن الفاني لا نسبة له إلى الباقي، كيف ومدة العمر قصيرة ولذات الدنيا مكدرة‏؟‏
وأما أقسام الزهد بالإضافة إلى المرغوب فيه، فعلى ثلاث درجات‏:‏
أحدها‏:‏الزهد للنجاة من العذاب، والحساب، والأهوال التي بين يدي الآدمي، وهذا زهد الخائفين‏.‏
الدرجة الثانية‏:‏ الزهد للرغبة في الثواب ، والنعيم الموعود به، وهذا زاهد الراجين فإن هؤلاء تركوا نعيماً لنعيم‏.‏
الدرجة الثالثة‏:‏ وهى العليا‏.‏ وه أن لا يزهد في الدنيا للتخلص نم الآلام، ولا للرغبة في نيل اللذات، بل لطلب لقاء الله تعالى وهذا زهد المحسنين العارفين، فإن لذة النظر إلى الله سبحانه وتعالى بالإضافة إلى لذات الجنة، كلذة ملك الدنيا، والاستيلاء عليها، بالإضافة إلى لذة الاستيلاء على عصفور واللعب به‏.‏

ـ تفصيل فيما هو من ضروريات الحياة
والضروريات المهمات سبعة أشياء‏:‏ المطعم، والملبس، والمسكن، وأثاثه، والمنكح، والمال، والجاه‏.‏
فأما الأول‏:‏ وهو المطعم فاعلم أن همة الزاهد منه ما يدفع به الجوع مما يوافق بدنه من غير قصد الالتذاذ‏.‏وفى الحديث‏:‏ ‏"‏ إن عباد الله ليسوا بالمتنعمين‏"‏‏.‏ وقالت عائشة رضى الله عنها لعروة ‏:‏ كان يمر بنا هلال، وهلال، ما يوقد في بيت رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم نار‏.‏ قال‏:‏ قلت‏:‏ يا خالة‏:‏ فعلى أي شئ كنتم تعيشون‏؟‏ قالت ‏:‏ على الأسودين‏:‏ الماء والتمر‏.‏والأحاديث في ذلك كثيرة مشهورة‏.‏وقد كان كثير من الزهاد يخشنون المطعم، وكان فيهم من لا يطيق ذلك ، فكان الثوري حسن المطعم، وربما حمل في سفرته اللحم المشوي والفالوذج‏.‏ وفى الجملة فالزاهد يقصد ما يصلح به بدنه، ولا يزيد في التنعم، إلا أن الأبدان تختلف، فمنها ما لا يحمل التخشن‏.‏وقد يدخر بعض الناس الزاد الحلال بتقوته، فلا يخرجه ذلك من الزهد، فقد كان السبتي يعمل من السبت إلى السبت ويتقوته‏.‏وورث داود الطائى عشرين ديناراً، فأنفقها في عشرين سنة‏.‏
الثاني‏:‏ الملبس، فالزاهد يقتصر فيه على ما يدفع الحر والبرد، ويستر العورة، ولا بأس أن يكون فيه نوع تجمل، لئلا يخرجه التقشف إلى الشهرة‏.‏ وكان أكثر لباس السلف خشناً، فصار لبس الخشن شهرة‏.‏وقد روى عن أبى بردة قال‏:‏ أخرجت إلينا عائشة رضى الله عنها كساء ملبداً، وإزاراً غليظاً، وقالت ‏:‏ قبض رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم في هذين‏.‏ أخرجاه في ‏"‏الصحيحين‏"‏
وعن الحسن قال ‏:‏ خطب عمر رضى الله عنه وهو خليفة، وعليه إزار فيه اثنتا عشرة رقعة‏.‏
الثالث‏:‏ المسكن، فللزاهد فيه ثلاث درجات‏.‏

أعلاها‏:‏ أن لا يطلب موضعاً خاصاً لنفسه، بل يقنع بزوايا المساجد، كأصحاب الصفة،وأوسطها‏:‏ أن يطلب موضعاً خاصاً لنفسه، مثل كوخ في سعف، أو خص وما أشبه ذلك‏.‏وأدناها‏:‏ أن يطلب حجرة مبنية‏.‏ ومتى طلب السعة وعلو السقف، فقد جاوز حد الزهد في المسكن‏.‏ وقد توفى رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم ولم يضع لبنة على لبنة‏.‏قال الحسن‏:‏ كنت إذا دخلت بيوت رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم ، نلت السقف‏.‏وفى الحديث‏:‏ ‏"‏ إن المسلم ليؤجر في كل شئ ينفقه إلا في شئ يجعله في هذا التراب‏"‏‏.‏وقال إبراهيم النخعى رحمه الله ‏:‏ إذا كان البنيان كفافاً، فلا أجر ولاوزر‏.‏
وفى الجملة ‏:‏ إن كل ما يراد للضرورة فلا ينبغي أن يجاوز حد الزهد‏.‏
الرابع‏:‏ أثاث البيت، فينبغي للزاهد أن يقتصر فيه على الخزف، ويستعمل الإناء الواحد في مقاصده، فيأكل في القصعة، ويشرب فيها، ومن خرج إلى كثرة العدد في الآلة، أو في نفاسة الجنس، خرج عن الزهد‏.‏ولينظر إلى سيرة رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم ‏.‏ ففى‏"‏ صحيح مسلم‏"‏ من حديث عمر بن الخطاب رضى الله عنه قال ‏:‏ دخلت على رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم وهو مضطجع على حصير، وإذا الحصير قد أثر على جنبه، فنظرت في خزانة رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم، فإذا أنا بقبضة من شعير، نحو الصاع‏.‏ وفى رواية البخاري ‏:‏ فوالله ما رأيت شيئاً يرد البصر‏.‏ والحديث مشهور في ‏"‏صحيح مسلم‏"‏‏‏وقال على رضى الله عنه ‏:‏ تزوجت فاطمة وما لى ولها فراش إلا جلد كبش، كنا ننام عليه بالليل، ونعلف عليه الناضح بالنهار، ومالي خادم غيرها، ولقد كانت تعجن، وإن قصتها ‏ لتضرب حرف الجفنة من الجهد الذي بها‏.‏ ودخل رجل على أبى ذر رضى الله عنه، فجعل يقلب بصره في بيته، فقال‏:‏ يا أبا ذر‍‍‍‍? ما أرى في بيتك متاعاً، ولا أثاثا‏.‏ فقال‏:‏ إن لنا بيتاً نوجه إليه صالح متاعنا‏.‏ فقال‏:‏ إنه لا بد لك من متاع ما دمت هاهنا، فقال‏:‏ إن صاحب المنزل لا يدعنا فيه‏.‏
الخامس‏:‏ المنكح ، لا معنى للزهد في أصل النكاح، ولا في كثرته‏.‏
قال سهل بن عبد الله‏:‏ حبب إلى رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم النساء‏.‏وكان على رضى الله عنه من أزهد الصحابة، وكان له أربعة نسوة، وبضع عشرة سرية‏.‏

وكان أبو سليمان الدارانى يقول‏:‏ كل ما شغلك عن الله، من أهل، ومال، وولد، فهو مشؤوم‏.‏
وكشف الغطاء عن ذلك أن نقول‏:‏ من غلبت عليه شهوته وخاف على نفسه، تعين عليه النكاح، فأما من لا يخاف، فهل النكاح في حقه أفضل أو التعبد‏؟‏ فيه اختلاف بين العلماء‏.‏ والناس مختلفون فيه منهم من يقصد النكاح لطلب النسل ويمكنه الكسب الحلال للعائلة، فلا يقدح ذلك في دينه، ولا يتشتت قلبه، بل يجمع النكاح همه، ويكف بصره، ويرد فكره ، فهذا غاية في الفضيلة، وعليه يحمل حال رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم ، وحال على رضى الله عنه ،ومن جرى مجراهما، ولا التفات إلى قول من يرى الزهد بترك الالتذاذ بالنكاح، فإن ذلك يقع ضمناً وتبعاً للمقصود‏.‏وقد كان بعض السلف يختار المرأة الدون على الجميلة، وذلك محمول على أن تلك تكون إلى الدين أميل، والنفقة عليها أقل، والاهتمام بأمرها يسير، بخلاف المستحسنة، فإنها تشتت القلب، وتشغله، وتريد زيادة فى النفقة، وربما لم يكن‏.‏وقد قال مالك بن دينار، يعمد أحدهم فيتزوج ديباجة الحي فتقول‏:‏ أريد مرطاً‏ فتمرط دينه‏.‏
السادس‏:‏ المال‏:‏ وهو ضروري في المعيشة، فالزاهد يقتصر منه على ما يدفع به الوقت، وكان في الصالحين من يتشاغل بالتجارة ويقصد بها العفاف‏.‏وكان حماد بن سلمة إذا فتح حانوته وكسب حبتين، قام‏.‏وكان سعيد بن المسيب يتجر في الزيت، وخلف أربعمائة دينار، وقال‏:‏ إنما تركتها لأصون بها عرضي وديني‏.‏
السابع‏:‏ الجاه، ولابد للإنسان من جاه حتى في قلب خادمه، واشتغال الزاهد بالزهد يمهد له الجاه في القلب، فينبغي أن يتحرز من شر ذلك‏.‏وفى الجملة فإن الحوائج الضرورية ليست من الدنيا، وكان كثير من السلف يعرض لهم بالمال الحلال، فيقولون ‏:‏ لا نأخذه، نخاف أن يفسد علينا ديننا‏.‏

ـ علامات الزهد
وقد تظن أن تارك المال زاهد، وليس كذلك، فإن ترك المال، وإظهار التخشن، سهل على من أحب المدح بالزهد، فكم من راهب قد لازم الدير، وقلل المطعم،وقواه على ذلك حسب المحمدة، كما سبق ذكره في كتاب الرياء‏.‏
ولابد من الزهد في فضول الأموال والجاه جميعاً، حتى يكمل الزهد في حظوظ النفس، فأول معرفة الزهد مشكل‏.‏وقد قال ابن المبارك ‏:‏ أفضل الزهد إخفاء الزهد، وينبغى أن يعول في هذا على ثلاث علامات
الأولى ‏:‏ أن لا يفرح بموجود، ولا يحزن بمفقود، كما قال تعالى ‏{‏لكيلا تأسوا على ما فاتكم ولا تفرحوا بما آتاكم‏}‏ ‏[‏الحديد ‏:‏ 23‏]‏ وهذا علامة الزهد في المال‏.‏
الثاني‏:‏ أن يستوي عنده ذامه ومادحه، وهذه علامة الزهد في الجاه‏.‏
الثالث‏:‏ أن يكون أنسه بالله، والغالب على قلبه حلاوة الطاعة‏.‏فأما محبة الدنيا ومحبة الله تعالى، فهما في القلب كالماء والهواء في القدح، إذا دخل الماء خرج الهواء، فلا يجتمعان‏.‏قيل لبعضهم‏:‏ إلام أفضى بهم الزهد‏؟‏ قال‏:‏ إلى الأنس بالله‏.‏قال يحيى بن معاذ‏:‏ الدنيا كالعروس، ومن يطلبها ماشطتها والزاهد يسخم ‏وجهها، وينتف شعرها، ويخرق ثوبها، والعارف مشتغل بالله تعالى عنها‏.‏فهذا الإمام أردنا ذكره من حقيقة الزهد وحكامه‏.‏
وإذا كان الزهد لا يتم إلا بالتوكل فلنشرع في بيانه إن شاء الله تعالى‏.‏

فضيلة التوكل
قال الله تعالى‏:‏ ‏{‏وعلى الله فليتوكل المؤمنون‏}‏ ‏[‏آل عمران ‏:‏ 122‏]‏ ‏.‏ وقال‏:‏ ‏{‏ومن يتوكل على الله فهو حسبه‏}‏ ‏[‏الطلاق‏:‏3‏]‏‏.‏
وفى الحديث‏:‏ أن النبى صلى الله عليه وآله وسلم ذكر أنه يدخل الجنة من أمته سبعون ألفاً لا حساب عليهم، ثم قال‏:‏ " هم الذين لا يكتوون، ولا يسترقون، ولا يتطيرون، وعلى ربهم يتوكلون"‏.‏ أخرجاه فى "الصحيحين"‏.‏وعن عمر بن الخطاب رضى الله عنه قال ‏:‏ سمعت رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم الله عليه وسلم يقول‏:‏ " لو أنكم توكلتم على الله حق توكله، لرزقكم كما يرزق الطير تغدو خماصاً وتروح بطاناً"‏.‏وكان من دعاء النبى صلى الله عليه وآله وسلم ‏:‏ "اللهم إني أسألك التوفيق لمحابك من الأعمال، وصدق التوكل عليك، وحسن الظن بك" والتوكل يبتنى على التوحيد، والتوحيد طبقات‏:‏منها أن يصدق القلب بالوحدانية المترجم عنها قولك، لا إله إلا الله وحده لا شريك له ‎، له الملك وله الحمد، وهو على كل شئ قدير، فيصدق بهذا اللفظ، لكن من غير معرفة دليل، فهو اعتقاد العامة‏.‏
الثانية‏:‏ أن يرى الأشياء المختلفة، فيراها صادرة عن الواحد، وهذا مقام المقربين‏.‏
الثالثة‏:‏ أن يرى الإنسان إذا انكشف عن بصيرته أن لا فاعل سوى الله، لم ينظر إلى غيره، بل يكون منه الخوف وله الرجاء وبه الثقة وعليه التوكل، لأنه فى الحقيقة هو الفاعل وحده، فسبحانه والكل مسخرون له، فلا يعتمد على المطر فى خروج الزرع، ولا على الغيم فى نزول المطر، ولا على الريح فى سير السفينة، فإن الاعتماد على ذلك جهل بحقائق الأمور‏.‏ ومن انكشفت له الحقائق، علم أن الريح لا تتحرك‏.‏بنفسها، ولا بد لها من محرك‏.‏ فالتفات العبد فى النجاة إلى الريح يضاهى التفات من أخذ لتضرب عنقه ، فوقع له الملك بالعفو عنه ، فأخذ يشتغل بذكر الحبر والكاغد والقلم الذي كتب به التوقيع ، ويقول‏:‏ لولا هذا القلم ما تخلصت ، فيرى نجاته من القلم لا من محرك القلم، وهذا غاية الجهل‏.‏ ومن علم أن القلم لا حكم له فى نفسه، شكر الكاتب دون القلم، وكل المخلوقات فى قهر تسخير الخالق أبلغ من القلم فى يد الكاتب، فسبحان مسبب الأسباب الفعال لما يريد‏.‏

ـ أحوال التوكل وأعماله وحده
اعلم‏:‏ أن التوكل مأخوذ من الوكالة، يقال‏:‏ وكل فلان أمره إلى فلان، أي فوض أمره إليه، واعتمد فيه عليه‏.‏
فالتوكل عبارة عن اعتماد القلب على الموكل، ولا يتوكل الإنسان على غيره إلا إذا اعتقد فيه أشياء‏:‏ الشفقة، والقوة، والهداية‏.‏ فإذا عرفت هذا، فقس عليه التوكل على الله سبحانه، وإذا ثبت فى نفسك أنك لا فاعل سواه واعتقدت مع ذلك أنه تام العلم والقدرة والرحمة، وأنه ليس وراء قدرته قدرة، ولا وراء علمه علم، ولا وراء رحمته رحمة، اتكل قلبك عليه وحده لا محالة، ولم يلتفت إلى غيره بوجه ، فإن كنت لا تجد هذه الحالة من نفسك فسببه أحد أمرين ‏:‏إما ضعف اليقين بأحد هذه الخصال‏:‏وإما ضعف القلب باستيلاء الجبن عليه ، وانزعاجه بسبب الأوهام الغالبة علية، فإن القلب قد ينزعج ببقاء الوهم وطاعته له من غير نقصان فى اليقين، فإنه من كان يتناول عسلاً، فشبه بين يديه بالعذرة، ربما نفر طبعه منه ، وتعذر عليه تناوله‏.‏ولو كلف العاقل أن يبيت مع الميت فى قبر أو فراش أو بيت ، نفر طبعه من ذلك، وإن كان متيقنا كونه ميتاً جماداً فى الحال، ولا ينفر طبعه عن سائر الجمادات، وذلك جبن فى القلب، وهو نوع ضعف قلما يخلو الإنسان منه، وقد يقوى ذلك حتى يصير مرضاً، حتى يخاف أن يبيت فى البيت وحده مع غلق الباب وإحكامه‏.‏
فإذا لا يتم التوكل إلا بقوة القلب، وقوى اليقين جميعاً، فإذا انكشف لك معنى التوكل، وعلمت الحالة التي تسمى توكلاً، فاعلم أن تلك الحالة لها فى القوة والضعف ثلاث درجات‏:‏
الأولى‏:‏ ما ذكرناه ، وهو أن يكون حاله فى حق الله تعالى الثقة بكفالته وعنايته، كحاله فى الثقة بالوكيل‏.‏
الدرجة الثانية‏:‏ وهى أقوى، أن يكون حاله مع الله تعالى كحال الطفل مع أمه فإنه لا يعرف غيرها ولا يفزع إلى سواها، ولا يعتمد إلا إياها، وإن نابه أمر كان أول خاطر يخطر على قلبه، وأول سابق إلى لسانه ‏:‏ يا أماه‏.‏ فمن كان تألهه إلى الله، ونظره إليه، واعتماده عليه، كلف به كما يكلف الصبي بأمه، فيكون متوكلاً حقاً‏.‏والفرق بين هذا وبين الأول، أن هذا متوكل قد فني فى توكله عن توكله، إذا لا يلتفت إلى غير المتوكل عليه، ولا مجال فى قلبه لغيره‏.‏
وأما الأول ، فهو متوكل بالتكليف والكسب، وليس فانيا عن توكله، بل له التفات إليه ، وذلك شغل صارف عن ملاحظة المتوكل عليه وحده‏.‏

الدرجة الثالثة‏:‏ وهى أعلى منهما، أن يكون بين يدي الله تعالى مثل الميت بين يدي الغاسل، لا يفارقه إلا أنه لا يرى نفسه ميتاً، وهذا يفارق حال الصبي مع أمه فإنه يفزع إلى أمه، ويصيح ويتعلق بذيلها‏.‏وهذه الأحوال توجد فى الخلق، إلا أن الدوام يبعد، ولاسيما المقام الثالث‏.‏
ـ أعمال المتوكلين
قد يظن بعض الناس أن معنى التوكل ترك الكسب بالبدن، وترك التدبير بالقلب، والسقوط على الأرض كالخرقة، وكلحم على وضم ،وهذا ظن الجهال، فإن ذلك حرام فى الشرع‏.‏والشرع قد أثنى على المتوكلين، وإنما يظهر تأثير التوكل فى حركة العبد وسعيه إلى مقاصده، وسعى العبد إما أن يكون لجلب نفع مفقود كالكسب، أو حفظ موجود كالادخار ، وإما لدفع ضرر لم ينزل، كدفع الصائل، أو لإزالة ضرر قد نزل، كالتداوى من المرض، فحركات العبد لا تعدو هذه الفنون الأربعة‏.‏
الفن الأول‏:‏ فى جلب المنافع ، فنقول‏:‏ الأسباب التي بها تجلب المنافع على ثلاث درجات
أحدها ‏:‏ سبب مقطوع به كالأسباب التي ارتبطت بها المسببات بتقدير الله تعالى ومشيئته ارتباطاً مطرداً لا يختلف، مثاله، أن يكون الطعام بين يديك وأنت جائع، فلا تمد يدك إليه وتقول‏:‏ أنا متوكل، وشرط التوكل ترك السعي، ومد اليد إلى الطعام سعى، وكذلك مضغه وابتلاعه، فهذا جنون محض، وليس من التوكل فى شئ، فإنك إذا انتظرت أن يخلق الله فيك شبعاً دون أكل الطعام، أو يخلق فى الطعام حركة إليك، أو يسخر ملكاً ليمضغه ويوصله إلى معدتك، فقد جهلت سنة الله‏.‏وكذلك لو لم تزرع، وطمعت أن يخلق الله تعالى نباتاً من غير بذر، أو تلد الزوجة من غير وقاع، فكل ذلك جنون، وليس التوكل فى هذا المقام ترك العمل، بل التوكل فيه بالعلم والحال‏.‏أما العلم ‏:‏ فهو أن تعلم أن الله تعالى خلق الطعام، واليد، والأسباب، وقوة الحركة، وأنه الذي يطعمك ويسقيك‏.‏وأما الحال، فهو أن يكون قلبك واعتمادك على فضل الله تعالى، لا على اليد والطعام، لأنه ربما جفت يدك، وبطلت حركتك، وربما سلط الله عليك من يغلبك على الطعام، فمد اليد إلى الطعام لا ينافى التوكل‏.‏

الدرجة الثانية‏:‏ الأسباب التي ليست متيقنة، لكن الغالب أن المسببات لا تحصل دونها‏.‏ مثاله من يفارق الأمصار، ويخرج مسافرا إلى البوادي التي لا يطرقها الناس إلا نادراً، ولا يستصحب معه شيئاً من الزاد، فهذا كالمجرب على الله تعالى، وفعله منهي عنه، وحمله للزاد مأمور به، فإن رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم لما سافر تزود واستأجر دليلاً إلى المدينة‏.‏
الدرجة الثالثة‏:‏ ملابسة الأسباب التي يتوهم إفضاؤها إلى المسببات من غير ثقة ظاهرة، كالذي يستقصي فى التدبيرات الدقيقة فى تفصيل الاكتساب ووجوهه، فمتى كان قصده صحيحاً وفعله لا يخرج عن الشرع، لم يخرج عن التوكل، لكنه ربما دخل في أهل الحرص إذا طلب فضول العيش‏.‏وترك التكسب ليس من التوكل فى شئ، إنما هو من فعل البطالين الذين آثروا الراحة، وتعللوا بالتوكل‏.‏قال عمر رضى الله عنه ‏:‏ المتوكل الذي يلقى حبه فى الأرض ويتوكل على الله‏.‏
فى التعرض للأسباب بالادخار، ومن وجد قوتاً حلالاً يشغله كسب مثله عن جمع همه، فادخاره إياه لا يخرجه عن التوكل، خصوصاً إذا كان له عائلة‏.‏وفى " الصحيحين" من حديث عمر بن الخطاب رضى الله عنه ، أن النبى صلى الله عليه وآله وسلم كان يبيع نخل بنى النضير، ويحبس لأهله قوت سنتهم‏.‏فإن قيل‏:‏ فقد نهى رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم بلالاً أن يدخر، فالجواب‏:‏ أن الفقراء كانوا عنده كالضيف، فما كان ينبغي أن يدخر فيجوعون ، بل الجواب ‏:‏ أن حال بلال وأمثاله من أهل الصفة كان مقتضاها عدم الادخار، فإن خالفوا كان التوبيخ على الكذب فى دعوى الحال لا على الادخار الحلال‏.‏
الفن الثالث‏:‏ مباشرة الأسباب الدافعة للضرر‏.‏ ليس من شرط التوكل ترك الأسباب الدافعة للضرر، فلا يجوز النوم فى الأرض المسبعة أو مجرى السيل، أو تحت الجدار الخراب، فكل ذلك منهي عنه‏.‏وكذلك لا ينقض التوكل لبس الدرع، وإغلاق الباب، وشد البعير بالعقال‏.‏ وقال الله تعالى ‏{‏ وليأخذوا أسلحتهم‏}‏ ‏[‏النساء ‏:‏ 102‏]‏‏.‏وجاء رجل إلى النبى صلى الله عليه وآله وسلم فقال ‏:‏ يارسول الله أعقلها وأتوكل، أو أطلقها وأتوكل‏؟‏ قال‏:‏ "اعقلها وتوكل"‏.‏ويتوكل فى ذلك كله على المسبب لا على السبب، ويكون راضيا بكل ما يقضى الله عليه ومتى عرض له إذا سرق متاعه أنه لو احترز لم يسرق، أو أخذ يشكو ما جرى عليه ، فقد بان بعده عن التوكل‏.‏وليعلم أن القدر له كالطبيب ، فإن قدم إليه الطعام فرح، وقال ‏:‏ لولا أنه علم أن الغذاء ينفعني ما قدمه، وإن منعه فرح، وقال ‏:‏ لولا أنه علم أن الغذاء يؤذيني لما منعني‏.‏واعلم‏:‏ أن كل من لا يعتقد فى لطف الله تعالى ما يعتقده المريض فى الطبيب الحاذق الشفيق، لم يصح توكله، فإن سرق متاعه رضى بالقضاء، وأحل الآخذ، شفقة على المسلمين‏.‏ فقد شكا بعض الناس إلى بعض العلماء أنه قطع عليه الطريق، وأخذ ماله،
فقال‏:‏ إن لم يكن غمك كيف صار فى المسلمين من يفعل هذا أكثر من غمك بمالك، فما نصحت المسلمين‏.‏
الفن الرابع‏:‏ السعي فى إزالة الضرر، كمداواة المريض ونحو ذلك‏.‏
اعلم‏:‏ أن الأسباب المزيلة للضرر تنقسم إلى ثلاثة أقسام‏:‏

إلى مقطوع به ، كالماء المزيل لضرر العطش، والخبز المزيل لضرر الجوع، فهذا القسم ليس تركه من التوكل فى شئ‏.‏
القسم الثاني‏:‏ أن يكون مظنوناً، كالفصد، والحجامة، وشرب المسهل، ونحو ذلك‏.‏ فهذا لا يناقض التوكل، فإن رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم قد تداوى وأمر بالتداوى‏.‏وقد تداوى خلق كثير من المسلمين ، وامتنع عنه أقوام توكلاً، كما روى عن أبى بكر الصديق رضى الله عنه أنه قيل له ‏:‏ ألا ندعو لك طبيباً‏؟‏ فقال‏:‏ رآني الطبيب‏.‏ قيل‏:‏ فما قال لك ‏؟‏ قال‏:‏ إنى فعال لما أريد‏.‏قال المصنف رحمه الله ‏:‏ والذي ننصره أن التداوي أفضل، وتحمل حال أبى بكر رضى الله عنه أنه قد تداوى ثم أمسك بعد انتفاعه بالدواء، أو يكون قد علم قرب أجله بأمارات‏.‏واعلم‏:‏ أن الأدوية أسباب مسخرة بإذن الله تعالى‏.‏
القسم الثالث‏:‏ أن يكون السبب موهوماً، كالكى، فيخرج عن التوكل، لأن النبى صلى الله عليه وآله وسلم وصف المتوكلين بأنه لا يكتوون‏.‏وقد حمل بعض العلماء الكي المذكور فى قوله‏:‏ " لا يكتوون" على ما كانوا يفعلونه فى الجاهلية، فإنهم كانوا يكتوون ويسترقون فى زمن العافية لئلا يمرضوا، فان النبى صلى الله عليه وآله وسلم كان يرقى الرقية بعد نزول المرض، وقد كوى أسعد بن زرارة رضى الله عنه ‏.‏وأما شكوى المريض، فهي مخرجة عن التوكل، وقد كانوا يكرهون أنين المريض، لأنه يترجم عن الشكوى، فكان الفضيل يقول‏:‏ أشتهي مرضا بلا عواد‏.‏وقال رجل للإمام أحمد‏:‏ كيف أنت ‏؟‏ قال ‏:‏ بخير‏.‏ قال حممت البارحة‏؟‏ قال‏:‏ إذا قلت لك‏:‏ أنا بخير، فلا تخرجني إلى ما أكره‏.‏فأما إذا وصف المريض للطبيب ما يجده، فإنه لا يضره‏.‏ وقد كان بعض السلف يفعل ذلك، ويقول‏:‏ إنما أصف قدرة الله في ، ويتصور أن يصف ذلك لتلميذ يقويه على الضراء ويرى ذلك نعمة، فيصف ذلك كما يصف النعمة شكراً لها، ولا يكون ذلك شكوى‏.‏وقد روينا أن النبى صلى الله عليه وآله وسلم قال‏:‏ " إنى أوعك كما يوعك رجلان منكم"‏.‏

ـ المحاسبة والمراقبة
قال الله تعالى ‏:‏‏{‏يوم تجد كل نفس ما عملت من خير محضرا وما عملت من سوء تود لو أن بينها وبينه أمداً بعيداً ويحذركم الله نفسه‏}‏ ‏[‏آل عمران‏:‏ 30‏]‏ وقال‏:‏‏{‏ونضع الموازين القسط ليوم القيامة فلا تظلم نفس شيئاً وإن كان مثقال حبة من خردل أتينا بها وكفى بنا حاسبين‏}‏ ‏[‏الأنبياء‏:‏ 47‏]‏ وقال ‏:‏‏{‏ووضع الكتاب فترى المجرمين مشفقين مما فيه ويقولون يا ويلتنا مال هذا الكتاب لا يغادر صغيرة ولا كبيرة إلا أحصاها ووجدوا ما عملوا حاضراً ولا يظلم ربك أحداً‏}‏ ‏[‏الكهف‏:‏ 49‏]‏ وقال ‏:‏‏{‏يومئذ يصدر الناس أشتاتاً ليروا أعمالهم فمن يعمل مثقال ذرة خيراً يره ومن يعمل مثقال ذرة شراً يره‏}‏ ‏[‏الزلزلة‏:‏ 6-8‏]‏ فاقتضت هذه الآيات وما أشبهها خطر الحساب في الآخرة‏.‏
وتحقق أرباب البصائر أنهم لا ينجيهم من هذه الأخطار إلا لزوم المحاسبة لأنفسهم وصدق المراقبة، فمن حاسب نفسه في الدنيا، خف في القيامة حسابه، وحسن منقبله، ومن أهمل المحاسبة دامت حسراته، فلما علموا أنهم لا ينجيهم إلا الطاعة وقد أمرهم الله تعالى بالصبر والمرابطة فقال ‏:‏‏{‏يا أيها الذين آمنوا اصبروا وصابروا ورابطوا‏}‏ ‏[‏آل عمران‏:‏ 200‏]‏ فرابطوا أنفسهم أولاً بالمشارطة، ثم المراقبة، ثم بالمحاسبة، ثم بالمعاقبة، ثم بالمجاهدة، ثم بالمعاتبة، فكانت لهم في المرابطة ست مقامات، وأصلها المحاسبة، ولكن كل حساب يكون بعد مشارطة ومراقبة، ويتبعه عند الخسران المعاتبة والمعاقبة، ولابد من شرح ذلك المقام‏.‏

المشارطة
اعلم‏:‏ أن التاجر كما يستعين بشريكه في التجارة طلباً للربح، ويشارطه ويحاسبه، كذلك العقل يحتاج إلى مشاركة النفس، ويوظف عليها الوظائف، ويشرط عليها الشروط، ويرشدها إلى طريق الفلاح، ثم لا يغفل عن مراقبتها، فإنه لا يأمن خيانتها وتضييعها رأس المال، ثم بعد الفراغ ينبغي أن يحاسبها ويطالبها بالوفاء بما شرط عليها، فإن هذه التجارة ربحها الفردوس الأعلى، فتدقيق الحساب في هذا مع النفس أهم من تدقيقه بكثير من أرباح الدنيا، فحتم على ذي عزم آمن بالله واليوم الآخر أن لا يغفل عن محاسبة نفسه، والتضييق عليها في حركاتها وسكناتها وخطراتها، فإن كل نفس من أنفاس العمر جوهرة نفيسة لا عوض لها‏.‏
فإذا فرغ العبد من فريضة الصبح، ينبغي أن يفرغ قلبه ساعة لمشارطة نفسه فيقول للنفس‏:‏ ما لى بضاعة إلا العمر، فإذا فني منى رأس المال وقع اليأس من التجارة، وطلب الربح، وهذا اليوم الجديد قد أمهلني الله فيه، وأخر أجلى، وأنعم على به، ولو توفانى لكنت أتمنى أن يرجعني إلى الدنيا حتى أعمل فيه صالحاً، فاحسبي يا نفس أنك قد توفيت ثم رددت، فإياك أن تضيعي هذا اليوم، وأعلمي أن اليوم والليلة أربع وعشرون ساعة، وأن العبد ينشر له بكل يوم أربع وعشرون خزانة مصفوفة، فيفتح له منها خزانة، فيراها مملوءة نوراً من حسناته التي عملها في تلك الساعة، فيحصل له من السرور، بشاهدة تلك الأنوار ما لو وزع على أهل النار لأدهشتهم عن الإحساس بألم النار، ويفتح له خزانة أخرى سوداء مظلمة يفوح ريحها ويغشاه ظلامها، وهى الساعة التي عصا الله تعالى فيها، فيحصل له من الفزع والخزى ما لو قسم على أهل الجنة لنغص عليهم نعيمهم، ويفتح له خزانة أخرى فارغة ليس فيها ما يسوؤه ولا يسره، وهى الساعة التي نام فيها أو غفل أو اشتغل بشيء من المباح، ويتحسر على خلوها، ويناله ما نال القادر على الربح الكثير إذا أهمله حتى فاته، وعلى هذا تعرض عليه خزائن أوقاته طول عمره فيقول لنفسه، اجتهدي اليوم في أن تعمري خزانتك، ولا تدعيها فارغة، ولا تميلي إلى الكسل والدعة والاستراحة، فيفوتك من درجات عليين ما يدركه غيرك‏.‏
قال بعضهم‏:‏ هب أن المسيء قد عفي عنه، أليس قد فاته ثواب المحسنين‏؟‏ فهذه وصيته في نفسه وفي أوقاته، ثم يستأنف لها وصية أخرى في أعضائه السبعة، وهى‏:‏ العين والأذن واللسان والبطن والفرج واليد والرجل، وتسليمها إلى النفس، فإنها رعايا خادمة لها في هذه التجارة المخلدة، بها يتم أعمالها، ويعملها أن أبواب جهنم سبعة على عدد هذه الأعضاء، فتعيين تلك الأبواب لمن عصى الله تعالى بهذه الأعضاء، فيوصيها بحفظها عن معاصيها‏.‏

أما العين فيحفظها عن النظر إلى ما لا يحل النظر إليه، أو إلى مسلم بعين الاحتقار، وعن كل فضول مستغنى عنه، ويشغلها بما فيه تجارتها وربحها، وهو النظر إلى ما خلقت له من عجائب صنع الله تعالى بعين الاعتبار، والنظر إلى أعمال الخير للاقتداء والنظر إلى كتاب الله تعالى، وسنة رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم، ومطالعة كتب الحكم للاتعاظ والاستفادة‏.‏وهكذا ينبغي أن يتقدم إلى كل عضو بالوصية، بما يليق به، ولا سيما اللسان والبطن، وقد ذكرنا آفات اللسان فيما تقدم، فيشغله بما خلق له، من الذكر والتذكير، وتكرار العلم والتعليم، وإرشاد عباد الله تعالى إلى طريق الله، وإصلاح ذات البين، إلى غير ذلك من الخير‏.‏
وأما البطن، فيكلفه ترك الشرة، واجتناب الشبهات والشهوات، ويقتصر على قدر الضرورة، ويشترط على نفسه إذا خالفت شيئاً من ذلك أن يعاقبها بالمنع من شهوات البطن، ليفوتها أكثر مما نالت بشهوتها، وهكذا في جميع الأعضاء، واسقصاء ذلك يطول، وكذلك ما تخفى طاعات الأعضاء ومعاصيها‏.‏
ثم يستأنف وصيتها في وظائف العبادات التي تتكرر في اليوم والليلة، في النوافل التي يقدر عليها، وعلى الاستكثار منها، وهذه شروط يفتقر إليها كل يوم إلى أن تتعود النفس ذلك، فيستغني عن المشارطة، ولكن لا يخلو كل يوم من حادثة لها حكم جديد لله تعالى عليه في ذلك حق، ويكثر هذا على من يشتغل بشيء من أعمال الدنيا، من ولاية أو تجارة أو نحو ذلك، إذ قل أن يخلو يوم عن واقعة جديدة يحتاج إلى أن يقضى حق الله فيها، فعليه أن يشرط نفسه الاستقامة فيها، والانقياد للحق‏.‏وعن شداد بن أوس رضى الله عنه قال ‏:‏ قال رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم ‏"‏الكيس من دان نفسه وعمل لما بعد الموت، والعاجز من أتبع نفسه هواها، وتمنى على الأماني‏"‏ ‏.‏
وقال عمر رضى الله عنه ‏:‏ حاسبوا أنفسكم قبل أن تحاسبوا وزنوها قبل أن توزنوا، وتهيؤوا للعرض الأكبر ‏{‏يومئذ تعرضون لا تخفى منكم خافية‏}‏ ‏[‏الحاقة‏:‏ 18‏]‏

المراقبة
إذا أوصى الإنسان نفسه، وشرط عليها ما ذكرناه، لم يبق إلا المراقبة لها وملاحظتها، وفى الحديث الصحيح في تفسير الإحسان، لما سئل رسول الله صلى الله عليه وآله وسلم قال ‏:‏‏"‏أن تعبد الله كأنك تراه فإن لم تكن تراه فإنه يراك‏"‏ أرد بذلك استحضار عظمة الله ومراقبته في حال العبادة‏.‏ قيل‏:‏ دخل الشبلىعلى ابن أبى الحسين النورى وهو قاعد ساكن، لا يتحرك من ظاهر شئ، فقال له‏:‏ ممن أخذت هذه المراقبة والسكون‏؟‏ فقال‏:‏ من سنور كانت لنا، إذا أرادت الصيد رابطت رأس الحجر حتى لا يتحرك لها شعرة‏.‏
وينبغى أن يراقب الإنسان نفسه قبل العمل وفى العمل، هل حركه عليه هوى النفس أو المحرك له هو الله تعالى خاصة‏؟‏ فإن كان الله تعالى، أمضاه وإلا تركه، وهذا هو الإخلاص‏.‏
قال الحسن‏:‏ رحم الله عبداً وقف عند همه، فإن كان لله مضى، وإن كان لغيره تأخر‏.‏
فهذه مراقبة العبد في الطاعة وهو أن يكون مخلصاً فيها، ومراقبته في المعصية تكون بالتوبة والندم والإقلاع، ومراقبته في المباح تكون بمراعاة الأدب، والشكر على النعم، فإنه لا يخلو من نعمة لابد له من الشكر عليها، ولا يخلو من بلية لابد من الصبر عليها، وكل ذلك من المراقبة‏.‏
وقال وهب من منبه في حكمة آل داود‏:‏ حق على العاقل أن لا يشغل عن أربع ساعات، ساعة يناجى فيها ربه، وساعة يحاسب فيها نفسه، وساعة يفضي فيها إلى إخوانه الذين يخبرونه بعيوبه، ويصدقونه على نفسه، وساعة يخلو بين نفسه وبين لذاتها فيما يحل ولا يحرم، فإن هذه الساعة عون على الساعات وجمام للقوة‏.‏
وهذه الساعة التي هو مشغول فيها بالمطعم والمشرب، لا ينبغي أن تخلو عن عمل هو أفضل الأعمال، وهو الذكر والفكر، فإن الطعام الذي يتناوله فيه من العجائب ما لو تفكر فيه كان أفضل من كثير من أعمال الجوارح‏.‏

المحاسبة بعد العمل
قال الله تعالى ‏:‏‏{‏يا أيها الذين آمنوا اتقوا الله ولتنظر نفس ما قدمت لغد‏}‏ ‏[‏الحشر‏:‏ 18‏]‏ وهذه إشارة إلى المحاسبة بعد العمل، ولذلك قال عمر رضى الله عنه ‏:‏ حاسبوا أنفسكم قبل أن تحاسبوا‏.‏
وقال الحسن‏:‏ المؤمن قوّام على نفسه، يحاسب نفسه، وقال‏:‏ إن المؤمن يفجؤه الشيء يعجبه فيقول‏:‏ والله إنى لأشتهيك وإنك لمن حاجتى، ولكن والله ما من حيلة إليك، هيهات حيل بيني وبينك، ويفرط منه الشيء فيرجع إلى نفسه فيقول ‏:‏ ما أردت إلى هذا، ما لى ولهذا‏؟‏ والله لا أعود إلى هذا أبداً إن شاء‏.‏
إن المؤمنين قوم أوثقهم القرآن، وحال بينهم وبين هلكتهم، إن المؤمن أسير في الدنيا، يسعى في فكاك رقبته، لا يأمن شيئاً حتى يلقى الله عز وجل، يعلم أنه مأخوذ عليه في سمعه، وفى بصره، وفى لسانه، وفى جوارحه، مأخوذ عليه في ذلك كله‏.‏
واعلم‏:‏ أن العبد كما ينبغي أن يكون له وقت في أول النهار يشارط فيه نفسه، كذلك ينبغي أن يكون له ساعة يطالب فيها نفسه في آخر النهار، ويحاسبها على جميع ما كان منها، كما يفعل التجار في الدنيا مع الشركاء في آخر كل سنة أو شهر أو يوم‏.‏
ومعنى المحاسبة أن ينظر في رأس المال، وفى الربح، وفى الخسران لتتبين له الزيادة من النقصان، فرأس المال في دينه الفرائض، وربحه النوافل والفضائل، وخسرانه المعاصي، وليحاسبها أولاً على الفرائض، وإن ارتكب معصية اشتغل بعقابها ومعاقبتها ليستوفى منها ما فرط‏.‏
قيل‏:‏ كان توبة بن الصمة بالرقة، وكان محاسباً لنفسه، فحسب يوماً فإذا هو ابن ستين سنة، فحسب أيامها فإذا هي أحد وعشرون ألف يوم وخمسمائة يوم، فصرخ وقال‏:‏ يا ويلتا‏!‏ ألقى الملك بأحد وعشرين ألف ذنب وخمسمائة ذنب‏!‏ كيف وفى كل يوم عشرة آلاف ذنب‏!‏‏!‏ ثم خر مغشياً عليه فإذا هو ميت، فسمعوا قائلاً يقول‏:‏ يا لها ركضة إلى الفردوس الأعلى‏!‏
فهكذا ينبغي للعبد أن يحاسب نفسه على الأنفاس وعلى معصية القلب والجوارح في كل ساعة، فإن الإنسان لو رمي بكل معصية يفعلها حجراً في داره لامتلأت داره في مدة يسيرة، ولكنه يتساهل في حفظ المعاصي وهى مثبتة ‏{‏أحصاه الله ونسوه‏}‏‏.‏
معاقبة النفس على تقصيرها‏

اعلم‏:‏ أن المريد إذا حاسب نفسه فرأى منها تقصيراً، أو فعلت شيئاً من المعاصي فلا ينبغي أن يمهلها، فإنه يسهل عليه حينئذ مفارقة الذنوب ويعسر عليه فطامها، بل ينبغي أن يعاقبها عقوبة مباحة كما يعاقب أهله وولده‏.‏
وكما روى عن عمر رضى الله عنه‏:‏ أنه خرج إلى حائط له، ثم رجع وقد صلى الناس العصر، فقال‏:‏ إنما خرجت إلى حائطي، ورجعت وقد صلى الناس العصر، حائطي صدقة على المساكين‏.‏ قال الليث‏:‏ إنما فاتته الجماعة‏.‏
وروينا عنه أنه شغله أمر عن المغرب حتى طلع نجمان، فلما صلاها أعتق رقبتين‏.‏
وحكى أن تميم الداري رضى الله عنه نام ليلة لم يقم يتهجد فيها حتى أصبح، فقام سنة لم ينم فيها عقوبة للذي صنع‏.‏
ومرّ حسان بن سنان بغرفة فقال‏:‏ متى بنيت هذه‏؟‏ ثم أقبل على نفسه فقال‏:‏ تسألين عما لا يعنيك‏!‏ لأعاقبنك بصوم سنة، فصامها‏.‏
فأما العقوبات بغير ذلك مما لا يحل، فيحرم عليه فعله، مثال ذلك‏:‏ ما حكى أن رجلاً من بنى إسرائيل، وضع يده على فخذ امرأة، فوضعها في النار حتى شلت، وأن آخر حوّل رجله لينزل إلى امرأة، ففكر وقال‏:‏ ماذا أردت أن أصنع‏؟‏ فلما أراد أن يعيد رجله قال‏:‏ هيهات رجل خرجت إلى معصية الله لا ترجع معى، فتركها حتى تقطعت بالمطر والرياح، وأن آخر نظر إلى امرأة فقلع عينيه، فهذا كله محرم، وإنما كان جائزاً في شريعتهم، وقد سلك نحو ذلك خلق من أهل ملتنا، حملهم على ذلك الجهل بالعلم، كما حكى عن غزوان الزاهد‏:‏ أنه نظر إلى امرأة، فلطم عينه حتى نفرت‏.‏
وروينا عن بعضهم ‏:‏ أنه أصابته جنابة وكان البرد شديداً، وأنه وجد في نفسه توقفاً عن الغسل، فآلي ألا يغتسل إلا في مرقعته، ألا ينزعها ولا يعصرها، فكانت شديدة الكثافة تزيد على عشرين رطلاً‏.‏ وقد ذكرت كثيراً من هذا الفن الصادر عن المتعبدين على الجهل في كتابي المسمى بـ‏"‏تلبيس إبليس‏"

المجاهدة
وهو أنه إذا حاسب نفسه، فينبغي إذا رآها قد قارفت معصية أن يعاقبها كما سبق، فإن رآها تتوانى بحكم الكسل بى شئ من الفضائل، أو ورد من الأوراد، فينبغي أن يؤدبها بتثقيل الأوراد عليها، كما ورد عن ابن عمر رضى الله عنه أنه فاتته صلاة في جماعة، فأحيا الليل كله تلك الليلة، وإذا لم تطاوعه نفسه على الأوراد، فإنه يجاهدها ويكرهها ما استطاع‏.‏
وقال ابن المبارك‏:‏ إن الصالحين كانت أنفسهم تواتيهم على الخير عفواً، وإن أنفسنا لا تواتينا إلا كرهاً‏.‏
ومما يستعان به عليها أن يسمعها أخبار المجتهدين، وما ورد في فضلهم، ويصحب من يقدر عليه منهم، فيقتدي بأفعاله‏.‏
قال بعضهم‏:‏ كنت إذا اعترتني فترة في العبادة نظرت إلى وجه محمد بن واسع وإلى اجتهاده‏؟‏ فعملت على ذلك اسبوعاً‏.‏ وقد كان عامر بن عبد قيس يصلى كل يوم ألف ركعة‏.‏ وكان الأسود بن يزيد يصوم حتى يخضر ويصفر، وحج مسروق فما نام إلا ساجداً، وكان داود الطائى يشرب الفتيت مكان الخبز، ويقرأ بينهما خمسين آية، وكان كرز بن وبرة يختم كل يوم ثلاث ختمات، وكان عمر بن عبد العزيز وفتح الموصلي يبكيان الدم، وصلى أربعون نفساً من القدماء الفجر بوضوء العتمة، وجاور أبو محمد الحريري سنة فلم ينم ولم يتكلم، ولم يستند إلى حائط، ولم يمد رجله، فقال له أبو بكر الكتاني‏:‏ بم قدرت على هذا‏؟‏ قال‏:‏ علم صدق باطني فأعانني على ظاهري‏.‏
ودخلوا على زحلة العابدة فكلموها بالرفق بنفسها فقالت‏:‏ إنما هي أيام مبادرة، فمن فاته اليوم شئ لم يدركه غداً والله يا إخوتاه‏!‏ لأصلين لله ما أقلتني جوارحي، ولأصومن له في أيام حياتي، ولأبكين ما حملت الماء عيناي‏.‏
ومن أراد أن ينظر في سير القوم، ويتفرج فى بساتين مجاهداتهم، فلينظر فى كتابي المسمى بـ ‏"‏صفة الصفوة‏"‏ فإنه يرى من أخبار القوم ما يعد نفسه بالإضافة إليهم من الموتى، بل من أخبار المتعبدات من النسوة ما يحتقر نفسه عند سماعه‏.‏
المقام السادس‏:‏ فى معاتبة النفس وتوبيخها

قال أبو بكر الصديق رضى الله عنه ‏:‏ من مقت نفسه فى ذات الله آمنه الله من مقته‏.‏
وقال أنس رضى الله عنه ‏:‏ سمعت عمر بن الخطاب رضى الله عنه ودخل حائطاً فسمعته يقول وبيني وبينه جدار‏:‏ عمر بن الخطاب أمير المؤمنين، بخ بخ، والله لتتقين الله يا ابن الخطاب أو ليعذبنك‏.‏
وقال البخترى بن حارثة‏:‏ دخلت على عابد فإذا بين يديه نار قد أججها وهو يعاتب نفسه، فلم يزل يعاتبها حتى مات‏.‏
وكان بعضهم يقول إذا ذكر الصالحون‏:‏ فأف لى وتف‏.‏ واعلم‏:‏ أن أعدى عدوٍ لك نفسك التي بين جنبيك، وقد خلقت أمارة بالسوء،ميالة إلى الشر، وقد أمرت بتقويمها وتزكيتها وفطامها عن مواردها، وأن تقودها بسلاسل الدهر إلى عبادة ربها، فإن أهملتها جمحت وشردت، ولم تظفر بها بعد ذلك، وإن لزمها بالتوبيخ رجونا أن تصير مطمئنة، فلا تغفلن عن تذكيرها‏.‏ وسبيلك أن تقبل عليها، فتقرر عندها جهلها وغباوتها وتقول‏:‏ يا نفس، ما أعظم جهلك، تدعين الذكاء والفطنة وأنت أشد الناس غباوة وحمقاً، أما تعلمين أنك صائرة إلى الجنة أو النار‏؟‏ فكيف يلهو من لا يدرى إلى أيتهما يصير‏؟‏‏!‏ وربما اختطف فى يومه أو فى غده‏!‏ أما تعلمين أن كل ما هو آت قريب، وأن الموت يأتى بغتة من غير موعد، ولا يتوقف على سن دون سن، بل كل نفس من الأنفاس يمكن أن يكون فيه الموت فجأة، وإن لم يكن الموت فجأة كان المرض فجأة، ثم يفضي إلى الموت‏.‏ فمالك لا تستعدين للموت وهو قريب منك‏؟‏‏!‏ يا نفس، إن كانت جرأتك على معصية الله تعالى لاعتقادك أن الله لا يراك فما أعظم كفرك، وإن كانت مع علمك باطلاعه عليك، فما أشد رقاعتك، وأقل حياءك‏!‏ ألك طاقة على عذابه‏؟‏ جربى ذلك بالقعود ساعة فى الحمام، فاطلبي الشهوات الباقية الصافية عن الكدر، ورب أكلة منعت أكلات‏.‏ وما قولك فى عقل مريض أشار عليه الطبيب بترك الماء ثلاثة أيام ليصح ويتهيأ لشربه طول العمر‏؟‏ فما مقتضى العقل فى قضاء حق الشهوة‏؟‏ أيصبر ثلاثة أيام ليتنعم إلى الأبد الذي هو مدة نعيم أهل الجنة وعذاب أهل النار أقل من ثلاثة أيام بالإضافة إلى جميع العمر، بل أقل من لحظة بالإضافة إلى عمر الدنيا‏.‏ وليت شعري‏!‏ ألم الصبر عن الشهوات أشد وأطول، أم النار فى الدركات‏؟‏ فمن لا يطيق الصبر على ألم المجاهدة، كيف يطيق ألم العذاب فى الآخرة‏؟‏ أشغلك حب الجاه‏؟‏ أما بعد ستين سنه أو نحوها، لا تبقين أنت ولا من كان لك عنده جاه‏.‏ هلا تركت الدنيا لخسة شركائها، وكثرة عنائها وخوفاً من سرعة فنائها‏؟‏ أتستبدلين بجوار رب العالمين صف النعال فى صحبة الحمقى‏؟‏ قد ضاع أكثر البضاعة، وقد بقيت من العمر صبابة، ولو استدركت ندمت على ما ضاع، فكيف إذا أضفت الأخير إلى الأول‏؟‏ اعملي فى أيام قصار لأيام طول، وأعدى الجواب للسؤل‏.‏ أخرجي من الدنيا خروج الأحرار قبل أن تكون خروج اضطرار إنه من كانت مطيته الليل والنهار سير به وإن لم يسر‏.‏ تفكري فى هذه الموعظة، فإن عدمت تأثيرها، فابكي على ما أصبت به فمستقى الدمع من بحر الرحمة‏.‏

مختصر منهاج القاصدين ابن قدامة المقدسي
Par Abdelkader HADOUCH عبد القادر حادوش - Publié dans : Mystique التصوف - Ecrire un commentaire
Samedi 15 août 2009 6 15 /08 /Août /2009 07:41

?هذا حال العالم المؤثر الدنيا على الآخرة‏.‏ وأما العابد الجاهل فآفته من إعراضه عن العلم وأحكامه وغلبة خياله وذوقه ووجده وما تهواه نفسه‏.‏ ولهذا قال سفيان بن عيينة وغيره‏:‏ احذروا فتنة العالم الفاجر، وفتنة العابد الجاهل فإن فتنتهما فتنة لكل مفتون، فهذا بجهله يصد عن العلم وموجبه، وذاك بغيه يدعو إلى الفجور‏.‏

?قد ضرب الله سبحانه وتعالى مثل النوع الآخر بقوله‏:‏ ‏{‏ كمثل الشيطان إذ قال للإنسان اكفر فلما كفر قال إني بريء منك إني أخاف الله رب العالمين‏.‏ فكان عاقبتهما أنهما في النار خالدين فيها وذلك جزاء الظالمين‏}‏‏(‏الآيتان‏:‏ 16،17 من سورة الحشر‏.‏‏)‏ وقصته معروفة فإنه بنى أساس أمره على عبادة الله بجهل فأوقعه الشيطان بجهله، وكفره بجهله‏.‏ فهذا إمام كل عابد جاهل يكفر ولا يدري‏.‏ وذاك إمام كل عالم فاجر يختار الدنيا على الآخرة، وقد جعل سبحانه رضا العبد بالدنيا وطمأنينته وغفلته عن معرفة آياته وتدبرها والعمل بها سبب شقائه وهلاكه‏.‏ ولا يجتمع هذان _ أعني‏:‏ الرضا بالدنيا والغفلة عن آيات الرب _ إلا في قلب من لا يؤمن بالمعاد ولا يرجو لقاء رب العباد، وإلا فلو رسخ قدمه في الإيمان بالمعاد لما رضي الدنيا ولا اطمئن إليها، ولا أعرض عن آيات الله‏.‏

?أنت إذا تأملت أحوال الناس وجدت هذا الضرب هو الغالب على الناس وهم عمار الدنيا، وأقل الناس عدداً من هو خلاف ذلك، وهو من أشد الناس غربة بينهم، لهم شأن وله شأن، علمه غير علومهم وإرادته غير إرادتهم‏.‏ وطريقه غير طريقهم، فهو في واد وهم في واد، قال تعالى‏:‏ ‏{‏ إن الذين لا يرجون لقاءنا ورضوا بالحياة الدنيا واطمأنوا بها والذين هم عن آياتنا غافلون‏.‏ أولئك مأواهم النار بما كانوا يكسبون‏}‏‏(‏الآيتان 7،8 من سورة يونس‏.‏‏)‏‏.‏

ثم ذكر وصف ضد هؤلاء ومآلهم وعاقبتهم بقوله‏:‏ ‏{‏ الذين آمنوا وعملوا الصالحات يهديهم ربهم بإيمانهم تجري من تحتهم الأنهار في جنات النعيم‏}‏‏(‏الآية 9 من سورة يونس‏.‏‏)‏ فهؤلاء إيمانهم بلقاء الله أورثهم عدم الرضا بالدنيا والطمأنينة إليها ودوام ذكر آياته‏.‏

فهذه مواريث الإيمان بالمعاد وتلك مواريث عدم الإيمان به والغفلة عنه‏.‏

الفوائد، الإمام شمس الدين أبي عبد الله بن قيم الجوزية

Par Abdelkader HADOUCH عبد القادر حادوش - Publié dans : التاريخ الإسلامي العام - Ecrire un commentaire
Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /Août /2009 10:22
                                                                                                                                                                        
للنبي صلى الله عليه وسلم في الإمارة حدّثنا محمد بن خالد بن خداش قال: حدّثنا سلابن قتيبة عن ابن أبي ذئب عن المقبريّ عن أبي هريرة قال: قال رسول اللّه صلى الله عليه وسلم: « ستحرصون على الإمارة ثم تكون حسرةً وندامةً يوم القيامة فنعمت المرضعة وبئست الفاطمة ».
حدّثني محمد بن زياد الزيادي قال:حدّثنا عبد العزيز الدّاروردي قال: حدّثنا شريك عن عطاء بن يسار أن رجلاً قال عند النبي: بئس الشيء الإمارة. فقال النبي: « نعم الشيء الإمارة لمن أخذها بحقّها وحلها « .
حدّثني زيد بن أخزم الطائي قال: حدّثنا ابن قتيبة قال: حدّثنا أبو المنهال عن عبد العزيز ابن أبي بكرة عن أبيه قال: لما مات كسرى قيل ذلك للنبيّ فقال: « من استخلفوا? » فقالوا: ابنته بوران، قال: « لن يفلح قوم أسندوا أمرهم إلى امرأة ».
لابن عباس رضي اللّه عنهما
حدّثني زيد بن أخزم قال: حدّثنا وهب بن جرير قال: حدّثنا أبي قال: سمعت أيّوب يحدّث عن عكرمة عن ابن عباس أنه قدم المدينة زمن الحرّة فقال: من استعمل القوم? قالوا: على قريش عبد اللّه بن مطيع، وعلى الأنصار عبد اللّه بن حنظلة بن الراهب. فقال: أميران! هلك واللّه القوم.
للحسن عليه السلام
حدّثنا محمد بن عبيد قال: حدّثنا معاوية بن عمرو عن أبي إسحاق عن هشام بن حسّان قال: كان الحسن يقول: « أربعة من الإسلام إلى السلطان الحكم والفيء والجمعة والجهاد ».
لكعب الأحبار
وحدّثني محمد قال: حدّثنا أبو سلمة عن حماد بن سلمة عن أيوب عن أبي قلابة قال: قال كعب: « مثل الإسلام والسلطان والناس مثل الفسطاط والعمود والأطناب والأوتاد، فالفسطاط الإسلام، والعمود السلطان، والأطناب والأوتاد الناس، لا يصلح بعضه إلا ببعض ».
كلمة لأبي حازم في السلطان
حدّثني سهل بن محمد قال: حدّثني الأصمعيّ قال: قال أبو حازم لسليمان بن عبد الملك: « السلطان سوقٌ فما نفق عنده أتي به ».
لابن المقفع
وقرأت في كتاب لابن المقفّع: « الناس على دين السلطان إلا القليل فليكن للبرّ والمروءة عنده نفاقٌ فسيكسد بذلك الفجور والدناءة في آفاق الأرض قرأت فيه أيضاً: « الملك ثلاثة ملك دين وملك حزم وملك هوى، فأما ملك الدين فإنه إذا أقام لأهله دينهم فكان دينهم هو الذي يعطيهم ما لهم ويلحق بهم ما عليهم، أرضاهم ذلك وأنزل الساخط منهم منزلة الراضي في الإقرار والتسليم. وأما ملك الحزم فإنه تقوم به الأمور ولا يسلم من الطعن والتسخّط ولن يضرّه طعن الضعيف مع حزم القوي. وأما ملك الهوى فلعب ساعة ودمار دهر ».
للرسول
حدّثني يزيد بن عمرو عن عصمة بن صقير الباهلي قال: حدّثنا إسحاق بن نجيح عن ثور بن يزيد عن خالد بن معدان قال: قال رسول اللّه: « إن اللّه حرّاساً فحرّاسه في السماء الملائكة وحراسه في الأرض الذين يأخذون الدّيوان ».
حدّثني أحمد بن الخليل قال: حدّثني سعيد بن سلم الباهلي قال: أخبرني شعبة عن شرقيٍّ عن عكرمة في قول الله عز وجل: « له معقباتٌ من بين يديه ومن خلفه يحفظونه من أمر اللّه » قال: »الجلاوزة يحفظون الأمراء ».
« وقال الشاعر:
ألا ليت شعري هل أبيتنّ ليلةً        خليًّا من اسم اللّه والبركات
يعني باسم اللّه، وفيه قول اللّه: « يحفظونه من أمر اللّه » أي بأمر اللّه.
وقرأت في كتاب من كتب الهند: « شرّ المال لا ينفق منه، وشر الأخوان الخاذل، وشر السلطان من خافه البرىء، وشر البلاد ما ليس فيه خصب ولا أمن ».
وقرأت فيه: « خير السلطان من أشبه النّسر حول الجيف لا من أشبه الجيفة حولها النسور ».
وهذا معنى لطيف وأشبه الأشياء به قول بعضهم: « سلطان تخافه الرعية خير للرعية من سلطان يخافها « .
كلمة في عدل الإمام وجوره
حدّثني شيخ لنا عن أبي الأحوص عن ابن عمّ لأبي وائل عن أبي وائل قال: قال عبد اللّه بن مسعود: « إذا كان الإمام عادلاً فله الأجر وعليك الشكر، وإذا كان جائراً فعليه الوزر وعليك الصبر ».
قول عمر بن الخطاب في الفواقر
وأخبرني أيضاً عن أبي قدامة عن عليّ بن زيد قال: قال عمر بن الخطاب رضي اللّه عنه: « ثلاثٌ من الفواقر: جار مقامةٍ إن رأى حسنة سترهم وإن رأى سيئة أذاعهم، وامرأة إن دخلت عليهم لسنتك وإن غبت عنها لم تأمنها، وسلطان إن أحسنت لم يحمدك وإن أسأت قتلك ».
من اليتيمة في منافع السلطان ومضارّه
وقرأت في اليتيمة « مثل قليل مضارٌ السلطان في جنب منافعه مثل الغيث الذي هو سقيا اللّه وبركات السماء وحياة الأرض ومن عليها، وقد يتأذى به السّفر ويتداعى له البنيان وتكون فيه الصواعق وتدرّ سيوله فيهلك الناس والدواب وتموج له البحار فتشتدّ البليّة منه على أهله فلا يمنع الناس، إذا نظروا إلى آثار رحمة اللّه في الأرض التي أحيا والنبات الذي أخرج والرزق الذي بسط والرحمة التي نشر، أن يعظموا نعمة ربهم ويشكروها وبلغوا ذكر خواصّ البلايا التي دخلت على خواصّ الخلق. ومثل الرياح التي يرسلهم اللّه نشرا بين يديّ رحمته فيسوق بهم السحاب ويجعلهم لقاحاً للثمرات و أرواحاً للعباد يتنسمون منها ويتقلبون فيهم، وتجري بهم مياههم، وتقد بها نيرانهم وتسير بهم أفلاكهم. وقد تضرّ بكثير من الناس في برّهم وبحرهم ويخلص ذلك إلى أنفسهم وأموالهم فيشكوها منهم الشاكون ويتأذّى بها المتأذّون ولا يزيلها ذلك عن منزلتها التي جعلها اللّه بهم وأمرها الذي سخرها له من قوام عباده وتمام نعمته. ومثل الشتاء والصيف اللذين جعل اللّه حرّهما وبردهما صلاحاً للحرث والنسل ونتاجاً للحب والثمر، يجمعهم البرد بإذن الّله ويحملها ويخرجها الحرّ باذن اللّه وينضجها مع سائر ما يعرف من منافعها، وقد يكون الأذى والضرّ في حرّهما وبردهما وسمائمهما وزمهريرهما وهما مع ذلك لا ينسبان إلا إلى الخير والصلاح. ومن ذلك الليل الذي جعله اللّه سكناً ولباساً وقد يستوحش له أخو القفر، وينازع فيه ذو البليّة والرّيبة وتعدو فيه السّباع وتنساب فيه الهوامّ ويغتنمه أهل الّسرق والسّلّة، ولا يزري صغير ضرره بكثير نفعه، ولا يلحق به ذمّا ولا يضع عن الناس الحقّ في الشكر اللّه على ما منّ به عليهم منه. ومثل النهار الذي جعله اللّه ضياء ونشوراً وقد يكون على الناس أذى الحرّ في قيظهم وتصبّحهم فيه الحروب والغارات ويكون فيه النّصب والشّخوص وكثير مما يشكوه الناس ويستريحون فيه إلى الليل وسكونه. ولو أن الدنيا كان شيءٌ من سرّائهم يعم عامة أهلهم بغير ضرر على بعضهم وكانت نعماؤهم بغير كدر وميسورها من غير معسور كانت الدنيا إذاً هي الجنة التي لا يشوب مسرتها مكروه ولا فرحها ترحٌ والتي ليس فيهم نصب ولا لغوب، فكل جسيم من أمر الدنيا يكون ضرّه خاصةً فهو نعمةٌ عامة، وكل شيء منه يكون نفعه خاصاً فهو بلاءٌ عام ».
وكان يقال: « السلطان والدين أخوان لا يقوم أحدهما إلا بالآخر ».
لبعض الملوك
وقرأت في التاج لبعض الملوك: « هموم الناس صغار وهموم الملوك كبار وألباب الملوك مشغولة بكل شيء يجلّ وألباب السّوق مشغولة بأيسرالشيء، فالجاهل منهم يعذر نفسه بدعة ما هو عليه من الرّسلة ولا يعذر سلطانه مع شدّة ما هو فيه من المؤونة، ومن هناك يعزّر اللّه سلطانه ويرشده وينصره ».
سمع زياد رجلاً يسب الزمان فقال: « لو كان يدري ما الزمان لعاقبته، إنما الزمان هو السلطان كانت الحكماء تقول: « عدل السلطان أنفع للرعية من خصب الزمان »
وروىالهيثم عن ابن عيّاش عن الشّعبي قال: « أقبل معاوية ذات يوم على بني هاشم فقال: يا بني هاشم، ألاتحدّثوني عن ادعائكم الخلافة دون قريش بم تكون لكم أبالرضا بكم أم بالإجتماع عليكم دون القرابة أم بالقرابة دون الجماعة أم بهما جميعاً? فإن كان هذا الأمر بالرضا والجماعة دون القرابة فلا أرى القرابة أثبتت حقاً ولا أسّست ملكاً، وإن كان بالقرابة دون الجماعة والرضا فما منع العباس عمّ النبي ووارثه وساقي الحجيج وضامن الأيتام أن يطلبها وقد ضمن له أبو سفيان بني عبد مناف، وإن كانت الخلافة بالرضا والجماعة والقرابة جميعاً فإن القرابة خصلة من خصال الإمامة لا تكون الإمامة بها وحدها وأنتم تدّعونها بهم وحدها، ولكنا نقول: أحق قريش بهم من بسط الناس أيديهم إليه بالبيعة عليهم ونقلوا أقدامهم إليه الرغبة وطارت إليه أهواؤهم للثقة وقاتل عنها بحقها فأدركها من وجههم. إن أمركم لأمرٌ تضيق به الصدور، إذا سئلتم عمّن اجتمع عليه من غيركم قلتم حقٌّ. فإن كانوا اجتمعوا على حقّ فقد أخرجكم الحقّ من دعواكم. انظروا: فإن كان القوم أخذوا حقكم فاطلبوهم، وإن كانوا أخذوا حقّهم فسّلموا إليهم فإنه لا ينفعكم أن تروا لأنفسكم ما لا يراه الناس لكم. فقال ابن عباس: ندّعي هذا الأمر بحقّ من لولا حقّه لم تقعد مقعدك هذا، ونقول كان ترك الناس أن يرضوا بنا ويجتمعوا عليّنا حقًّا ضيعوه وحظًّا حرموه، وقد اجتمعوا على ذي فضل لم يخطىء الورد والصّدر، ولا ينقص فضل ذي فضلٍ فضل غيره عليه. قال اللّه عز وجل: « ويؤت كلّ ذي فضلٍ فضله »، فأما الذي منعنا من طلب هذا الأمر بعد رسول الله فعهدٌ منه إلينا قبلنا فيه قوله ودنّا بتأويله، ولو أمرنا أن نأخذه على الوجه الذي نهم نا عنه لأخذناه أو أعذرنا فيه، ولا يعاب أحد على ترك حقه إنما المعيب من يطلب ما ليس له، وكل صواب نافع وليس كل خطأ ضارّاً، انتهت القضية إلى داود وسليمان فلم يفهّمهم داود وفهّمهم سليمان ولم يضرّ داود. فأما القرابة فقد نفعت المشرك وهي للمؤمن أنفع، قال رسول اللّه: « أنت عمّي وصنو أبي ومن أبغض العباس فقد أبغضني، وهجرتك آخر الهجرة كما أن نبوّتي آخر النبوّة وقال لأبي طالب عند موته: « يا عم قل لا إله إلا اللّه أشفع لك بهم غداً وليس ذاك لأحد من الناس. قال اللّه تعالى: « وليست التّوبة للّذين يعملون السّيّئات حتى إذا حضر أحدهم الموت قال إنّي تبت الآن ولا الّذين يموتون وهم كفّارٌ أولئك أعتدنا لهم عذاباً أليماً ».
لكسرى
حدّثنا الرياشيّ عن أحمد بن سلاّم مولى ذفيف عن مولى يزيد بن حاتم عن شيخ له قال: قال كسرى: « لا تنزل ببلد ليس فيه خمسة أشياء: سلطان قاهر، وقاض عادل، وسوق قائمة، وطبيب عالم، ونهرٌ جارٍ ».
وحدّثنا الرياشيّ قال: حدّثنا مسلم ابن ابراهيم قال: حدّثنا القاسم بن الفضل قال: حدّثنا ابن اخت العجاج عن العجاج قال: « قال لي أبو هريرة: ممن أنت? قال: قلت من أهل العراق. قال: يوشك أن يأتيك بقعان الشأم فيأخذوا صدقتك فإذا أتوك فتلقّهم بهم فإذا دخلوهم فكن في أقاصيهم وخلّ عنهم وعنهم. وإيّاك أن تسبّهم فإنك إن سببتهم ذهب أجرك وأخذوا صدقتك وإن صبرت جاءتك في ميزانك يوم القيامة »، وفي رواية أخرى أنه قال: « إذا أتاك المصدّق فقل: خذ الحق ودع الباطل، فإن أبى فلا تمنعه إذا أقبل فلا تلعنه إذا أدبر فتكون عاصياً خفّف عن ظالم ».
وكان يقال: « طاعة السلطان على أربعة أوجه: على الرغبة، والرهبة، والمحبة، والديانة ».
كتاب من أردشير إلى جميع الطوائف من رعيته
وقرأت في بعض كتب العجم كتباً لأردشير بن بابك إلى الرعية، نسخته: « من أردشير الموبذ ذي البهاء ملك الملوك ووارث العظماء، إلى الفقهاء الذين هم حملة الدين، والأساورة الذين هم حفظة البيضة، والكتاب الذين هم زينة المملكة، وذوي الحرث الذين هم عمرة البلاد. السلام عليكم، فإنا بحمد اللّه صالحون وقد وضعنا على رعيتنا بفضل رأفتنا إتاوتها الموظّفة عليهم. ونحن مع ذلك كاتبون إليكم بوصية: لا تستشعروا الحقد فيدهمكم العدوّ، ولا تحتكروا فيشملكم القحط، وتزوّجوا في القرابين فإنه أمسّ للرحم وأثبت للنسب، ولا تعدّوا هذه الدنيا شيئاً فإنها لا تبقى على أحد ولا ترفضوها مع ذلك فإن الآخرة لا تنال إلا بها ».
نصيحة أرسطاطاليس إلى الاسكندر
وقرأت كتاباً من أرسطاطاليس إلى الاسكندر وفيه: « املك الرعية بالإحسان إليها تظفر بالمحبة منها، فإن طلبك ذلك منهم باحسانك هو أدوم بقاءً منه باعتسافك، واعلم أنك إنما تملك الأبدان فتخطّهم إلى القلوب بالمعروف، واعلم أن الرعية إذا قدرت على أن تقول، قدرت على أن تفعل، فاجهد ألا تقول تسلم من أن تفعل ».
كلمة لملك العجم
وقرأت في كتاب الآيين أن بعض ملوك العجم قال في خطبة له: « إني إنما أملك الأجساد لا النيات وأحكم بالعدل لا بالرضا وأفحص عن الاعمال لا عن السرائر ».
ونحوه قول العجم: « أسوس الملوك من قاد أبدان الرعية إلى طاعته بقلوبها ».
وقالوا: «  لا ينبغي للوالي أن يرغب في الكرامة التي ينالهم من العامة كرهاً ولكن في التي يستحقهم بحسن الأثر وصواب الرأي والتدبير ».
حدّثنا الرياشيّ عن أحمد بن سلام عن شيخه له قال: « كان أنوشروان إذا ولّى رجلاً أمر الكاتب أن يدع في العهد موضع أربعة أسطر ليوقّع فيه بخطه فإذا أتي بالعهد وقّع فيه: سس خيار الناس بالمحبة وامزج للعامة الرغبة بالرهبة وسس سفلة الناس بالإخافة ».
قال المدائني: « قدم قادم على معاوية بن أبي سفيان فقال له معاوية: هل من مغرّبة خبر? قال: نعم، نزلت بماء من مياه الأعراب فبينا أنا عليه إذ أورد أعرابي إبله فلما شربت ضرب على جنوبهم وقال عليك زياداً. فقلت له: ما أردت بهذا? قال: هي سدًى، ما قام لي بهم راعٍ مذ ولي زياد. فسرّ ذلك معاوية وكتب به إلى زياد ».
كلمة لعبد الملك بن مروان
قال عبد الملك بن مروان: « أنصفونا يا معشر الرعية، تريدون منا سيرة أبي بكر وعمر! ولا تسيرون فينا ولا في أنفسكم بسيرة رعية أبي بكر وعمر! نسأل اللّه أن يعين كلاً على كل ».
لعمر بن الخطاب ولابن عبد العزيز
قال عمر بن الخطاب: « إن هذا الأمر لا يصلح له إلا اللّين في غير ضعف والقويّ في غير عنف ».
وقال عمر بن عبد العزيز: « إني لأجمع أن أخرج للمسلمين أمراً من العدل فأخاف أن لا تحتمله قلوبهم فأخرج معه طمعاً من طمع الدنيا، فإن فرت القلوب من هذا سكنت إلى هذا ».
لمعاوية في سياسة الرغبة
قال معاوية: « لا أضع سيفي حيث يكفيني سوطي ولا أضع سوطي حيث يكفيني لساني، ولو أن بيني وبين الناس شعرةً ما انقطعت. قيل: وكيف ذاك? قال: كنت إذا مدّوها خلّيتها وإذا خلّوها مددتهم ».
للشعبي وعمر في معاوية
ونحو هذا قول الشّعبي فيه: « كان معاوية كالجمل الطّبّ، إذا سكت عنه تقدّم وإذا ردّ تأخروقول عمر فيه: « احذروا آدم قريش وابن كريمهم ، من لا ينام إلا على الرضا ويضحك في الغضب ويأخذ ما فوقه من تحته ».
وأغلظ له رجل فحلم عنه فقيل له: أتحلم عن هذا? فقال: « إني لا أحول بين الناس وبين ألسنتهم ما لم يحولوا بيننا وبين سلطاننا ».
كان يقال: « لا سلطان إلا برجال ولا رجال إلا بمال ولا مال إلا بعمارة ولا عمارة إلا بعدل وحسن سياسة ».
قال زياد: « أحسنوا إلى المزارعين فإنكم لا تزالون سماناً ما سمنوا ».
كتاب الحجاج إلى الوليد بن عبد الملك يشرح له سيرته
وكتب الوليد إلى الحجاج يأمره أن يكتب إليه بسيرته فكتب إليه: « إني أيقظت رأيي وأنمت هواي، فأدنيت السيد المطاع في قومه، ووليت الحرب الحازم في أمره، وقلّدت الخراج الموفرّ لأمانته، وقسمت لكل خصم من نفسي قسماً يعطيه حظّاً من نظري ولطيف عنايتي، وصرفت السيف إلى النّطف المسيء، والثواب إلى المحسن البريء فخاف المريب صولة العقاب، وتمسك المحسن بحظه من الثواب ».
وكان يقول لأهل الشام: « إنما أنا لكم كالظّليم الرائح عن فرخه: ينفي عنها القذر ويباعد عنها الحجر ويكنّها من المطر ويحميها من الضّباب ويحرسها من الذئاب. يا أهل الشأم أنتم الجنّة والرداء وأنتم العدّة والحذاء ».
رد معاوية على سليم مولى زياد
فخر سليم مولى زياد بزياد عند معاوية فقال معاوية: « اسكت ما أدرك صاحبك شيئاً قطّ بسيفه إلا وقد أدركت أكثر منه بلساني ».
تعريف عبد الملك للسياسة
وقال الوليد لعبد الملك: يا أبت ما السياسة? قال: « هيبة الخاصّة مع صدق مودّتها واقتياد قلوب العامة بالإنصاف لها واحتمال هفوات الصّنائع ».
وفي كتب العجم: « قلوب الرعية خزائن ملوكهم فما أودعتهم من شيء فلتعلم أنه فيها ».
ووصف بعض الملوك سياسته فقال: « لم أهزل في وعد ولا وعيد ولا أمر ولا نهي ولا عاقبت للغضب واستكفيت على الجزاء وأثبت على العناء لا الهوى، وأودعت القول هيبة لم يشبهم مقت وودّا لم تشبه جرأة وعمّمت بالقوت ومنعت الفضول ».
وصية أبرويز لابنه شيرويه
وقرأت في كتاب التاج: قال أبرويز لابنه شيرويه وهو في حبسه: « لا توسعنّ على جندك فيستغنوا عنك ولا تضيقنّ عليهم فيضجّوا منك، أعطهم عطاء قصداً وامنعهم منعاً جميلاً ووسّع عليهم في الرجاء ولا توسّع عليهم في العطاء ».
ونحوه قول المنصور في مجلسه لقوّاده: صدق الأعرابي حيث يقول: أجع كلبك يتبعك. فقام أبو العباس الطّوسي فقال: يا أمير المؤمنين أخشى أن يلوّح له غيرك برغيف فيتبعه ويدعك.
وصية عمر للأشعري
وكتب عمر إلى أبي موسى الأشعريّ: « أما بعد، فإن للناس نفرة عن سلطانهم فأعوذ باللّه أن تدركني وإياك عمياء مجهولة وضغائن محمولة، أقم الحدود ولو ساعة من نهار، وإذا عرض لك أمران: أحدهما اللّه، والآخر للدينا فآثر نصيبك من اللّه فإن الدنيا تنفد والآخرة تبقى، وأخيفوا الفسّاق وأجعلوهم يداً يداً ورجلاً رجلاً، وعد مرضى المسلمين واشهد جنائزهم وافتح لهم بابك وباشر أمورهم بنفسك فإنما أنت رجل منهم غير أن اللّه جعلك أثقلهم حملاً، وقد بلغني أنه قد فشا لك ولأهل بيتك هيئة في لباسك ومطعمك ومركبك ليس للمسلمين مثلهم ، فإياك يا عبد اللّه أن تكون بمنزلة البهيمة مرّت بوادٍ خصيب فلم يكن لهم همٌّ إلا السّمن وإنما حتفهم في السمن، واعلم أن العامل إذا زاغ زاغت رعيّته، وأشقى الناس من شقي الناس به، والسلام ».
لعبد اللّه بن زبير في معاوية
هشام بن عروة قال: « صلى يوماً عبد اللّه بن الزبير فوجم بعد الصلاة ساعة فقال الناس: لقد حدّث نفسه. ثم التفت إلينا فقال: لا يبعدنّ ابن هند! إن كانت فيه لمخارج لا نجدهم في أحد بعده أبدا. واللّه إن كنا لنفرّقه وما الليث الحرب على براثنه بأجرأ منه فيتفارق لنا. وإن كنا لنخدعه وما ابن ليلةٍ من أهل الأرض بأدهى منه فيتخادع لنا، واللّه لوددت أنّا متّعنا به ما دام في هذا حجر - وأشار إلى قبيس - لا يتخوّن له عقل ولا تنتقص له قوّة. قلنا: أوحش واللّه الرجل. قال: وكان يصل بهذا الحديث: وكان واللّه كما كان العذري:
ركوب المنابر وثّابهـم        معنٌّ بخطبته مجهـر
نريع إليه هوادي الكلام        إذا خطل النثر المهمر
حدّثني أبو حاتم قال: حدّثنا الأصمعيّ قال: حدّثنا جد سران، وسران عمّ الأصمعيّ قال: « كلم الناس عبد الرحمن بن عوف أن يكلم عمر بن الخطاب في أن يلين لهم فإنه قد أخافهم حتى إنه قد أخاف الأبكار في خدورهنّ. فقال عمر: إني لا أجد لهم إلا ذلك، إنهم لو يعلمون ما لهم عندي لأخذوا ثوبي من عاتقي ».
قال: وتقدمت إليه امرأة فقالت: « يا أبا عقر حفص، اللّه لك. فقال: ما لك أعقرت? أي دهشت، فقالت: صلعت فرقتك.
قال أشجع السلميّ في إبراهيم بن عثمان:
لا يصلح السـلـطـان إلا شـدّةٌ        تغشى البريء بفضل ذنب المجرم
ومن الولاة مـقـحّـمٌ لا يتّـقـى        والسيف تقطر شفرتاه من الـدم
منعت مهم بتكن النفوس حديثهـم        بالأمر تكرهه وإن لـم تـعـلـم
كان يقال: « شر الأمراء أبعدهم من القرّاء، وشر القرّاء أقربهم من الأمراء ».
كتب عامل لعمر بن عبد العزيز على حمص إلى عمر: « إن مدينة حمص قد تهدّم حصنهم ، فإن رأى أمير المؤمنين أن يأذن لي في إصلاحهفكتب إليه عمر: « أمّا بعد، فحصّنهم بالعدل، والسلام ».
لأعرابي في أميرٍ عادل
ذكر أعرابي أميراً فقال: « كان إذا ولي لم يطابق بين جفونه وأرسل العيون على عيونه، فهو غائب عنهم شاهد معهم، فالمحسن راج والمسيء خائف ».
كلمة لجعفر بن يحيى
كان جعفر بن يحيى يقول: « الخراج عمود الملك وما استغزر بمثل العدل ولا استنزر بمثل الظلم ».
وصية أردشير لابنه
وفي كتاب من كتب العجم أن أردشير قال لابنه: « يا بني، إن الملك والدين أخوان لا غنى بأحدهما عن الآخر، فالدين أسٌّ والملك حارس، وما لم يكن له أسّ فمهدوم وما لم يكن له حارس فضائع. يا بني، اجعل حديثك مع أهل المراتب وعطيتك لأهل الجهاد وبشرك لأهل الدين وسرّك لمن عناه ما عناك من أرباب العقول ».
وكان يقال: « مهما كان في الملك فلا ينبغي أن تكون فيه خصال خمس: لا ينبغي أن يكون كذاباً فإنه إذا كان كذاباً فوعد خيراً لم يرج أو أوعد بشرٍّ لم يخف، ولا ينبغي أن يكون بخيلاً فإنه إن كان بخيلاً لم يناصحه أحد ولا تصلح الولاية إلا بالمناصحة، ولا ينبغي أن يكون حديداً فإنه إذا كان حديداً مع القدرة هلكت الرعية، ولا ينبغي أن يكون حسوداً فإنه إذا كان حسوداً لم يشرّف أحداً ولا يصلح الناس إلا على أشرافهم، ولا ينبغي أن يكون جباناً فإنه إذا كان جباناً ضاعت ثغوره واجترأ عليه عدوه ».
كلمة معاوية لابنة عثمان
وقدم معاوية المدينة فدخل دار عثمان فقالت عائشة بنت عثمان: واأبتاه، وبكت. فقال معاوية: « يا ابنة أخي إنّ الناس أعطونا طاعة وأعطيناهم أماناً، وأظهرنا لهم حلماً تحته غضب وأظهروا لنا طاعة تحتهم حقد ومع كل إنسان سيفه وهو يرى مكان أنصاره، فإن نكثنا بهم نكثوا بنا ولا ندري أعليّنا تكون أم لنا،ولأن تكوني بنت عمّ أمير المؤمنين خيرٌ من أن تكوني آمرأة من عرض المسلمين
من عبد اللّه بن عباس إلى الحسن بن عليّ
كتب عبد اللّه بن عباس إلى الحسن بن عليّ: » إنّ المسلمين ولّوك أمرهم بعد عليّ فشمّر للحرب وجاهد عدوك ودار أصحابك وآشتر من الظّنين دينه بما لا يثلم دينك، وولّ أهل البيوتات والشرف تستصلح بهم عشائرهم حتى تكون الجماعة، فإن بعض ما يكره الناس، ما لم يتعدّ الحق وكانت عواقبه تؤدي إلى ظهور العدل وعز الدين، خيرٌ من كثير مما يحبون إذا كانت عواقبه تدعو إلى ظهور الجور ووهن الدين ».
حدّثني محمد بن عبيد عن معاوية بن عمرو عن أبي إسحاق عن الأعمش عن إبراهيم قال: »كان عمر إذا قدم عليه الوفد سألهم عن حالهم وأسعارهم وعمن يعرف من أهل البلاد وعن أميرهم هل يدخل عليه الضعيف? وهل يعود المريض? فإن قالوا نعم، حمد اللّه تعالى، وإن قالوا لا، كتب إليه أقبل ».
اختيار العمال
وصية أبو بكر الصديق عند وفاته
روي أن بكر الصديق رضي اللّه عنه لمّا حضرته الوفاة كتب عهداً فيه: « بسم اللّه الرحمن الرحيم، هذا ما عهد أبو بكر خليفة رسول الّله عند آخر عهده بالدنيا وأوّل عهده بالآخرة، في الحال التي يؤمن فيهم الكافر ويتّقي فيهم الفاجر: إني استعملت عمر بن الخطاب فإن برّ وعدل فذلك علمي به، وإن جار وبدّل فلا علم لي بالغيب، والخير أردت، ولكل امرىء ما اكتسب « وسيعلم الّذين ظلموا أيّ منقلب ينقلبون ».
من وصايا أبرويز إلى ابنه شيرويه
وفي التاج أن أبرويز كتب إلى ابنه شيرويه من الحبس: « ليكن من تختاره لولايتك آمرأ كان في ضعة فرفعته، أوذا شرف وجدته مهتضماً فأصطنعته، ولاتجعله آمرأ أصبته بعقوبة فآتّضع عنهم ولا أطاعك بعد ما اذللته ولا أحداً ممن يقع في خلدك أن إزالة سلطانك أحبّ له من ثبوته،وإياك أن تستعمله ضرعاً غمراً كثر إعجابه بنفسه وقلت تجاربه في غيره، ولا كبيراً مدبراً قد أخذ الدهر من عقله كما اخذت السنّ من جسمه
شعر للقيط
وقال لقيط في هذا المعنى:
فقّـلـدوا أمـركـم الـلّـه درّكـم        رحب الذراع بامر الحرب مضطلعاً
لا مترفا إن رخاء العيش سـاعـده        ولا إذا عضّ مكروهٌ به خـشـعـا
ما زال يحلب درّالدهـر أشـطـره        يكون متّبعـاً يومـاً ومـتّـبـعـا
حتى آستمرّت على شزرٍ مريريتـه        مستحكم السنّ لا فخماً ولا ضرعـاً
من الأمثال في الرجل المجرّب
و يقال في مثل: « رأي الشيخ خير من مشهد الغلام ومن أمثال العرب أيضاًفي المجرّب: « العوان لا تعلّم الخمرة
لبعض الخلفاء في الربيع بن زياد
قال بعض الخلفاء: دلوني على رجل أستعمله على أمر قد أهمّني. قالوا: كيف تريده? قال: « إذا كان في القوم وليس أميرهم كان كأنه أميرهم وإذا كان أميرهم كان كأنه رجل منهم قالوا: لا نعلمه إلا الربيع بن زياد الحارثي. قال: صدقتكم، هو لها. عبد الرحمن بن عبيد التميمي صاحب شرطة الحجاج
و روى الهيثم عن مجالد عن الشّعبي قال: قال الحجاج: دلوني على رجل للشّرط. فقيل: أيّ الرجال تريد? فقال: « أريده دائم العبوس طويل الجلوس سمين الأمانة أعجف الخيانة لا يخفق في الحق على جرّةٍ يهون عليه سبال الإشراف في الشفاعة فقيل له: عليك بعبد الرحمن بن عبيد التميمي. فأرسل إليه يستعمله، فقال له: لست أقبلهم إلا أن تكنفيني عيالك وولدك وحاشيتك. قال: يا غلام، ناد في الناس: من طلب إليه منهم حاجة فقد برئت منه الذمة. قال الشعبي: فواللّه ما رأيت صاحب شرطة قطّ مثله، كان لا يحبس إلا في دين، وكان إذا أتي برجل قد نقب على قوم وضع منقبته في بطنه حتى تخرج من ظهره، وإذا أتي بنبّاش حفر له قبراً فدفنه فيه، وإذا أتي برجل قاتل بحديدة اوشهر سلاحاً قطع يده، وإذا اتي برجل قدأحرق على قوم منزلهم أحرقه، وإذا أتي برجل يشكّ فيه وقد قيل إنه لص ولم يكن منه شيء ضربه ثلاثمائة سوط. قال: فكان ربما أقام أربعين ليلة لا يؤتى بأحد فضم إليه الحجاج شرطة البصرة مع شرطة الكوفة.
نصيحة أبرويز إلى ابنه شيرويه
وقرأت في كتاب أبرويز إلى ابنه شيرويه: « انتخب لخراجك أحد ثلاثة: إما رجلاً يظهر زهداً في المال ويدّعي ورعاً في الدين فإنّ من كان كذلك عدل على الضعيف وأنصف من الشريف ووفّر الخراج وأجتهد في العمارة، فإن هو لم يرع ولم يعفّ إبقاء على دينه ونظراً لأمانته كان حريّاً أن يخون قليلاً ويوفّر كثيراً آستسراراً بالرياء واكتتاماً بالخيانة، فإن ظهرت على ذلك منه عاقبته على ماخان ولم تحمده على ما وفّر، وإن هو جلّح في الخيانة وبارز بالرياء نكّلت به في العذاب واستنظفت ماله مع الحبس. أو رجلاً عالماً بالخراج غنياً في المال مأموناً في العقل فيدعوه علمه بالخراج إلى الاقتصاد في الحلب والعمارة للأرضين والرفق بالرعية، ويدعوه غناه إلى العفة ويدعوه عقله إلى الرغبة فيما ينفعه والرهبة مما يضره. أو رجلاً عالماً بالخراج مأموناً بالأمانة مقتراً من المال فتوسّع عليه في الرزق فيغتنم لحاجته الرزق ويستكنثر لفاقته اليسير، ويزجي بعلمه الخراج، ويعفّ بأمانته عن الخيانة ».
عمر بن عبد العزيز وأهل العذر
استشار عمر بن عبد العزيز في قوم يستعملهم، فقال له بعض أصحابه: عليك بأهل العذر. قال: ومن هم? قال: الذين إن عدلوا فهو ما رجوت منهم، وإن قصّروا قال الناس: قد اجتهد عمر.
حديث عدي بن ارطأة مع إياس بن معاوية
فيمن يصلح للولاية من القراء
قال عدي بت أرطاة لإياس بن معاوية: دلّني على قوم من القراء أولّهم. فقال له: القرّاء ضربان: فضرب يعملون للآخرة ولا يعملون لك، وضرب يعملون للدّنيا فما ظنّك بهم إذا أنت ولّيتهم فمكّنتهم منهم ? قال: فما أصنع? قال: عليك بأهل البيوتات الذين يستحيون لأحسابهم فولّهم.
بين الرشيد ورجل أراد توليته القضاء
أحضر الرشيد رجلاً ليولّيه القضاء فقال له: إني لا أحسن القضاء ولا أنا فقيه.قال الرشيد: فيك ثلاث خلال: لك شرف والشرف يمنع صاحبه من الدناءة. ولك حلم يمنعك من العجلة، ومن لم يعجل قلّ خطؤه. وأنت رجل تشاور في أمرك ومن شاور كثر صوابه، وأما الفقه فسينضم إليك من تتفقّه به. فولي ماوجدوا فيه مطعناً.
حديث عمر بن هبيرة مع إياس بن معاوية
حين أراد ابن هبيرة توليته
حدّثني سهل بن محمد قال:حدّثنا الأصمعيّ قال: حدّثني صالح بن رستم أبو عامر الخزّار قال: قال لي إياس بن معاوية المزنيّ: أرسل إليّ عمر بن هبيرة فأتيته فساكتني فسكتّ، فلما أطلت قال: إيهٍ. قلت: سل عما بدا لك. قال: أتقرأ القرآن? قلت نعم. قال: هل تفرض الفرائض? قلت نعم. قال:فهل تعرف من أيام العرب شيئاً? قلت نعم. قال: فهل تعرف من أيام العجم شيئاً? قلت: أنا بهم أعلم. قال: إني أريد أن أستعين بك. قلت: إن فيّ ثلاثاً لا أصلح معهن للعمل. قال: ماهن? قلت: أنا دميم كما ترى، وأنا حديد، وأنا عيٌّ. قال: أما الدمامة فإني لا اريد أن أحاسن بك الناس، وأمّا العيّ فإني أراك تعبر عن نفسك، وأمّا سوء الخلق فيقوّمك السوط. قم، قد وليتك. قال: فولاني وأعطاني ألفي درهم فهما أول مال تموّلته.
من كتاب للهند في السلطان الحازم
قرأت في كتاب للهند: « السلطان الحازم ربما أحب الرجل فأقصاه وآطّرحه مخافة ضره، فعل الذي تلسع الحية إصبعه فيقطعهم لئلا ينتشر سمّها في جسده، وربما أبغض الرجل فأكره نفسه على توليته وتقريبه لغناء يجده عنده كنكاره المرء على الدواء البشع لنفعه ».
كلمة للمأمون في مدح الرجال
حدّثني المعلّى بن أيوب قال: سمعت المأمون يقول: « من مدح لنا رجلاً فقد تضمّن عيبه ».
باب صحبة السلطان وآدابهم وتغير السلطان وتلوّنه
وصية العباس لابنه عبد اللّه
حدّثني محمد بن عبيد قال: حدّثنا أبو أسامة عن مجالد الشّعبي عن عبد اللّه بن عباس قال: قال لي أبي: « يا بنيّ إني أرى أمير المؤمنين يستخليك ويستشيرك ويقدّمك على الأكابر من أصحاب رسول اللّه صلى الله عليه وسلم، وإني أوصيك بخلال أربع: لا تفشينّ له سرّاً، ولا يجرّبنّ عليك كذباً، ولا تغتابن عنده أحداً، ولا تطو عنه نصيحةقال الشّعبي: قلت لابن عباس: كل واحد خير من الف. إي واللّه ومن عشرة آلاف.
كان يقال: « إذا جعلك السلطان أخا فاجعله أبا، وإن زادك فزده ».
نصيحة زياد لابنه
قال زياد لابنه: « إذا دخلت على أمير المؤمنين فادع له ثم اصفح صفحاً جميلاً، ولا يرينّ منك تهلكاً عليه ولا انقباضاً عنه ».
كلمة لمسلم بن عمرو في خدمة السلطان
قال مسلم بن عمرو: « ينبغي لمن خدم السلطان ألا يغترّ بهم إذا رضوا عنه ولا يتغير لهم إذا سخطوا عليه ولا يستثقل ما حمّلوه ولا يلحف في مسالتّهم ».
من كتاب للهند في صحبة السلطان ولزوم بابه
وقرأت في كتاب للهند: « صحبة السلطان على ما فيهم من العز والثروة عظيمة الخطار، وإنما تشبّه بالجبل الوعر فيه الثمار الطيبة والسباع العادية، فالارتقاء إليه شديد والمقام فيه أشدّ، وليس يتكافأ خير السلطان وشره لأنّ خير السلطان لا يعدو مزيد الحال، وشر السلطان قد يزيل الحال ويتلف النفوس التي لها طلب المزيد، ولا خير في الشيء الذي سلامته مال وجاه وفي نكبته الجائحة والتلف ».
وقرأت فيه: « من لزم باب السلطان بصبر جميل وكظم للغيظ واطّرح للأنفة، وصل إلى حاجته ».
وقرأت فيه: « السلطان لا يتوخى بكرامته الأفضل فالأفضل ولكن الأدنى فالأدنى كالكرم لا يتعلق بأكرم الشجر ولكن بأدناهم منه ».
كلام العرب
وكانت العرب تقول: « إذا لم تكن من قربان الأمير فكن من بعدانه ».
لابن المقفع في صحبة السلطان
وقرأت في آداب ابن المقفع: « لا تكوننّ صحبتك للسلطان إلا بعد رياضة منك لنفسك عن طاعتهم في المكروه عندك وموافقتهم فيما خالفك وتقدير الأمور على أهوائهم دون هواك، فإن كنت حافظاً إذا ولّوك، حذراً إذا قرّبوك، أميناً إذا ائتمنوك، تعلمهم وكأنك تتعلم منهم، وتؤدبهم وكأنك تتأدب بهم، وتشكر لهم ولا تكلفهم الشكر، ذليلاً إن صرموك، راضياً إن أسخطوك، وإلا فالبعد منهم كلّ البعد والحذر منهم كلّ الحذر. وإن وجدت عن السلطان وصحبته غنًى فاستغن به فإنه من يخدم السلطان بحقّه يحل بينه وبين لذة الدنيا وعمل الآخرة، ومن يخدمه بغير حقه يحتمل الفضيحة في الدنيا والوزر في الآخرة ».
وقال: « إذا صبحت السلطان فعليك بطول الملازمة في غير طول المعاتبة، وإذا نزلت منه منزلة الثقة فاعزل عنه كلام الملق ولا تكنثرن له في الدعاء إلا أن تكنلمه على رؤوس الناس ولا يكوننّ طلبك ما عنده بالمسألة ولا تستبطئنّه إن أبطأ. اطلبه بالاستحقاق ولا تخبرنه أن لك عليه حقاً وأنك تعتدّ عليه ببلاء. وإن استطعت ألا ينسى حقّك وبلاءك بتجديد النصح والاجتهم فافعل. ولا تعطينه المجهود كله في أوّل صحبتك له فلا تجد موضعاً للمزيد ولكن دع للمزيد موضعاً. وإذا سأل غيرك فلا تكن المجيب. واعلم أن استلابك للكلام خفةٌ بك واستخفاف منك بالسائل والمسؤول، فما أنت قائل إن قال لك السائل: ما إياك سألت، وقال لك المسؤول: اجب أيهم المعجب بنفسه المستخفّ بسلطانه? وقال: « مثل صاحب السلطان مثل راكب الأسد يهم به الناس وهو لمركبه أهيب ».
نصيحة عبد الملك بن صالح المؤدب ولده
وقال عبد الملك بن صالح لمؤدّب ولده بعد أن اختصه لمجالسته وحادثته: « كن على التماس الحظ بالسكوت أحرص منك على التماسه بالكلام فإنهم قالوا: إذا أعجبك الكلام فاصمت وإذا اعجبك الصمت فتكنلم. يا عبد الرحمن لا تساعدني على ما يقبح بي ولا تردّنّ عليّ الخطأ في مجلسي، ولا تكلّفني جواب التشميت والتّهنئة ولا جواب السؤال والتعزية، ودع عنك كيف أصبح الأمير وأمسى. وكلّمني بقدر ما استنطقتك واجعل بدل التقريظ لي حسن الاستماع مني، واعلم أن صواب الاستماع أقل من صواب القول، وإذا سمعتني أتحدّث فأرني فهمك في طرفك وتوقّفك ولا تجهد نفسك في تطرية صوابي، ولا تستدع الزيادة من كلامي بما تظهر من استحسان ما يكون مني، فمن أسوأ حالاً ممن يستكدّ الملوك بالباطل فيدلّ على تهاونه، وما ظنك بالملك وقد أحلّك محلّ المعجب بما تسمع منه وقد أحللته محل من لا يسمع منه? وأقل من هذا يحبط إحسانك ويسقط حقّ حرمةٍ إن كانت لك. إني جعلتك مؤدّباً بعد أن كنت معلّماً وجعلتك جليساً مقرّباً بعد أن كنت مع الصبيان مباعداً ومتى لم تعرف نقصان ما خرجت منه لم تعرف رجحان ما دخلت فيه، ومن لم يعرف سوء ما يولّى لم يعرف حسن ما يبلى ».
بين أبي مسلم الخراساني والسفاح
دخل أبو مسلم على أبي العباس وعنده أبو جعفر فسلّم على أبي العباس فقال له: يا أبا مسلم، هذا أبو جعفر! فقال: يا أمير المؤمنين، هذا موضع لا يقضى فيه إلا حقك.
للفضل بن الربيع في مسألة الملوك
قال الفضل بن الربيع: « مسألة الملوك عن أحوالهم من تحيات النّوكى، فإذا أردت أن تقول: كيف أصبح الأمير، فقل: صبّح اللّه الأمير بالكرامة. وإذا أردت أن تقول: كيف يجد الأمير نفسه، فقل: أنزل اللّه على الأمير الشفاء والرحمة، فإن المسألة توجب الجواب، فإن لم يجبك اشتدّ عليك وإن اجابك اشتدّ عليه ».
لابن المقفع في ما يجب سلوكه مع السلطان
وقرأت في آداب ابن المقفع: « جانب المسخوط عليه والظّنين عند السلطان ولا يجمعنك وإياه مجلس ولا منزل ولا تظهران له عذراً ولا تثن عليه عند أحد، فإذا رأيته قد بلغ في الانتقام ما ترجو أن يلين بعده فاعمل في رضاه عنك برفق وتلطّف، ولا تسارّ في مجلس السلطان أحداً، ولا تومىء إليه بجفنك وعينك فإن السّرار يخيّل إلى كل من رآه من ذي سلطان وغيره أنه المراد به، وإذا كلّمك فاصغ إلى كلامه ولا تشغل طرفك عنه بنظر ولا قلبك بحديث نفس ».
من كتاب الهند في آداب الوزير مع السلطان
وقرأت في كتاب للهند أنه أهدي لملك الهند ثياب وحلي، فدعا بامرأتين له وخيّر أحظاهما عنده بين اللباس والحلية، وكان وزيره حاضراً، فنظرت المرأة إليه كالمستشيرة له فغمزها باللباس تغضيناً بعينه، ولحظه الملك، فاختارت الحلية لئلا يفطن للغمزة، ومكث الوزير أربعين سنة كاسراً عينه لئلا تقرّ تلك في نفس الملك وليظنّ أنه عادة أو خلقة، وصار اللباس للأخرى فلما حضرت الملك الوفاة قال لولده: توصّ بالوزير خيراً فإنه اعتذر من شيء يسير أربعين سنة.
لشبيب بن شيبة فيمن يخدم السلطان
قال شبيب بن شيبة: « ينبغي لمن ساير خليفة أن يكون بالموضع الذي إذا أراد الخليفة أن يسأله عن شيء لم يحتج إلى أن يلتفت، ويكون من ناحية إن التفت لم تستقبله الشمس. وإن سار بين يديه أن يحيد عن سنن الريح التي تؤدّي الغبار إلى وجهه ».
نصيحة ناسك لآخر
قال رجل من النساك لآخر: « إن ابتليت بأن تدخل إلى السلطان مع الناس فأخذوا في الثناء فعليك بالدعاء ».
بين المأمون ويحيى بن أكثم
قال ثمامة: كان يحيى بن أكثم يماشي المأمون يوماً في بستان موسى والشمس عن يسار يحيى والمأمون في الظل وقد وضع يده على عاتق يحيى وهما يتحادثان حتى بلغ حيث أراد ثم كرّ راجعاً في الطريق التي بدأ فيهم فقال ليحيى: كانت الشمس عليك لأنك كنت على يساري وقد نالت منك فكن الآن حيث كنت وأتحوّل أنا حيث كنت. فقال يحيى: واللّه يا أمير المؤمنين لو أمكنني أن أقيك هول المطلع بنفسي لفعلت. فقال المأمون: لا واللّه لابدٌّ من أن تأخذ الشمس مني مثل ما أخذت منك. فتحوّل يحيى وأخذ من الظل مثل الذي أخذ منه المأمون.
وقال المأمون: « أوّل العدل أن يعدل الرجل على بطانته ثم على الذين يلونهم حتى يبلغ العدل الطبقة السفلى ».للأحنف في الانقباض على السلطان
المدئني قال: قال الأحنف: « لا تنقبضوا عن السلطان ولا تهالكوا عليه فإنه من أشرف للسلطان أذراه، ومن تضرّع له أحظاه ».
لحذيفة بن اليمان في التعرض لسلطان اللّه في الأرض
حدّثني يزيد بن عمرو وقال: حدّثني محمد بن عمرو الرومي قال: حدّثنا زهير بن معاوية عن أبي إسحاق عن زيد بن يثيع، قال: قال حذيفة بن اليمان: « ما مشى قوم قطّ إلى سلطان اللّه في الأرض ليذلّوه إلا أذلّهم اللّه قبل أن يموتوا ».
لهشام بن عبد الملك في صحبة السلطان
???وفي أخبار خالد بن صفوان أنه قال: دخلت على هشام بن عبد الملك فاستدناني حتى كنت أقرب الناس منه فتنفّس ثم قال: يا خالد، لربّ خالدٍ قعد مقعدك هذا أشهى إليّ حديثاً منك. فعلمت أنه يعني خالد بن عبد اللّه. فقلت: يا أمير المؤمنين، أفلا تعيده? فقال: إن خالداً أدلّ فأملّ وأوجف فأعجف ولم يدع لراجع مرجعاً، على أنه ما سألني حاجة. فقلت: يا أمير المؤمنين، ذاك أحرى. فقال: هيهات.
إذا لنصرفت نفسي عن الشيء لم تكن        إليه بوجهٍ آخر الـدهـر تـقـبـل
بين منكة الهندي ويحيى بن خالد البرمكي
حدّثنا الفضل بن محمد بن منصور بمعنى هذا الحديث، وببعضه نهيك: اعتل يحيى بن خالد فبعث إلى منكة الهندي فقال له: ما ترى في هذه العلة? فقال منكة: داؤك كبير ودواؤه يسير وأيسر منه الشكر. وكان متفنناً. فقال له يحيى: ربما ثقل على السمع خطرة الحقّ به، فإذا كان ذلك كانت الهجرة له ألزم من المفاوضة فيه. قال منكة: صدقت ولكني أرى في الطوالع أثراً والأمد فيه قريب وأنت قسيم في المعرفة وقد نبهت، وربما تكون صورة الحركة للكوكب عقيمة ليست بذات نتاج ولكن الأخذ بالحزم أوفر حظ الطالبين. قال يحيى: للأمور منصرف إلى العواقب وما حتم لا بد من أن يقع، والمنعة بمسالمة الأيام نهزة فاقصد لما دعوتك له من هذا الأثر الموجود بالمزاج. قال منكة: هي الصفراء مازجتهم مائيةٌ من البلغم فحدّث لهم بذلك ما يحدّث اللّهب عند مماسّته رطوبة المادة من الاشتعال فخذ ماء رمّانتين فدقّهما بإهليلجة سوداء تنهضك مجلساً أو مجلسين وتسكّن ذلك التوقد الذي تجد إن شاء اللّه.
فلما كان من حديثهم الذي كان، تلّطف منكة حتى دخل على يحيى في الحبس فوجده جالساً على لبد ووجد الفضل بين يديه يمهن أي يخدم، فاستعبر منكة وقال: قد كنت ناديت لو أعرت الإجابة. قال له يحيى: أتراك علمت من ذلك شيئاً جهلته? كلا ولكنه كان الرجاء للسلامة بالبراءة من الذنب أغلب من الشّفق وكان مزايلة القدر الخطير عبئاً قلّما تنهض به الهمة. وبعد فقد كانت نعمٌ أرجو أن يكون أوّلهم شكراً وآخرهم أجراً. فما تقول في هذا الداء? قال له منكة: ما أرى له دواء أنجع من الصبر، ولو كان يفدي بمال أو مفارقة عضو كان ذلك مما يجب لك. قال يحيى: قد شكرت لك ما ذكرت فإن أمكنك تعهدنا فافعل. قال منكة: لو أمكنني تخليف الروح عندك ما بخلت بذلك، فإنما كانت الأيام تحسن لي بسلامتك. قال الفضل كان يحيى يقول: دخلنا في الدنيا دخولاً أخرجنا منهم .
من كتاب الهند في قلة وفاء السلطان لأصحابه
وقرأت في كتاب للهند: « إنما مثل السلطان في قلة وفائه للأصحاب وسخاء نفسه عمن فقد منهم مثل البغيّ والمكتّب، كلما ذهب واحد جاء بآخر ».
للعرب في وصف السلطان
والعرب تقول: « السلطان ذو عدوانٍ وذو بدوانٍ وذو تدرٍأ »، يريدون أنه سريع الإنصراف كثير البدوات هجومٌ على الأمور ».
Par Abdelkader HADOUCH عبد القادر حادوش - Publié dans : التاريخ الإسلامي العام - Ecrire un commentaire
Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /Août /2009 11:11

L'extase emplit de joie celui qui cherche en elle son repos, mais quand Dieu est présent disparaît l'extase. Mon extase m'avait emplie de joie, mais ce que je trouvais au cœur de l'extase m'a captivé au point de me détourner de la vue même de l'extase.

Al-Junayd, philosophe et mystique musulman , Kitab al-ta' arruf.

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Je suis l'atome, je suis le globe du Soleil,

A I'atome, je dis: demeure. Et au soleil : arrete-toi.

Je suis la lueur de l'aube, je suis l'haleine du soir,

Je suis le murmure du bocage, la masse ondoyante de la mer.

Je suis l'etincelle de la pierre, l'oeil d'or du metal...

Je suis a la fois le nuage et la pluie, j'ai arrose la prairie.

Rumi, poète mystique persan, le grand livre de la sagesse

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J'atteignis l'esplanade du non-être, et je ne cessai d'y voler dix ans, [ ...]

J'atteignis alors le tawhid, dans le distancement de la création d'avec l'initié [Bistami lui-même], et dans le distancement de l'initié d'avec la création.

Bistami, philosophe et mystique musulman.

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Celui qui s'est montré généreux dans l'octroi de l'extase, d'autant plus libéral sera t'il pour accorder les dons et vertus qui anéantissent l'extase. Lorsqu'il commença à m'envoyer l'extase, je connus avec certitude que celui qui était libéral à mon égard tiendrait jusqu'au bout ses merveilleux engagements.

Abu Bakr Kalabadhi, philosophe et mystique musulman, Islam, Kitab al - ta' arruf.

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Les états d'extase divine, c'est Dieu qui les provoque tout entiers, quoique la sagacité des maîtres défaille à le comprendre. L'extase c'est une incitation, puis un regard [de Dieu] qui croit et flambe dans les consciences. Lorsque Dieu vient l'habiter aussi, la conscience double d'acuité, et trois phases s'offrent alors aux voyants :

Celle où la conscience est encore extérieure à l'essence de l'extase,

Celle où elle devient spectatrice étonnée,

Celle où la ligature du sommet de la conscience s'opère,

elle se tourne alors vers une face dont le regard la ravit à tout autre spectacle.

Hallaj, philosophe et mystique irannien, Diwan. 

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Le tajrid, c'est ne posséder rien

Le tafrid, c'est n'être possédé par rien.

Abu Bakr Kalabadhi, philosophe et mystique musulman, Manuel de Khalabadhi. 

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Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé.

Rumi, poète mystique persan, Odes mystiques.

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Si tu hésites entre deux choses, choisis la plus déplaisante à ton âme passionnelle, et suis-là ; en effet ne lui déplaît que ce qui est juste.

Ibn' Ata' Allah, philosophe et mystique musulman, al-Hikam.

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Au delà du bien faire et du mal faire existe un espace. C'est là que je te rencontrerais.

Rumi, poète mystique persan, poèmes.

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Ayant bu des mers entières, nous restons tout étonnés que nos lèvres soient encore aussi sèches que des plages, et toujours cherchons la mer pour les y tremper sans voir que nos lèvres sont les plages et que nous sommes la mer.

Attâr, poète mystique soufi perse, Attâr, poète mystique soufi perse.

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Le clair de lune pénètre dans la pièce à la mesure de l'ouverture,

même si sa lumière se répand partout, de l'orient à l'occident.

Rumi, poète mystique persan, Odes mystiques - divan E Shams E Tabrizi.

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Je suis arrivé dans un désert où l'amour apparaît.

Rumi, poète mystique persan, Odes mystiques - "Divân-E Shams-E Tabrîzî.

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Recherche le royaume de l'Amour

Car ce royaume te fera échapper à l'ange de la mort.

Rumi, poète mystique persan, Odes mystiques.

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Par quel moyen a tu obtenu la connaissance?

Par un moi nu et un ventre vide

Bistami, philosophe et mystique musulman, le grand livre de la sagesse.

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Je suis l'atome, je suis le globe du Soleil,

A I'atome, je dis: demeure. Et au soleil : arrete-toi.

Je suis la lueur de l'aube, je suis l'haleine du soir,

Je suis le murmure du bocage, la masse ondoyante de la mer.

Je suis l'étincelle de la pierre, l'œil d'or du métal...

Je suis a la fois le nuage et la pluie, j'ai arrose la prairie.

Rumi, poète mystique persan, le grand livre de la sagesse.

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Heureux le moment ou nous serons assis dans le palais

Toi et moi,

Avec deux formes et deux visages, mais une seule âme

Toi et moi.

Les couleurs du bosquet et les voix des oiseaux

conféreront l'immortalité

Au moment ou nous entrerons dans le jardin

Toi et moi.

Les étoiles du ciel viendront nous regarder;

Nous leur montrerons la lune elle-même

Toi et moi.

Toi et moi,

Libères de nous-mêmes, serons unis dans l'extase,

Joyeux et sans vaines paroles

Toi et moi.

Les oiseaux du ciel au brillant plumage

Auront le cœur dévore d'envie.

Dans ce lieu ou nous ferons si gaiement

Toi et moi.

Mais la grande merveille

C'est que toi et moi, blottis dans le même nid,

Nous nous trouvions en cet instant

L'un en Iraq, et l'autre en Khorastant

Toi et moi

Rumi, poète mystique persan, le grand livre de la sagesse.

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Purifie-toi des attributs ; du moi, afin de pouvoir contempler ta propre essence pure et contemple dans ton propre cœur toutes les sciences des prophètes, sans livres, sans professeurs, sans maîtres

Rumi, poète mystique persan, le grand livre de la sagesse.

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C'est que le cœur se trouve apte à recevoir l'irradiation de la Réalité suprême qui est en toutes choses.

Rien en effet ne peut s'interposer entre le cœur et les choses si ce n'est l'un des cinq motifs que nous avons indiqués (la défiance du cœur lui même ; la ternissure des péchés et la rouille des passions ; tout ce qui peut distraire de la vérité ; les préjugés ; l'ignorance de l'endroit où se trouve l'objet cherché). Et c'est comme un voile qui s'interpose entre le miroir du cœur et la tablette gardée sur laquelle est gravé tout ce que Dieu a dévoilé jusqu'au jour de la Résurrection. [...]

Les réalités des connaissances s'irradient du miroir de la tablette sur le miroir du cœur, comme l'image produite sur un miroir s'imprimerait sur un autre placé devant lui.

Le voile qui est entre les deux miroirs et tantôt écarté par la main, tantôt par les souffles des vents qui l'agitent. Ainsi soufflent parfois les vents des grâces : les voiles alors sont levés de devant les yeux du cœur, et quelques-unes unes des choses tracées sur la tablette s'irradient en lui. Cela se produit de temps à autre dans le sommeil, et l'on sait par ce moyen ce qu'il arrivera dans l'avenir.

Quant au complet enlèvement du voile, ce sera le fait de la mort [en cet instant] où est ôté ce qui cache [la Réalité des choses]. Mais il arrive aussi que le voile soit écarté pendant l'état de veille, au point d'être soulevé par une grâce cachée de Dieu Très Haut, et quelque chose alors des merveilles de la science luit dans les cœurs de derrière le voile du Mystère (mystère de Dieu non révélé, l'incognoscibilité absolue de son essence, secondairement, les choses cachées et invisibles mais non connaissables de soi) : C'est parfois comme l'éclair rapide, d'autre fois une succession, mais limitée, et il est excessivement rare que cet état se prolonge.

Ghazzali, philosophe et mystique musulman. Extrait de l'Ihya' ulim al din.

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Ote tes sandales ! en vérité, tu es dans la vallée sainte du Tuwa " (Coran 20,12)

[Commentaires de Hallaj] : " Or la Réalité est Réalité, et la nature est créée. Rejette donc loin de toi la nature créée, pour que toi tu deviennes lui, et lui toi, dans la Réalité ".

Hallaj, philosophe et mystique irannien, Kitab al tawasin.

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Et maintenant je suis Toi-même, Ton existence c'est la mienne, et c'est aussi mon vouloir.

Hallaj, philosophe et mystique irannien, le Diwan d'al-Hallâj.

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Où donc est Ton essence, hors de moi, pour que j' y voie clair?

Mais déjà mon essence s'élucide, au point qu'elle n'a plus de lieu.

Hallaj, philosophe et mystique irannien, le Diwan d'al-Hallâj.

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Je suis devenu Celui que j'aime, et Celui que j'aime est devenu moi ! Nous sommes deux esprits, infondus en un (seul) corps !

Hallaj, philosophe et mystique irannien, le Diwan d'al-Hallâj.


C'est Dieu qui interrompt par son irradiation, les élus du paradis dans leur jouissance du paradis. Il les ravit hors d'elle par son irradiation, pour que ce plaisir créé ne dure pas, et que l'ennui ne les prenne pas ; c'est leur retour à eux mêmes, succédant à l'irradiation de Dieu pour eux, qui répand sur eux la jouissance, car en Dieu on ne peut prendre jouissance.

Hallaj.

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Si tu mentionnes Dieu Très Haut par ta langue, mentionne avec le Dhikr de ta langue tous les corps solides.

Si tu mentionnes avec ton cœur, mentionnes avec ton cœur l'univers corruptible et en lui, tous les mondes créés par Dieu.

 

Si tu mentionnes avec ton âme, mentionne avec elle les cieux, et ce qu'ils contiennent.

Si tu mentionnes avec ton esprit, mentionne avec toi le Siège divin et ses mondes.

Si tu mentionnes avec ton intellect, mentionne avec toi les porteurs du Trône et les anges chérubins, et les esprits rapprochés qui tournent autour du Trône.

 

Si tu mentionnes avec ton intime, mentionne avec toi le Trône avec tous ses mondes, jusqu'à ce que la mention (Dhikr) se joigne à l'Essence divine.

Ibn' Ata' Allah, Miftah al falah.

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A ton cœur se révèle Celui qui n'a jamais cessé de résider dans l'inscrutable mystère du Sans Commencement ! Mais c'est toi-même qui était le voile sur ton œil bien que cela fût par la vertu même de ta similitude divine.

 

Alors au cœur apparaît que Celui qu'il voit n'a jamais cessé de l'appeler vers Lui !

Ibn 'Arabi, La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal).

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te tes sandales ! en vérité, tu es dans la vallée sainte du Tuwa "(Coran 20,12) " Je pense que Moise entendit le commandement ôte tes sandales, comme la renonciation aux deux mondes ; il obéit littéralement et se déchaussa, il obéit spirituellement, et rejeta les deux mondes "

Ghazzali, Mishkat al anwar.

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L'extase emplit de joie celui qui cherche en elle son repos, mais quand Dieu est présent disparaît l'extase. Mon extase m'avait emplie de joie, mais ce que je trouvais au cœur de l'extase m'a captivé au point de me détourner de la vue même de l'extase.

Al-Junayd, Kitab al - ta' arruf.

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Entre toi et moi, il y a un " c'est moi " qui me tourmente, Ah ! Enlève par ton " c'est Moi ", mon " c'est moi " hors d'entre nous deux.

Hallaj.

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Un jour donc, plusieurs soufis rencontrèrent Rabia' qui courrait, portant du feu dans une main et de l'eau dans l'autre. Ils lui dirent : " Ô Dame du monde futur, où vas-tu, et que signifie tout cela ? "

Elle répondit : " Je vais pour incendier le paradis et noyer l'enfer, en sorte que ces deux voiles disparaissent complètement devant les yeux des pèlerins et que le but leur soit connu, et que les serviteurs de Dieu le puissent voir, lui, sans objet d'espoir ni motif de crainte. Qu'en serait-il, si l'espoir du paradis et la crainte de l'enfer n'existaient pas ? Hélas, personne ne voudrait adorer son Seigneur, ou lui obéir !

Rabia al-Adawiyya.

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La connaissance est voile sur le Connu, et la sagesse une porte auprès de laquelle on s'arrête; de même tous les autres modes spirituels sont des "moyens" comme les "lettres"; et toutes ces choses ne sont que "faiblesses" qui aveuglent les regards et éteignent les lumières. Car s'il n'y avait pas les Noms, le Nommé paraîtrait, s'il n'y avait pas l'amour, l'union persisterait, s'il n'y avait pas les lots différents (du sort), tous les degrés seraient conquis, s'il n'y avait pas la Huwiyya (le Soi suprême), la Anniyya (le Moi suprême) paraîtrait, s'il n'y avait pas Huwa, Lui, il y aurait Anâ, Moi, s'il n'y avait pas Anta, Toi, se verrait la marque de l'ignorance, s'il n'y avait pas la compréhension (ordinaire) s'affirmerait le pouvoir de la Science (pure): et alors les ténèbres seraient abolies, et toutes ces lourdes bêtes s'envoleraient comme d'impondérables oiseaux dans les exiguïtés de l'extinction!

Ibn 'Arabi, La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal).

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Celui qui expérimente le Dhikr avec l'extérieur seulement fatigue ses sens, celui qui l'expérimente avec l'extérieur et l'intérieur obtiendra la paix.

Ibn' Ata' Allah, Miftah al falah.

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Mieux vaut réciter la formule une fois avec la présence du cœur que de la réciter 1000 sans cette présence

Ibn' Ata' Allah, Miftah al falah.

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Ceci étant exposé, sache que les soufis ont une préférence pour les sciences reçues par voie d'inspiration, à l'exclusion de celles acquises par l'étude. Ainsi ne désirent-ils ni étudier la science, ni apprendre tout ce que les auteurs ont composé, ni scruter les doctrines et les preuves apportées. Ils disent au contraire : " la voie " consiste à préférer le combat spirituel, à faire disparaître les défauts, à couper tous les liens, et à s'approcher de Dieu Très Haut par une parfaite application spirituelle. Et chaque fois qu'il en est ainsi, c'est lui, Dieu, qui se tourne vers le cœur de son serviteur, et lui garantit l'illumination par les lumières de la science. "

Ghazzali, lhya' ulim al din.

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Quelqu'un disait à Al Nuri : " Quel est le guide qui mène à Dieu ? ".

Il répondit : " Dieu ".

Son interlocuteur " Qu'est ce donc alors la raison ? "

Al Nuri : " la raison est impuissante, et celui qui est impuissant ne peut conduire qu'à quelque chose d'impuissant comme lui ".

Al Nuri, Kitab al - ta' arruf.

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La raison n'est qu'un instrument du culte de la servitude à l'égard de Dieu, on n'en saurait user pour s'approcher de sa Seigneurie.

Ibn' Ata' Allah, Kitab al - ta' arruf.

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On nous a récité ces vers d'un grand soufi [Hallaj] : Celui qui ayant soif de Dieu, prend sa raison pour guide, elle le mène [paître dans une perplexité où elle le laisse s'agiter]. Ses états de conscience s'y fanent dans l'équivoque, et il se dit perplexe : Existe t'il ?

Hallaj, Kitab al - ta' arruf.

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Quant aux prophètes et aux saints, cet objet ne leur fut découvert, et la lumière ne se répandit dans leur poitrine, ni par l'étude, ni par le travail intellectuel, ni par le faîte d'écrire dans les livres ; mais [ils y parvinrent] en renonçant au monde en menant une vie ascétique, en s'affranchissant de ses liens, et vidant leur cœur des préoccupations terrestres, et en s'approchant de Dieu Très Haut par la parfaite application spirituelle. Et celui qui est à Dieu, Dieu est à lui.

Ghazzali, Ihya' ulim al din.

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L'un des grands parmi les Shaykh disait [Hallaj] : L'aspect apparent des êtres créés est connaissable de soi, car l'intelligence a prise sur lui, mais la vérité suprême est trop puissante pour céder à l'emprise des intelligences sur elle, et c'est Dieu même qui nous fait connaître qu'il est notre Seigneur [...]

 

Il se tient éloigné des intelligences, et est infiniment élevé au-dessus de toute atteinte .

Hallaj, Kitab al - ta' arruf.

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La Réalité Divine Essentielle est trop élevée pour être contemplée par l'"œil" qui doit contempler, tant que subsiste une trace de la condition de créature dans l'"œil" du contemplant. Mais lorsque "s'éteint ce qui n'a pas été" - et qui est périssant - "et reste ce qui n'a jamais cessé d'être" - ce qui est (par nature) permanent- alors se lève le Soleil de la preuve décisive pour la Vision par soi.

Ibn 'Arabi, Le livre de l'extinction dans la contemplation (Kitab al fana' fi al muchahada)

Aussi, me voir, c'est Le voir, et Le voir, c'est nous voir.

Hallaj, philosophe et mystique irannien, le Diwan d'al-Hallâj.

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Que l'on Te touche, on me touche; ainsi, Toi, c'est moi, plus de séparation.

Hallaj, philosophe et mystique irannien, le Diwan d'al-Hallâj.

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Ton Esprit s'est emmêlé à mon esprit, comme l'ambre s'allie au musc odorant.

Hallaj, le Diwan d'al-Hallâj.

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La science qui présente tout à coup dans le cœur sans industrie, ni étude, ni effort de la part de l'homme est de deux sortes : celle dont l'homme ignore comment elle lui arrive et d'où - et celle qui comporte la connaissance du moyen dont elle provient, c'est à dire la vision de l'ange qui la jette dans le cœur ; [la première s'appelle inspiration et souffle au fond du cœur] la deuxième s'appelle révélation, elle appartient en propre aux prophètes. Quant à la première, elle est le propre des saints et des purs.

Ghazzali. Extrait de l'Ihya' ulim al din.

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L'inspiration ne se différencie de la science acquise ni par la nature de la science, ni par son lieu, ni par sa cause, mais seulement sous le rapport de l'écartement du voile : car cela n'est pas au pouvoir de l'homme.

 

Et la révélation ne se différencie de l'inspiration par rien de ce que l'on vient de dire, mais seulement par la vision de l'ange qui procure la science ; car celle ne parvient dans nos cœurs que par l'intermédiaire des anges. Dieu Très Haut y fait allusion dans cette parole : " Il n'est pas donné à l'homme que Dieu lui parle, si ce n'est par une révélation ou de derrière un voile, ou bien en déléguant un envoyé afin que celui-ci, par la permission de Dieu révèle à l'homme ce que Dieu veut.

Ghazzali. Extrait de l'Ihya' ulim al din.

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Ceci étant exposé, sache que les soufis ont une préférence pour les sciences reçues par voie d'inspiration, à l'exclusion de celles acquises par l'étude. Ainsi ne désirent-ils ni étudier la science, ni apprendre tout ce que les auteurs ont composé, ni scruter les doctrines et les preuves apportées. Ils disent au contraire : " la voie " consiste à préférer le combat spirituel, à faire disparaître les défauts, à couper tous les liens, et à s'approcher de Dieu Très Haut par une parfaite application spirituelle.

Et chaque fois qu'il en est ainsi, c'est lui, Dieu, qui se tourne vers le cœur de son serviteur, et lui garantit l'illumination par les lumières de la science.

Ghazzali. Extrait de l'Ihya' ulim al din. 

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Celui qui s'est montré généreux dans l'octroi de l'extase, d'autant plus libéral sera t'il pour accorder les dons et vertus qui anéantissent l'extase. Lorsqu'il commença à m'envoyer l'extase, je connus avec certitude que celui qui était libéral à mon égard tiendrait jusqu'au bout ses merveilleux engagements.

Abu Bakr Kalabadhi, Kitab al - ta' arruf.

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Un soufi a dit :

l'extase (wadj) est comme le message de la Vérité suprême, annonçant cette bonne nouvelle : la montée vers la station de la vision de Dieu.

Abu Bakr Kalabadhi, Kitab al - ta' arruf.

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Les états d'extase divine, c'est Dieu qui les provoque tout entiers, quoique la sagacité des maîtres défaille à le comprendre. L'extase c'est une incitation, puis un regard [de Dieu] qui croit et flambe dans les consciences. Lorsque Dieu vient l'habiter aussi, la conscience double d'acuité, et trois phases s'offrent alors aux voyants :

 

Celle où la conscience est encore extérieure à l'essence de l'extase,

Celle où elle devient spectatrice étonnée,

Celle où la ligature du sommet de la conscience s'opère,

elle se tourne alors vers une face dont le regard la ravit à tout autre spectacle.

Hallaj, Diwan.

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Alors, si la volonté [du soufi] est sincère, son effort spirituel pur, et sa persévérance parfaite, s'il n'a pas été entraîné en sens contraire par ses passions, ni préoccupé par l'inquiétude de ces attaches au monde, les lueurs de la vérité brilleront en son cœur. Ce sera au début comme l'éclair rapide qui ne demeure pas, puis qui revient mais tarde parfois. S'il revient, tantôt il demeure, et tantôt il ne fait que passer. S'il demeure tantôt sa présence se prolonge et tantôt elle ne se prolonge pas. Et tantôt des illuminations semblables à la première apparaissent, se succédant les unes les autres ; tantôt tout se réduit à un seul mode. Les demeures (modes divers sous lesquels se présentent les illuminations) des saints sont innombrables, de même que sont innombrables les différences entre leurs naturels et leurs caractères.

Ghazzali, Ihya' ulim al din.

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L'homme disparaît de lui-même, il ne sait rien des apparences extérieures de ses membres, ni du monde extérieur, ni de ce qui se passe en lui, il disparaît de tout cela, et tout cela disparaît de lui, fuyant vers Dieu d'abord, en Dieu ensuite.

Ibn' Ata' Allah. 

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Ce qui compte pour l'extatique, c'est que l'unique le réduise à l'unité.

Hallaj.

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Son Verbe a préexisté éternellement à toutes choses existantes, Mais elles le voilent avec sagesse à qui ne comprend pas.

 

En lui, mon esprit s'est éperdu de sorte qu'ils se sont mêlés tous deux intimement, mais ce n'est pas un corps qui est entré dans un corps...

Umar Ibn Al-Farid, Kamriyga.

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Renoncer au monde pour mener une vie ascétique, en s'affranchissant de ces liens, en vidant [le] cœur des préoccupations terrestres, et en s'approchant de Dieu Très Haut par la parfaite application spirituelle.

Ghazzali, Ihya' 'ulim al-din.

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Prie pour le bien de celui qui a été injuste envers toi, car celui-ci t'a préparé du bien pour ta vie future: si tu pouvais voir ce qu'il en est réellement, tu te rendrais compte que l'injuste t'a fait vraiment du bien pour la vie future. Alors, la récompense du bienfait ne doit être que le bienfait (cf. Coran 55, 60) (prie donc pour le bien de celui qui t'a réservé un bien); du reste, le bienfait dans la vie future est permanent. Ne perds pas de vue cet aspect des choses, et ne sois pas trompé par le fait des dommages qui te résultent ici-bas par l'injustice dont tu es l'objet: il faut considérer cet inconvénient comme le médicament désagréable que doit absorber le malade parce que celui-ci sait quelle utilité il en tirera finalement. L'injuste joue un rôle équivalent: prie donc pour qu'il ait tout bien !

Ibn 'Arabi, Conseil à un ami (Wasiyat). 

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Quand tu te couches n'aie dans ton cœur rien de mauvais à l'égard de qui que ce soit, ni rancune, ni haine.

Ibn 'Arabi, Conseil à un ami (Wasiyat).

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L'amour est de deux sortes : l'amour de confession qui est aussi bien celui des privilégiés que celui du vulgaire, et l'amour d' " extase " au sens d'obtention, et il n'est plus en cet amour aucune vue de soi ni du créé, aucune vue des causes secondes et des " conditions ", mais totale absorption dans la seule vue de ce qui est pour Dieu et vient de Dieu.

Abu Bakr Kalabadhi, Kitab al - ta' arruf.

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Il est prairie pour les gazelles, couvent pour les moines, Temple pour les idoles, Mecque pour les pèlerins, Tablettes de la Torah et livre du Coran.

 

Je suis la religion de l'amour, partout où se dirigent ses montures, L'amour est ma religion et ma foi.

Ibn 'Arabi, Le chant de l'ardent désir.

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Lorsque Dieu Très Haut s'est réservé le pouvoir de gouverner par le cœur, la Miséricorde se répand sur ce dernier, la lumière y brille, la poitrine se dilate, le secret du Royaume (Malakut) lui est découvert, le voile qui l'aveuglait se dissipe de devant sa face par la grâce de la Miséricorde, et les réalités divines étincelles en lui. Il est seulement au pouvoir du croyant de s'y préparer par la purification qui dépouille, et de provoquer en soi la solitude de ces choses, ainsi que la volonté sincère, la soif totale et l'observation attentive, dans l'attente constante de ce que Dieu Très Haut lui révèlera de la Miséricorde.

Ghazzali, Ihya' ulim al din.

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Hasan al-Basrî - qu'Allâh lui fasse miséricorde! - (qui donnait régulièrement un enseignement public), lorsqu'il voulait parler de ces mystères qui ne doivent pas se trouver sur le chemin de ceux qui n'en sont pas dignes, appelait à part Farqad as-Sabakhî et Mâlik Ibn Dinâr, ainsi que les autres présents d'entre les gens du "goût" initiatique , et fermant la porte aux autres, traitait de ces matières en séance intime. S'il n'y avait pas eu une nécessité d'observer le secret, il n'aurait pas procédé de cette façon. De même Abû Hurayra - qu'Allâh soit satisfait de lui! - a dit, selon ce que rapporte al-Bukhârî dans son Recueil de hadîths: "J'ai porté de la part du Prophète - qu'Allâh prie sur lui et le salue! - deux "sacs": l'un, je l'ai dispensé entre vous tous; l'autre, si j'agissais de même, on me couperait cette gorge". De son côté, Ibn 'Abbâs, - qu'Allâh soit satisfait de lui! - en parlant du verset: "Allâh qui a créé sept Voûtes Célestes et autant de Terres; le Commandement descend entre elles" (Cor. 65, 12), déclarait: "Si je vous disais quelle en est l'interprétation (ésotérique), vous me lapideriez en disant que je suis un infidèle". D'autre part, 'Alî ben Abî Tâlib - sur lui la paix! - frappait sa poitrine et disait: "Ah! En vérité, ici il y a force sciences! Si seulement je trouvais des êtres qui puissent les porter!" Enfin, l'Envoyé d'Allâh - qu'Allâh prie sur lui et le salue! - disait: "Abû Bakr vous est supérieur, non pas par le nombre des prières ou des jeûnes, mais par quelque chose qui est survenu dans sa poitrine", et il n'expliqua pas ce qu'était cette chose, mais se tut là-dessus. Toute science ne doit pas être expliquée par celui qui la possède, et le Prophète - qu'Allâh prie sur lui et le salue! -disait: "Parlez aux hommes selon la capacité de leurs intelligences".

Ibn 'Arabi, Le livre de l'extinction dans la contemplation (Kitab al fana' fi al muchahada).

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Il n'y a plus entre moi et Dieu d'explication, ni preuve, ni signes pour me convaincre.

Voici que s'irradie l'apparition de Dieu, flamboyante, Qui resplendit en son scintillement souverain.

Telle est mon existence, et mon évidence, et ma conviction, telle est l'unification (divine) de ma proclamation de son Unité et de ma foi !

Hallaj, Kitab al - ta' arruf.

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Un grand soufi a dit [Hallaj] :

Ne le connaît que celui auquel il s'est fait connaître, et ne proclame son unité que celui auquel il l'a découverte ; et ne croit en lui que celui auquel il a donné de croire, et ne le décrit que celui en l'intime duquel il s'est révélé ; et n'est sincère avec lui que celui qu'il attire, et n'est en droit rapport avec lui, que celui qu'il s'est pour lui même choisi.

Hallaj, Kitab al - ta' arruf.

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Tandis que l'ascète se plaît à renoncer au monde, et que celui qui se confie à Dieu repose entièrement sur son Seigneur, et tandis que le désirant recherche les chants spirituels et l'enthousiasme annihilant, et que l'adorateur est tout à sa dévotion et à son effort, enfin tandis que le sage connaisseur exerce sa force d'esprit et se concentre sur le but,- ceux qui sont investis de l'Autorité et possèdent la Science restent cachés dans l'invisible et ne les connaît ni "connaisseur", ni "désirant", ni "adorateur", comme ne les perçoit ni "confié à Dieu", ni "ascète"! L'ascète renonce au monde pour en obtenir le prix, le confiant se remet à son Seigneur pour atteindre son dessein, le désirant recherche l'enthousiasme pour abolir le chagrin, l'adorateur fait du zèle dans l'espoir d'accéder à la "proximité", le connaisseur sage vise par sa force d'esprit l'"arrivée", mais la Vérité ne se dévoile qu'à celui qui efface sa propre trace et perd jusqu'à son nom!

Ibn 'Arabi, La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal). 

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L'homme supérieur est celui qui se fuit soi-même pour obtenir la compagnie de son Seigneur.

Ibn 'Arabi, La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal). 

****

La solitude procure la "connaissance du Monde".

Ibn 'Arabi, La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal).

****

Celui qui s'attache à la solitude découvre le "secret" de l'Unicité divine.

Ibn 'Arabi, La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal).

****

Celui dont la langue se tait, même si son cœur ne se tait pas, allège son fardeau; celui dont la langue et le cœur se taisent tous les deux, purifie son "centre secret" (sirr) et son Seigneur s'y révèle; celui dont le cœur se tait, mais dont la bouche parle, prononce les paroles de la Sagesse; mais celui dont ni la langue ni le cœur ne se taisent est objet de Satan et soumis à sa domination. [...]

Ibn 'Arabi, La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal).

****

Le silence de la langue est un des traits ordinaires de tous les hommes spirituels et de tous les maîtres de la voie.

Ibn 'Arabi, La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal).

****

Le silence produit la "connaissance d'Allah".

Ibn 'Arabi, La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal).

****

La veille confère la connaissance de l'âme.

Ibn 'Arabi, La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal). 

****

Lorsque l'homme s'éloigne des créatures ainsi que de sa propre âme, et fait taire en lui la conscience du moi pour laisser place seulement à la connaissance du Seigneur, aussi lorsqu'il se détache de la nourriture corporelle et se maintient en état de veille pendant que les autres sont plongés dans le sommeil, lorsqu'il réunit donc en lui ces quatre résultats, sa nature humaine est transmuée en nature angélique, sa servitude est changée en seigneurie, son intelligence est convertie en faculté intuitive , sa réalité invisible devient manifeste !

Ibn 'Arabi, La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal). 

****

Nous avions autrefois à Marchena, en pays andalous, un compagnon d'entre les saints hommes dont l'occupation était d'enseigner le Coran. C'était un excellent juriste, sachant par cœur le Coran et les hadîth, homme de piété et de mérite, toujours au service des fuqarâ': son nom est Abdu-l-Majîd ben Selmah. Il m'a raconté - puisse Allah lui être propice - une chose qui lui est arrivée: "Une nuit, disait-il, pendant que j'étais dans la chambre où je fais d'habitude mes prières, je venais de terminer mon oraison (hizb) et j'avais placé ma tête entre mes genoux pour vaquer à l'invocation (dhikr) d'Allah; alors je constate qu'une personne survient, qui retire l'étoffe sur laquelle je priais et la remplace par une natte grossière. Ensuite cet être me dit: "Fais tes prières sur cette natte"! Or j'avais verrouillé la porte de ma chambre alors que j'étais tout seul. La frayeur s'empara de moi. L'homme me dit: "Celui qui vit dans l'intimité d'Allah ne s'effraye pas"! Et il ajoute: "Mais crains Allah en tout état"! Alors j'eus une inspiration et je lui demandai: "O, Sîdî, par quels moyens les Abdal arrivent-ils à être Abdal"? Il me répondit: "Par les quatre qu'a mentionnés Abû Tâlib (al-Makkî) dans la "Nourriture (des Cœurs)": le silence, la solitude, la faim et la veille". Alors il disparut sans que je sache comment il avait pu entrer ni sortir, car la porte était restée toujours fermée. Cependant la natte qu'il m'avait donnée était sous moi". Cet homme était d'entre les Abdal; son nom est Mu'âdh Ibn Ashras - qu'Allah soit satisfait de lui! Les quatre choses qu'il a mentionnées sont les piliers et les supports de cette noble voie.

Ibn 'Arabi, La parure des Abdal, (Hilyatu al Abdal).

****

Les feux du Dhikr ne s'éteignent pas, et ses lumières ne s'enfuient pas [...] Tu vois toujours des lumières montantes et d'autres descendantes ; les feux autour de toi sont clairs, très chauds, et ils flambent.

Ibn' Ata' Allah, Miftah al falah.

****

Il est en son pouvoir de parvenir à cette limite, et de faire durer cet état en repoussant les tentations, par contre, il n'est pas en son pouvoir d'attirer à lui la Miséricorde de Dieu Très Haut.

Ghazzali,Ihya' 'ulim al-din.

 ****

Il n'est pas donné à l'homme que Dieu lui parle, si ce n'est par une révélation ou de derrière un voile, ou bien en déléguant un envoyé afin que celui-ci, par la permission de Dieu révèle à l'homme ce que Dieu veut.

 

Puis il en vient au point d'effacer la trace du mot sur la langue, et il trouve son cœur continuellement appliqué au Dhikr (la pratique soufi).

Il persévère assidûment jusqu'à ce qu'il en arrive à effacer de son cœur l'image de la locution, des lettres et de la forme du mot, et que les sens du mot demeure seul en son cœur, présent en lui, comme joint à lui, et ne le quittant pas.

Ghazzali, Ihya' 'ulim al-din.

****

Après s'être assis dans la solitude, il [le soufi] ne cesse de dire de bouche Dieu [Allah], continuellement, et avec la présence du cœur.

Cela, jusqu'à ce qu'il parvienne à un état où il abandonne le mouvement de la langue, et voie le mot comme coulant sur celle ci.

Ghazzali,Ihya' 'ulim al-din.

 

 

 

Par Abdelkader HADOUCH عبد القادر حادوش - Publié dans : Mystique التصوف - Ecrire un commentaire
Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /Juil /2009 21:54

قال الله تعالى‏:‏

-‏{‏أَلا إِنَّ أَوْلِيَاء اللَّهِ لاَ خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلاَ هُمْ يَحْزَنُونَ  الَّذِينَ آمَنُواْ وَكَانُواْ يَتَّقُونَ  لَهُمُ الْبُشْرَى فِي الْحَياةِ الدُّنْيَا وَفِي الآخِرَةِ لاَ تَبْدِيلَ لِكَلِمَاتِ اللَّهِ ذَلِكَ هُوَ الْفَوْزُ الْعَظِيمُ‏}‏‏.‏ ‏

-اعلم أن مذهب أهل الحق، إثبات كرامات الأولياء، وأنها واقعة موجودة مستمرة في الأعصار، ويدل عليه دلائل العقول، وصرائح النقول‏.‏

-أما دلائل العقل‏:‏

-فهو إنها أمر يمكن حدوثه، ‏[‏و‏]‏ لا يؤدي وقوعه إلى رفع أصل من أصول الدين، فيجب وصف الله تعالى بالقدرة عليه، وما كان مقدورًا كان جائز الوقوع‏.‏

-وأما النقول‏:‏ فآيات في القرآن العزيز، وأحاديث مستفيضة‏.‏

أما الآيات، فقوله تعالى في قصة مريم‏:‏ ‏{‏وَهُزِّي إِلَيْكِ بِجِذْعِ النَّخْلَةِ تُسَاقِطْ عَلَيْكِ رُطَبًا جَنِيًّا‏}‏‏.‏

-قال الإمام أبو المعالي إمام الحرمين رحمه الله تعالى‏:‏ ولم تكن مريم نبية بإجماع العلماء؛ وكذا قاله غيره؛ بل كانت ولية صديقة، كما أخبرنا الله تعالى عنها‏.‏

-وقوله تعالى‏:‏ ‏{‏كُلَّمَا دَخَلَ عَلَيْهَا زَكَرِيَّا الْمِحْرَابَ وَجَدَ عِندَهَا رِزْقاً قَالَ يَا مَرْيَمُ أَنَّى لَكِ هَذَا قَالَتْ هُوَ مِنْ عِندِ اللَّهِ‏}‏‏.‏

-ومن ذلك قصة صاحب سليمان عليه السلام حيث قال‏:‏ ‏{‏أَنَا آتِيكَ بِهِ قَبْلَ أَن يَرْتَدَّ إِلَيْكَ طَرْفُكَ‏}‏‏.‏

-قال العلماء‏:‏ ولم يكن نبيًا ومن ذلك ما استدل به إمام الحرمين وغيره؛ من ذلك قصة أم موسى‏.‏

-ومن ذلك ما استدل به الأستاذ أبو القاسم القشيري من قصة ذي القرنين‏.‏ ‏

‏‏أقوال العلماء في الخضر عليه السلام‏

-واستدل القشيري وغيره بقصة الخضر مع موسى صلوات الله عليه وسلامه، قالوا‏:‏ ولم يكن نبيًا؛ بل كان وليًا؛ وهذا خلاف المختار‏.‏

-والذي عليه الأكثرون أنه كان نبيًا؛ وقيل‏:‏ كان نبيًا رسولًا‏.‏ وقيل‏:‏ كان وليًا‏.‏ وقيل‏:‏ ملكًا‏.‏

-وقد أوضحت الخلاف فيه وشرحه في ‏(‏تهذيب الأسماء واللغات‏)‏‏.‏

-وفي شرح ‏(‏المهذب‏)‏‏.‏ وفي ذلك قصة أهل الكهف وما اشتملت عليه من خوارق العادات‏.‏ قال إمام الحرمين وغيره‏:‏ ولم يكونوا أنبياء بالإجماع‏.‏

-وأما الأحاديث فكثيرة؛ منها‏:‏ حديث أنس، أن رجلين من أصحاب النبي صلى الله عليه وسلم خرجا من عند النبي في ليلة مظلمة، ومعهما مثل المصباحين يضيئان بين أيديهما، فلما افترقا، صار مع كل واحد منهما واحد حتى أتى أهله‏!‏‏.‏

-أخرجه البخاري في صحيحه في ‏"‏كتاب الصلاة‏"‏ وفي ‏"‏علامات النبوة‏"‏‏.‏

-هذان الرجلان‏:‏ ‏"‏عباد بن البشر‏"‏ و ‏"‏أسيد ين حضير‏"‏ بضم أولهما وفتح ثانيهما‏.‏ و ‏"‏حضير‏"‏ بضم الحاء المهملة وبالضاد المعجمة‏.‏

-ومنها‏:‏ حديث أصحاب الغار الثلاثة الذين أووا إلى الغار فأطبقت صخرة عليهم بابه‏!‏ فدعا كل واحد منهم بدعوة فانفرجت عنهم الصخرة، وهو مخرج في صحيحي البخاري ومسلم‏.‏

-ومنها حديث أبي هريرة رضي الله تعالى عنه في قصة جريج، أنه قال للصبي الرضيع‏:‏ من أبوك‏؟‏ قال‏:‏ فلان الراعي‏.‏ وهو مخرج في الصحيح‏.‏

-ومنها حديث أبي هريرة قال‏:‏ قال النبي صلى الله عليه وسلم‏:‏ ‏(‏لقد كان فيما قبلكم من الأمم محدثون، فإن يكن في أمتي أحد فإنه عمر‏)‏‏.‏

-وفي رواية‏:‏

-‏(‏قد كان فيمن ‏[‏كان‏]‏ قبلكم رجال من بني إسرائيل يكلمون من غير أن يكونوا أنبياء‏)‏‏.‏

‏"‏رواه البخاري في صحيحه‏"‏‏.‏

-ومنها الحديث المشهور في صحيح البخاري وغيره في قصة خبيب الأنصاري - بضم الخاء المعجمة - رضي الله تعالى عنه، صاحب رسول الله صلى الله عليه وسلم‏.‏

-وقول بنت الحارث فيه‏:‏ والله ما رأيت أسيرًا قط خيرًا من خبيب، والله لقد وجدته يومًا يأكل من قطف عنب في يده، وأنه لموثق في الحديد، وما بمكة من ثمر‏!‏‏.‏

-وكانت تقول‏:‏ إنه لرزق الله رزقه خبيبًا‏.‏

-والأحاديث، والآثار، وأقوال السلف والخلف، في هذا الباب أكثر من أن تحصر، فيكتفى بما أشرنا إليه‏.‏

-وسترى في هذا الباب جملًا من ذلك، وباقي الكتاب إن شاء الله تعالى‏.‏‏ 

‏[‏الرد على المعتزلة بإنكارهم خرق العادة‏]‏

-قال الإمام أبو المعالي إمام الحرمين‏:‏

-‏"‏الذي صار إليه أهل الحق، جواز انخراق العادة في حق الأولياء‏"‏‏.‏

-وأطبقت المعتزلة على إنكار ذلك‏.‏ ثم من أهل الحق من صار إلى أن الكرامة الخارقة للعادة، شرطها أن تجري من غير إيثار واختيار من الولي، وصار هؤلاء إلى أن الكرامة تفارق المعجزة من هذا الوجه‏.‏

-قال الإمام‏:‏ وهذا القول غير صحيح‏.‏

-وصار آخرون منهم إلى تجويز وقوع الكرامة على حكم الاختبار، ولكنهم منعوا وقوعها على مقتضى الدعوى فقالوا‏:‏

-لو ادعى الولي الولاية، واعتضد في إثبات دعواه بما يخرق العادة، فكان ذلك ممتنعًا، وهؤلاء فرقوا بهذا بين الكرامة والمعجزة‏.‏

-قال‏:‏ وهذه الطريقة غير مرضية - أيضًا - قال‏:‏ ولا يمتنع عندنا ظهور خوارق العوائد مع الدعوى المفروضة‏.‏ قال‏:‏ وصار بعض أصحابنا إلى أن ما وقع معجزة لنبي لا يجوز تقدير وقوعه كرامة لولي‏.‏

-فيمتنع عند هؤلاء أن ينفلق البحر، وتنقلب العصا ثعبانًا، ويحيى الموتى إلى غير ذلك من آيات الأنبياء كرامة لولي‏.‏

-قال الإمام‏:‏ وهذه الطريقة غير سديدة - أيضًا -‏.‏

-قال‏:‏ والمرضي عندنا جواز خوارق العادات في معارض الكرامات‏.‏ قال‏:‏ وغرضنا من إبطال هذه المذاهب والطرق، إثبات الصحيح عندنا‏.‏‏

‏[‏المعجزة والكرامة لا يفترقان‏]‏

-قال‏:‏ وأما الفرق بين المعجزة والكرامة، فلا يفترقان في جواز العقل إلا بوقوع المعجزة على حسب دعوى النبوة، ووقع الكرامة دون ادعاء النبوة‏.‏

-قال الإمام‏:‏ وقد جرى من الآيات في مولد رسول الله صلى الله عليه وسلم ما لا ينكره منتم إلى الإسلام، وذلك قبل النبوة والانبعاث، والمعجزة لا تسبق دعوى النبوة، فكان كرامة‏.‏

-قال‏:‏ فإن زعم متعسف أن الآيات التي استدللنا بها كانت معجزات لنبي كل عصر، فذلك اقتحام منه للجهالات‏.‏

-فإنا إذا بحثنا عن الأعصار الخالية، لم نجد الآيات التي تمسكنا بها مقترنة بدعوة نبوة، ولا وقعت عن تحدي متحد‏.‏

-فإن قالوا‏:‏ وقعت للأنبياء دون عوامهم، قلنا‏:‏ شرط المعجزة‏:‏ الدعوى؛ فإذا فقدت كانت خارقة للعادة، كرامة للأنبياء، ونجعل بذلك غرضنا في إثبات الكرامات‏.‏

-ولم يكن وقت مولد نبينا محمد صلى الله عليه وسلم نبي تستند إليه آياته‏.‏

-قال الإمام‏:‏ فقد وضحت الكرامات جوازًا ووقوعًا، سمعًا وعقلًا‏.‏‏

‏[‏الفرق بين السحر والكرامة‏]‏

-قال الإمام وغيره في الفرق بين السحر والكرامة‏:‏ أن السحر لا يظهر إلا على فاسق، والكرامة لا تظهر على فاسق‏.‏ قال‏:‏ وليس ذلك من مقتضيات العقل؛ ولكنه متلقى من إجماع الأمة‏.‏

-قال الإمام‏:‏ ثم الكرامة وإن كانت لا تظهر على فاسق معلن بفسقه، فلا تشهد بالولاية على القطع؛ إذ لو شهدت بها لأمن صاحبها العواقب؛ وذلك لم يجز لولي في كرامة باتفاق‏.‏

-هذا آخر كلام إمام الحرمين‏.‏‏

‏[‏في إثبات كرامات الأولياء‏]‏

-قال الإمام الأستاذ أبو القاسم القشيري رحمه الله تعالى فيما رويناه في رسالته‏:‏

-ظهور الكرامات، علامة صدق من ظهرت عليه في أحواله؛ فمن لم يكن صادقًا فظهور مثله عليه لا يجوز‏.‏

-‏[‏قال‏]‏‏:‏ ولا بد أن تكون الكرامة فعلًا ناقضًا للعادة في أيام التكليف ظاهرًا على موصوف بالولاية في معنى تصديقه في حاله‏.‏

-قال‏:‏ وتكلم أهل الحق في الفرق بين الكرامة والمعجزة‏.‏‏

‏[‏الفرق بين المعجزة والكرامة‏]‏

-فكان الإمام أبو إسحاق الأسفرايني رحمه الله تعالى يقول‏:‏

-المعجزات دلالات صدق الأنبياء، ودليل النبوة لا يوجد مع غير النبي، كما أن الفعل المحكم لما كان دليلًا للعالم فيكونه عالمًا لم يوجد غيره يكون عالمًا‏.‏

-وكان يقول‏:‏ الأولياء لهم كرامات، منها شبه إجابة الدعاء، فأما جنس ما هو معجزة للأنبياء فلا‏.‏

-وقال الإمام أبو بكر بن فورك رحمه الله تعالى‏:‏

-المعجزات دلالات الصدق، ثم إن ادعى صاحبها النبوَّة دلت على صدقه، وإن أشار صاحبها إلى الولاية دلت على صدقه في حالته‏.‏ فتسمى كرامةً، ولا تسمى معجزة، وإن كانت من جنس المعجزات، للفرق‏.‏

-وكان رحمه الله يقول‏:‏

-من الفرق بين المعجزات والكرامات، أن الأنبياء عليهم الصلاة والسلام مأمورون بإظهارها، والولي يجب عليه سترها وإخفاؤها‏.‏

-والنبي يدعي ويقطع القول به، والولي لا يدعيها ولا يقطع كرامته لجواز أن يكون ذلك مكرًا‏.‏

-وقال أوحد وقته في فنه القاضي أبو بكر الباقلاني رضي الله تعالى عنه‏:‏

-المعجزات تختص بالأنبياء، والكرامات تكون للأولياء، ‏[‏كما تكون للأنبياء‏]‏ ولا تكون للأولياء معجزة، لأن من شرط المعجزة اقتران دعوى النبوة بها‏.‏

-والمعجزة لم تكن معجزة لعينها؛ وإنما كانت معجزة لحصولها على أوصاف كثيرة، فمتى اختل شرط من تلك الشرائط لا تكون معجزة‏.‏

-قال القشيري‏:‏ وهذا الذي قاله ‏[‏هو الذي‏]‏ نعتمده ‏[‏ونقول به بل‏]‏ وندين ‏[‏الله‏]‏ به‏.‏ فشرائط المعجزات كلها أو أكثرها توجد في الكرامات إلا هذا الشرط الواحد، وهو دعوى النبوة، فلا تكون المعجزة كرامة‏.‏

-فالكرامة ‏[‏كالمعجزة‏]‏ فعل ‏[‏من الله‏]‏ لا محالة ‏[‏فهي حادثة لا قديمة‏]‏ وهو ناقض للعادة، ويحصل في زمن التكليف، وتظهر على عبد تخصيصًا له وتفضيلًا‏.‏

-وقد تحصل باختياره ودعائه، وقد لا تحصل، وقد تكون بخير اختياره في غالب الأوقات، ولم يؤمر الولي بدعاء الخلق إلى نفسه، ولو أظهر شيئًا من ذلك على من يكون أهلا له لجاز‏.‏

-واختلف أهل الحق في الولي، هل يجوز أن يعلم أنه ولي أم لا‏؟‏ فكان الإمام أبو بكر بن فورك رحمه الله يقول‏:‏

-لا يجوز ذلك؛ لأنه يسلبه الخوف، ويوجب له الأمن‏.‏

-وكان الأستاذ علي الدقاق - رحمه الله - يقول بجوازه وهو الذي تؤثره ونقول به، وليس ذلك بواجب في جميع الأولياء، حتى يكون كل ولي يعلم أنه ولي واجبًا، ولكن يجوز أن يعلم بعضهم ذلك كما لا يجوز أن لا يعلم بعضهم‏.‏

-فإذا علم بعضهم أنه ولي، كانت معرفته تلك كرامة له انفرد بها‏.‏

-وليس كل كرامة لولي، يجب أن تكون تلك بعينها لجميع الأولياء، بل لو لم يكن للولي كرامة ظاهرة عليه في الدنيا، لم يقدح عدمها في كونه وليًا، بخلاف الأنبياء فإنه يجب أن تكون لهم معجزات؛ لأن النبي مبعوث إلى الخلق، فالناس بحاجة إلى معرفة صدقه، ولا يعرف إلا بمعجزة‏.‏

-وحال الولي بعكس ذلك، لأنه ليس بواجب على الخلق، ولا على الولي - أيضًا - العلم بأنه ولي‏.‏

-والعشرة من الصحابة - رضي الله عنهم - صدقوا الرسول صلى الله عليه وسلم ‏[‏فيما أخبرهم به‏]‏ في أنهم من أهل الجنة‏.‏

-وأما قول من قال‏:‏ لا يجوز ذلك، لأنها تخرجهم من الخوف فلا بأس أن لا يخافوا تغيير العاقبة‏.‏

-والذي يجدونه في قلوبهم من الهيبة والتعظيم والإجلال للحق سبحانه وتعالى، يزيد ‏[‏ويربو‏]‏ على كثير من الخوف‏.‏

-قال الأستاذ القشيري‏:‏ واعلم أنه ليس للولي مساكنة إلى الكرامة التي تظهر عليه، ولا ‏[‏له‏]‏ ملاحظة، وربما يكون لهم في ظهور جنسها ‏[‏قوة‏]‏ يقين، وزيادة بصيرة، لتحققهم أن ذلك فعل الله تعالى، فيستدلون بها من صحة ما هم عليه من العقائد، والله أعلم‏.‏ ‏

فصل ‏[‏كل كرامة لولي معجزة لنبي‏]‏

قال القشيري رحمه الله تعالى‏:‏ إن قيل كيف يجوز إظهار ‏[‏هذه‏]‏ الكرامات الزائدة في المعاني على معجزات الرسل‏؟‏‏.‏

-قلنا‏:‏ هذه الكرامات لاحقة بمعجزات نبينا ‏[‏محمد‏]‏ صلى الله عليه وسلم، لأن كل من ليس بصادق في الإسلام تمتنع عليه الكرامات‏.‏ وكل نبي ظهرت له كرامة على واحد من أمته، فهي معدودة من جملة معجزاته، إذ لو لم يكن ذلك الرسول صادقًا لم تظهر على من تابعه الكرامة‏.‏ يعني التي هي الكرامة لهذا الواحد‏.‏ ‏

فصل ‏[‏لا يجوز تفضيل الولي على النبي‏]‏

قال القشيري‏:‏ هل يجوز تفضيل الولي على النبي‏؟‏‏.‏

-قلنا‏:‏ رتبة الأولياء لا تبلغ رتبة الأنبياء عليهم الصلاة والسلام‏.‏ للإجماع المنعقد على ذلك‏.‏‏

فصل ‏[‏لا يجوز تفضيل الولي على النبي‏]‏‏.‏

‏[‏الكرامات تتنوع بتنوع الأحوال والمناسبات‏]‏

-قال الأستاذ القشيري رحمه الله‏:‏ هذه الكرامات ‏[‏قد‏]‏ تكون إجابة دعوة، وقد تكون إظهار طعام في أوان ‏[‏فاقة‏]‏ من غير سبب ظاهر، أو حصول ماء في وقت عطش، أو تسهيل قطع مسافة في مدة قريبة، أو تخليص من عدو، أو سماع خطاب من هاتف، وغير ذلك من فنون الأفعال المناقضة للعادة‏.‏

-قال‏:‏ واعلم أن كثيرًا من المقدورات يعلم اليوم قطعًا أنه لا يجوز أن تقع كرامة للأولياء بالضرورة أو شبه الضرورة يعلم ذلك، فمنها حصول إنسان من غير أبوين، وقلب جماد بهيمة، وأمثال هذه كثيرة‏.‏‏

فصل ‏[‏في اشتقاق لفظ الولي‏]‏

قال القشيري‏:‏ يحتمل الولي أمرين‏:‏‏

أحدهما أن يكون فعيلًا مبالغة في الفاعل؛ كالعليم بمعنى العالم، والقدير بمعنى القادر، فيكون معناه‏:‏ من توالت طاعته من غير تخلل معصية‏.‏‏

والثاني أن يكون فعيلًا بمعنى مفعول؛ كقتيل بمعنى مقتول، وجريح بمعنى مجروح، وهو الذي يتولى الله سبحانه وتعالى حفظه وحراسته على الإدامة والتوالي، فلا يخلق له الخذلان الذي هو قدرة المعصية، ويديم توفيقه الذي هو قدرة الطاعة، قال الله تعالى‏:‏ ‏{‏وَهُوَ يَتَوَلَّى الصَّالِحِينَ‏}‏‏.‏ ‏

فصل ‏[‏وأما العبد الصالح فيطلق على النبي والولي‏]‏

قال الله تعالى‏:‏ ‏{‏وَإِسْمَاعِيلَ وَإِدْرِيسَ وَذَا الْكِفْلِ كُلٌّ مِّنَ الصَّابِرِينَ * وَأَدْخَلْنَاهُمْ فِي رَحْمَتِنَا إِنَّهُم مِّنَ الصَّالِحِينَ‏}‏‏.‏

-وقال تعالى عن نبيه يحيى صلى الله عليه وسلم‏:‏ ‏{‏وَنَبِيًّا مِّنَ الصَّالِحِينَ‏}‏‏.‏

-وقال تعالى‏:‏ ‏{‏فَأُوْلَئِكَ مَعَ الَّذِينَ أَنْعَمَ اللَّهُ عَلَيْهِم مِّنَ النَّبِيِّينَ وَالصِّدِّيقِينَ وَالشُّهَدَاء وَالصَّالِحِينَ‏}‏‏.‏

-‏[‏وفي الحديث الصحيح أن النبي صلى الله عليه وسلم قال في عبد الله بن عمر‏:‏ ‏"‏إنه رجل صالح‏"‏‏]‏‏.‏

-والآيات والأحاديث بمعنى ما ذكرته كثيرة‏.‏‏

‏[‏حد الصالح‏]‏

-وأما حد الصالح فقال الإمام أبو إسحاق الزجاج في كتابه معاني القرآن، وأبو إسحاق بن قرقول صاحب مطالع الأنوار‏:‏

-هو المقيم بما يلزم من حقوق الله تعالى، وحقوق العباد‏.‏

فصل ‏[‏في الفرق بين العصمة والحفظ‏]‏

قال الإمام القشيري‏:‏ فإن قيل هل يكون الولي معصومًا أم لا‏؟‏‏.‏

-قلنا‏:‏ أما وجوبًا كما يقال في ‏[‏حق‏]‏ الأنبياء فلا، وأما أن يكون محفوظًا حتى لا يصر على الذنوب، وإن حصلت هفوات في أوقات، أو آفات، أو زلات، فلا يمتنع ذلك في وصفهم‏.‏

-وقد قيل للجنيد‏:‏ العارف يزني‏؟‏ فأطرق مليًا ثم رفع رأسه وقال‏:‏ وكان أمر الله قدرًا مقدورًا‏.‏ ‏

فصل ‏[‏الخوف لا يفارق الأولياء‏]‏

قال التستري رحمه الله‏:‏ فإن قيل‏:‏ هل يسقط الخوف عن الأولياء‏؟‏‏.‏

-قلنا‏:‏ الغالب على الأكابر كان الخوف‏.‏

-وذلك الذي تقدم على جهة الندرة ‏[‏يعني القلة‏]‏ غير ممتنع‏.‏

-وهذا السري السقطي رضي الله تعالى عنه يقول‏:‏

-لو أن واحدًا دخل بستانًا فيه أشجار كثيرة، وعلى كل شجرة طير يقول ‏[‏له‏]‏ بلسان فصيح‏:‏ السلام عليك يا ولي الله‏!‏ فلو لم يخف أنه مكر لكان ممكورًا به‏.‏ وأمثال هذا من حكاياتهم كثيرة‏.‏

-قال‏:‏ فإن قيل‏:‏ هل يجوز أن يزابل الولي خوف المكر‏؟‏‏.‏

-قلنا‏:‏ إن كان مصطلحًا عن شاهده، مختطفًا عن إحساسه بحاله، فهو مستهلك عنه، فيما استولى عليه والخوف من صفة الحاضرين ‏[‏بهم‏]‏‏.‏ ‏

فصل ‏[‏ما يغلب على الولي حال صحوه‏]‏

قال القشيري‏:‏ فإن قيل‏:‏ ما الغالب على الولي في حال صحوة‏؟‏‏.‏

قلنا‏:‏ صدقه في أداء حقوق الله سبحانه وتعالى، ثم رأفته وشفقته على الخلق في جميع أحواله، ثم انبساط رحمته للخلق كافة، ثم دوام تحمله عنهم بجميل الخلق، وتعليق الهمة بنجاة الخلق، وترك الانتقام منهم، والتوقي عن استشعار حقد عليهم، ومع قصر اليد عن أموالهم وترك الطمع بكل وجه وقبض اللسان عن بسطه بالسوء فيهم، والتهاون عن شهود مساويهم، ولا يكون خصمًا في الدنيا ولا في الآخرة‏.‏

-قلت‏:‏ معناه أنه يعفو عن حقوقه في الدنيا فلا يطالبهم بها في الدنيا ولا يبقى له عندهم شيء يطالب به في الآخرة‏.‏

-قال الله تعالى‏:‏ ‏{‏وَلَمَن صَبَرَ وَغَفَرَ إِنَّ ذَلِكَ لَمِنْ عَزْمِ الأُمُورِ‏}‏‏.‏

-وقال الله تعالى‏:‏ ‏{‏وَالْكَاظِمِينَ الْغَيْظَ وَالْعَافِينَ عَنِ النَّاسِ وَاللَّهُ يُحِبُّ الْمُحْسِنِينَ‏}‏‏.‏

-وروينا في كتاب عمل اليوم والليلة لابن السني بإسناده عن أنس رضي الله تعالى عنه، أن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال‏:‏ ‏(‏أيعجز أحدكم أن يكون كأبي ضمضم‏؟‏‏!‏ قالوا‏:‏ ومن أبو ضمضم يا رسول الله‏؟‏‏!‏ قال‏:‏ كان إذا أصبح قال‏:‏ اللهم إني وهبت نفسي وعرضي لك؛ فلا يشتم من شتمه، ولا يظلم من ظلمه، ولا يضرب من ضربه‏)‏‏.‏

-قلت‏:‏ معناه لا يقتص ممن ظلمه، كما قال الله تعالى‏:‏ ‏{‏فَمَنِ اعْتَدَى عَلَيْكُمْ فَاعْتَدُواْ عَلَيْهِ بِمِثْلِ مَا اعْتَدَى عَلَيْكُمْ‏}‏‏.‏‏

قال القشيري‏:‏ واعلم أنَّ من أجل الكرامات التي تكون للأولياء دوام التوفيق للطاعة، والعصمة عن المعاصي والمخالفات‏.‏

-قلت‏:‏ يدخل في المخالفات ما ليس معصية، كالمكروه كراهة التنزيه، وكترك الشهوات التي يستحب تركها‏.‏ ‏

فصل ‏[‏في الحديث عن رؤية الله تعالى‏]‏

قال القشيري‏:‏ فإن قيل‏:‏ فهل تجوز رؤية الله ‏[‏تبارك‏]‏ وتعالى بالأبصار اليوم في الدنيا على جهة الكرامة‏؟‏‏.‏

-قلنا‏:‏ الأقوى أنه لا يجوز؛ لحصول الإجماع عليه‏.‏

-قال‏:‏ ولقد سمعت الإمام أبا بكر بن فورك رضي الله عنه، يحكي عن أبي الحسن الأشعري رحمه الله أنه قال‏:‏ في ذلك قولين في كتاب الرؤية الكبيرة‏.‏

-قلت‏:‏ قد نقل جماعة الإجماع على أن رؤية الله تعالى لا تحصل للأولياء في الدنيا، وامتناعها بالسمع، وإلا فهي ممكنة بالعقل عند أهل الحق، كما أنها حاصلة للمؤمنين في الآخرة باتفاق أهل الحق‏.‏

-وقد اختلف الصحابة رضي الله عنهم ومن بعدهم في رؤية النبي صلى الله عليه وسلم ربه سبحانه وتعالى ليلة الإسراء، والمختار عند الأكثرين أو الكثيرين أنه رأى‏.‏ وهو قول ابن عباس رضي الله عنهما وقد بسطت مقاصد ذلك في أوائل شرح صحيح مسلم رحمه الله‏.‏‏

فصل ‏[‏هل تسلب الولاية ويتغير صاحبها‏؟‏‏]‏

قال القشيري‏:‏ فإن قيل‏:‏ هل يجوز أن يكون وليًا في الحال صديقًا ثم يتغير‏؟‏ وهذا الذي نختاره، ويجوز أن يكون من جملة كرامات الولي، أن يعلم أنه مأمون العاقبة وأنه لا تتغير عاقبته‏؟‏‏.‏

-‏[‏قلنا‏:‏ من جعل من شرط الولاية حسن الموافاة لا يجوز ذلك‏.‏

-ومن قال‏:‏ إنه في الحال مؤمن على الحقيقة، وإن جاز أن يتغير حاله لا يبعد أن يكون وليًا في الحال صديقًا ثم يتغير‏.‏

-قال‏:‏ وهذا الذي نختاره ويجوز أن يكون من جملة كرامات الولي أن يعلم أنه مأمون العاقبة، وأنه لا تتغير عاقبته‏]‏ فتلتحق هذه المسألة بما ذكرناه من أن الولي يجوز أنه يعلم أنه ولي‏.‏ ‏

فصل في منثور حكايات في المواهب والكرامات

أما الكرامة‏:‏ فتقدم بيان حدها‏.‏ وأما المواهب‏:‏ فجمع موهبة، وهي أمر ليس بخارق للعادة، ولكنه قليل مستبعد في العادة، يتميز به بعض الناس، ولا يختص ذلك بالأولياء بل يكون لهم ولغيرهم، وأنا أذكر في هذا الباب جملًا من الكرامات والمواهب المستحسنة إن شاء الله تعالى‏:‏

-قال الله تعالى‏:‏ ‏{‏وَكُلاًّ نَّقُصُّ عَلَيْكَ مِنْ أَنبَاء الرُّسُلِ مَا نُثَبِّتُ بِهِ فُؤَادَكَ‏}‏‏.‏

-وقال ‏[‏الله‏]‏ تعالى‏:‏ ‏{‏أُوْلَئِكَ الَّذِينَ هَدَى اللَّهُ فَبِهُدَاهُمُ اقْتَدِهْ‏}‏‏.‏

-أخبرنا شيخنا الشيخ الإمام ‏[‏الصالح‏]‏ القاضي أبو محمد عبد الرحمن بن الشيخ الإمام الصالح أبي عمر بن أحمد بن محمد بن قدامة قال‏:‏ أخبرنا أبو حفص عمر بن محمد بن معمر بن طبرزد قال‏:‏ أخبرنا أبو الفتح عبد الملك بن أبي القاسم الكروخي قال‏:‏ أخبرنا أبو عامر محمود بن القاسم بن محمد الأزدي، وأبو بكر ‏[‏أحمد بن عبد الصمد الخزرجي، وأبو نصر عبد العزيز بن عمر الرفاني قال‏:‏ حدثنا‏]‏ أبو محمد عبد الجبار بن محمد بن عبد الله بن الجراح الجراحي قال‏:‏ أخبرنا أبو العباس محمد بن أحمد بن محبوب المحبوبي قال‏:‏ أخبرنا الإمام أبو عيسى محمد بن عيسى الترمذي قال‏:‏ حدثنا عمران بن حفص قال‏:‏ حدثنا عبد الله بن وهب، عن عمر بن الحارث، عن دراج، عن أبي الهيثم، عن أبي سعيد الخدري رضي الله عنه، عن رسول الله صلى الله عليه وسلم قال‏:‏

-‏(‏لن يشبع المؤمن من خير يسمعه حتى يكون منتهاه الجنة‏)‏‏.‏

-قال الترمذي‏:‏ ‏"‏هذا حديث حسن‏"‏‏.‏

-وبهذا الإسناد إلى الترمذي قال‏:‏ حدثنا علي بن حجر قال‏:‏ حدثنا مسلمة بن عمرو قال‏:‏ كان عمر بن هانئ يصلي كل يوم ألف سجدة - يعني ألف ركعة - ويسبح مائة ألف تسبيحة‏.‏‏

فصل في منثور حكايات في المواهب والكرامات‏.‏

‏[‏أبو مسلم الخولاني رضي الله عنه‏]‏

وأخبرنا شيخنا أبو البقاء الحافظ قال‏:‏ أخبرنا أبو محمد أخبرنا أبو بكر أخبرنا الخطيب أخبرنا الحسن بن محمد البزاز أخبرنا محمد بن جعفر الآدمي أخبرنا محمد بن موسى الشطوبي أخبرنا هارون بن معروف حدثنا ضمرة، عن عثمان بن عطاء عن أبيه قال‏:‏

-قالت امرأة أبي مسلم‏:‏ - يعني الخولاني - يا أبا مسلم‏!‏ ليس لنا دقيق‏!‏ قال‏:‏ عندك شيء‏؟‏ قالت‏:‏ درهم بعنا به غزلًا‏.‏ قال‏:‏ أبغنيه أي أعطينيه وهاتي الجراب‏!‏ فدخل السوق فوقف على رجل يبيع الطعام، فوقف عليه سائل فقال‏:‏ يا أبا مسلم تصدق عليَّ‏!‏ فهرب منه وأتى حانوتًا آخر، فتبعه السائل، فقال‏:‏ تصدق علينا‏!‏ فلما أضجره أعطاه الدرهم، ثم عمد إلى الجراب فملأه من نحاتة النجارين مع التراب‏!‏ ثم أقبل إلى باب منزله فنقر الباب، وقلبه مرعوب من أهله فلما فتحت الباب رمى بالجراب وذهب‏!‏ فلما فتحته إذا هي بدقيق حوَّاري، فعجنت وخبزت، فلما ذهب من الليل الهويُّ جاء أبو مسلم فنقر الباب، فلما دخل وضعت بين يديه خوانًا وأرغفة حوّاري‏!‏ فقال‏:‏ من أين لكم هذا‏؟‏ فقالت‏:‏ يا أبا مسلم من الدقيق الذي جئت به‏!‏ فجعل يأكل ويبكي‏!‏‏.‏

-قلت‏:‏ ما أنفس هذه الحكاية وأكثر فوائدها‏!‏‏.‏

وقوله‏:‏ ‏"‏الجراب‏"‏ بكسر الجيم وفتحها، لغتان الكسر أفصح‏.‏

وقوله‏:‏ الحواري هو بضم الحاء المهملة وتشديد الواو وفتح الراء وتخفيف الياء، وهو الأبيض‏.‏

وقوله‏:‏ الهوي هو بكسر الواو، وتشديد الياء، وأما الهاء فتفتح وتضم لغتان‏:‏ الفتح أفصح وأشهر، وهو قطعة من الليل ‏[‏قيل‏]‏ يجوز ربعه ‏[‏أ‏]‏ وثلثه‏.‏

وقوله‏:‏ خوانًا هو بضم الخاء وكسرها، لغتان الكسر أفصح وأشهر، وهو عجمي معرب، وجمعه أخونة وخوان‏.‏

-وأما أبو مسلم صاحب هذه الكرامة رضي الله عنه، فاسمه‏:‏ عبد الله بن ثوب، بثاء مثلثة مضمومة، ثم واو مفتوحة مخففة، ثم باء موحدة‏.‏ ويقال‏:‏ ابن ثواب، ويقال‏:‏ ابن أثوب، ويقال‏:‏ ابن عبد الله، ويقال‏:‏ ابن عوف، ويقال‏:‏ ابن مسلم، ويقال‏:‏ اسمه يعقوب بن عوف والصحيح المشهور ما قدمناه‏.‏

-وهو من أهل اليمن سكن الشام بداريا بالقرية المعروفة بجانب دمشق، وكان من كبار زهاد التابعين وعبادهم وصالحيهم، وأهل الكرامات الظاهرات، والأحوال السنية المتظاهرات‏.‏

-وكان قد رحل إلى رسول الله صلى الله عليه وسلم ليصحبه، فتوفي رسول الله صلى الله عليه وسلم وهو في الطريق، فجاء فلقي أبا بكر الصديق، وعمر وغيرهما من الصحابة، رضي الله عنهم‏.‏‏

فصل في منثور حكايات في المواهب والكرامات‏.‏

‏[‏من كرامات أبي مسلم رضي الله عنه‏]‏

-ومن نفائس كراماته ما رواه الإمام أحمد بن حنبل رضي الله عنه في كتاب الزهد له، أن أبا مسلم الخولاني رضي الله عنه مرَّ بدجلة وهي ترمي الخشب من برها، فمشى على الماء ثم التفت إلى أصحابه فقال‏:‏ هل تعتقدون من متاعكم شيئًا فندعوا الله عز وجل‏؟‏‏.‏

-ورواه من طريق آخر، وفيه أنه وقف على دجلة، ثم حمد الله تعالى وأثنى عليه، ثم ذكر آلاءه ونعمائه، وذكر سير بني إسرائيل في البحر، ثم نهر دابته فانطلقت تخوض له الدجلة، وأتبعه الناس، حتى قطعها الناس رضي الله عنه‏.‏

-وبإسناد الإمام أحمد رحمه الله أيضًا‏:‏ أن أبا مسلم كان بأرض الروم، فبعث الوالي سرية، ووقت لهم وقتًا، فأبطأوا عن الوقت، فاهتم أبو مسلم بإبطائهم، فبينما هو يتوضأ على شط نهر وهو يحدث نفسه ‏[‏في أمرهم‏]‏ إذ وقع غراب على شجرة مقابلة فقال‏:‏ يا أبا مسلم‏!‏ اهتممت بأمر السرية‏؟‏ فقال‏:‏ أجل؛ فقال‏:‏ لا تهتم فإنهم قد غنموا وسلموا ‏[‏وسيردون عليكم يوم كذا في‏]‏ وقت كذا وكذا‏.‏ فقال له أبو مسلم‏:‏ من أنت يرحمك الله‏؟‏ فقال‏:‏ أنا مفرح قلوب المؤمنين‏.‏

-فجاء القوم في الوقت الذي ذكر على ما ذكر‏.‏

-وبإسناد أحمد رضي الله عنه‏:‏ أن أبا مسلم كان جالسًا مع أصحابه في أرض الروم يحدثهم، فقالوا‏:‏ يا أبا مسلم‏!‏ قد اشتهينا اللحم فلو دعوت الله تعالى فرزقنا‏!‏ فقال‏:‏ اللهم قد سمعت قولهم، وأنت على ما سألوا قادر‏.‏ فما كان إلا أن سمعوا صياح أهل العسكر، فإذا بظبي قد أقبل حتى مرَّ بأصحاب أبي مسلم فوثبوا إليه فأخذوه‏.‏

-وبإسناد أحمد رضي الله عنه أن الناس قحطوا على عهد معاوية رضي الله عنه، فخرج يستسقي بهم، فلما وصلوا إلى المصلى قال معاوية لأبي مسلم‏:‏

-قد ترى ما حلَّ بالناس‏!‏ فادع الله تعالى‏.‏ فقال‏:‏ أفعل على تقصيري‏؟‏‏!‏ فقام وعليه برنس، فكشف البرنس عن رأسه ثم رفع يديه ثم قال‏:‏

-اللهم إنَّا منك ‏[‏نستمطر‏]‏، وقد جئت إليك بذنوبي، فلا تخيبني، فما انصرفوا حتى سقوا، فقال أبو مسلم‏:‏ اللهم إن معاوية أقامني مقام سمعة، فإن كان لي عندك خير فاقبضني إليك‏.‏ وكان ذلك يوم الخميس، فمات أبو مسلم يوم الخميس المقبل، رضي الله تعالى عنه‏.‏

-وبإسناد الحافظ أبي طاهر السلفي، عن شرحبيل بن مسلم أن الأسود بن قيس العنسي الكذاب، لما ادعى النبوة باليمن بعث إلى أبي مسلم الخولاني‏!‏ فلما جاءه قال‏:‏ أتشهد أني رسول الله‏؟‏‏!‏ قال‏:‏ ما أسمع قال‏:‏ أتشهد أن محمدًا رسول الله‏؟‏ قال‏:‏ نعم‏.‏ فردد ذلك عليه، فأمر بنار عظيمة فأججت‏!‏ فألقى فيها أبا مسلم فلم تضره‏.‏

-فقيل‏:‏ انفه عنك وإلا أفسد عليك من تبعك‏؟‏ فأمره بالرحيل‏.‏

-فأتى أبو مسلم المدينة وقد توفي رسول الله صلى الله عليه وسلم، واستخلف أبو بكر رضي الله تعالى عنه، فأناخ أبو مسلم راحلته بباب المسجد، فقام يصلي إلى سارية، فبصر به عمر رضي الله عنه فقام إليه فقال‏:‏ من الرجل‏؟‏

-فقال‏:‏ من أهل اليمن، قال‏:‏ فلعلك الذي حرقه الكذاب بالنار‏؟‏ قال‏:‏ ذلك عبد الله بن ثوب‏.‏ قال‏:‏ نشدتك الله أنت هو‏؟‏ قال‏:‏ اللهم نعم، فاعتنقه ثم بكى، ثم ذهب به حتى أجلسه فيما بينه وبين أبي بكر رضي الله عنهم فقال‏:‏

-الحمد لله الذي لم يمتني حتى أراني في أمة محمد صلى الله عليه وسلم من فعل به كما فعل بإبراهيم ‏[‏عليه الصلاة والسلام‏]‏ خليل الرحمن‏.‏

-قلت‏:‏ هذا من جل الكرامات، وأنفس الأحوال الباهرات‏.‏

وقوله‏:‏ لا أسمع‏!‏ يحتمل وجهين‏:‏ أحدهما معناه‏:‏ لا أقبل، والثاني‏:‏ أنه على ظاهرة وأن الله تعالى سد مسامعه عن هذا الباطل الشديد الفحش‏.‏

وقد اقتصر بعض الأئمة على الاحتمال الأول، والاحتمال الثاني عندي أظهر‏.‏‏

فصل في منثور حكايات في المواهب والكرامات‏.‏

‏[‏عبد الواحد بن زياد‏]‏

-وقال أحمد بن أبي الحواري في كتاب الزهد له‏:‏ حدثني أبو سليمان قال‏:‏ كان عبد الواحد بن زياد رضي الله عنه، أصابه الفالج فسأل الله عز وجل أن يطلقه في أوقات الوضوء، فكان إذا كان وقت الوضوء قام من سريره حتى يذهب فيتوضأ، فإذا عاد إلى سريره عاد إليه الفالج ‏[‏والله أعلم‏]‏‏.‏‏

فصل في منثور حكايات في المواهب والكرامات‏.‏

‏[‏سهل بن عبد الله‏]‏

-‏[‏وروينا بإسنادنا السابق للقشيري رحمه الله قال‏:‏ سمعت أبا حاتم السجستاني يقول‏:‏ سمعت أبا نصر السراج يقول‏:‏ دخلنا ستر فرأينا في قصر سهل بن عبد الله رحمه الله بيتًا كان الناس يسمونه بيت السباع، فسألنا الناس عن ذلك فقالوا‏:‏ كانت السباع تجيء إلى سهل فكان يدخلها هذا البيت ويضيفها ويطعمها اللحم ثم يخليها‏!‏ قال أبو نصر‏:‏ ورأيت أهل تستر كلهم متفقين على هذا وهم الجمع الكثير‏]‏‏

فصل في منثور حكايات في المواهب والكرامات‏.‏

‏[‏أبو الخير التيناتي‏]‏

-وروينا في ‏[‏رسالة‏]‏ الإمام أبي القاسم القشيري بإسنادنا إليه قال‏:‏ سمعت محمد بن أحمد التميمي يقول‏:‏ سمعت عبد الله بن علي الصوفي يقول‏:‏ سمعت حمزة بن عبد الله العلوي يقول‏:‏

-دخلت على أبي الخير التيناتي رحمه الله وكنت اعتقدت في نفسي أن أسلم عليه وأخرج ولا آكل عنده طعامًا، فلما خرجت من عنده ومشيت قدرًا، وإذا به أتى خلفي وقد حمل طبقًا عليه طعام وقال‏:‏ يا فتى‏!‏ كل هذا فقد خرجت الساعة من اعتقادك‏.‏ قال‏:‏ وأبو الخير هذا مشهور بالكرامات‏.‏

-حكي عن إبراهيم الرقي قال‏:‏ قصدته مسلمًا عليه، فصلى صلاة المغرب فلم يقرأ الفاتحة مستويًا‏!‏ فقلت في نفسي‏:‏ ضاعت سفرتي‏!‏ فلما سلمت خرجت للطهارة فقصدني السبع فعدت إليه وقلت‏:‏ إن الأسد قصدني، فخرج وصاح على الأسد وقال‏:‏ ألم أقل لك لا تتعرض لضيفاني‏!‏ فتنحى وتطهرت، قلما رجعت قال‏:‏ اشتغلتم بتقويم الظواهر فخفتم الأسد، واشتغلنا بتقويم القلب فخافنا الأسد‏.‏

-قلت‏:‏ قد يتوهم من يتشبه بالفقهاء ولا فقه عنده أن صلاة أبي الخير هذا كانت فاسدة لقوله‏:‏ لم يقرأ الفاتحة مستويًا‏!‏‏.‏

-وهذه جهالة وغباوة ممن يتوهم ذلك، وجسارة منه على إرسال الظنون في أولياء الرحمن‏.‏

-فليحذر العاقل من التعرض لشي من ذلك؛ بل حقه إذا لم يفهم حكمتهم المستفادة، ولطائفهم المستجادة، أن يتفهمها ممن يعرفها، وكل شيء رأيته من هذا النوع مما يتوهم من لا تحقيق عنده أنه مخالف ليس بمخالف مخالفًا؛ بل يجب تأويل أفعال أولياء الله تعالى، وجواب هذا من ثلاثة أوجه‏:‏

الأول‏:‏ لا يفسد الصلاة بالاتفاق‏.‏‏

الثاني‏:‏ أنه مغلوب على ذلك بخلل في لسانه فتصح صلاته بالاتفاق‏.‏‏

الثالث‏:‏ أنه لو لم يكن له عذر، فقراءة الفاتحة ليست بمتعينة عند أبي حنيفة وطائفة من العلماء، ولا يلزم هذا الولي أن يتقيد بمذهب من أوجبها؛ ورأيته بخط الشيخ رضي الله تعالى عنه‏.‏ ‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

قد جمعت كرامات لبعض الرجال وقد جعلت لكل واحد منهم مطلبًا‏.‏

-اعلم أن هذا الباب وإن لم يكن من أبواب الزهد فهو مما تستريح النفس به إذا ملت‏.‏ وكأن الزاهد قد يحتاج إلى أحاديث غيره مما لا يؤثر في الزهد ولا يفهم كثيرًا، فربما يتحدثوا في أمور الناس وانجر بهم الكلام، إلى الحديث في حرام من غيبة ونحوها‏.‏

-فإذا اشتغلوا بهذا انبعثت نفوسهم لسماعه واشتغلوا به من غيره من القبيح، ومع هذا فلا تخلو هذه الحكايات التي أذكرها إن شاء الله تعالى من فوائد ينتفع بها طالب الآخرة، وبالله التوفيق‏.‏‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏سليمان بن حرب والمأمون‏]‏

-روينا عن أبي حاتم الرازي الإمام أحد أركان الحديث قال‏:‏ حضرت مجلس سليمان بن حرب رحمه الله ببغداد، فحزروا من حضر مجلسه أربعين ألف رجل‏.‏

-وكان مجلسه عند قصر المأمون، فبني له منبر وصعد سليمان وكان المأمون فوق قصره، وقد فتح باب القصر، وقد أرسل سترًا وهو خلفه يكتب ما يملي سليمان‏!‏‏.‏

-فسئل عن أول شيء حدثت حوشب بن عقيل فلعله قد قال‏:‏

-حدثنا حوشب بن عقيل، أكثر من عشر مرات وهم يقولون‏:‏ لا نسمع حتى قالوا‏:‏ ليس الرأي إلا أن يحضر المستملي، فذهب جماعة فأحضروه فلما حضر قال‏:‏ من ذكرت‏؟‏ فإذا صوته خلاف الرعد‏.‏ فسكتوا وقعد المستملون كلهم واستملى المأمون، قال أبو حاتم‏:‏ لا يسأل عن حديث إلا حدَّث من سمعه‏.‏‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏القاضي أبو عبد الله المحاملي‏]‏

-وذكر أبو سعيد السمعاني‏:‏ أنه كان يحضر مجلس إملاء الإمام القاضي أبو عبد الله المحاملي عشرة آلاف رجل‏.‏‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏شهاب الدين السهروردي وجمال الدين‏]‏

-رأيت بخط الشيخ رحمه الله في مواضع مفرقة‏:‏ سمعت شيخنا وسيدنا الإمام الحافظ زين الدين رضي الله تعالى عنه مرتين، آخرهما يوم الأربعاء الثالث من شهر رمضان المعظم سنة سبع وخمسين وستمائة، يقول‏:‏ وعظ الشيخ الجليل شهاب الدين السهروردي رضي الله تعالى عنه بدمشق حماها الله تعالى وصانها، فقرأ القرآن الأعز بن إبراهيم بن محمد الممدوح بن علي الربيني بن عبد الله الجواد بن جعفر، فتواجد الشيخ وخلع أثوابه، فاشتراها منهم جمال الدين للتبرك بخمسمائة درهم‏!‏‏.‏

-وكان رضي الله عنه لا يضيع من أوقاته شيئًا؛ بل لا يزال مشتغلًا بالصلاة والقراءة والذكر، رضي الله تعالى عنه‏.‏

-وكان شيخنا - رضي الله عنه - لبس منه خرقة وصحبه مدة في بغداد بالرباط رضي الله عنهما‏.‏

-سمعت شيخنا وسيدنا الإمام الصالح العارف بقية شيوخ الطريقة؛ شرف الدين أبا إسماعيل محمد بن إبراهيم بن صري بن هرماس بن نجار بن عقيل بن جابر بن حكام بن حكمة بن يوسف بن جعفر الطيار بن أبي طالب‏.‏

-وهذا نسبه أملانيه يوم الجمعة الرابع عشر من شهر رمضان سنة تسع وخمسين وستمائة بالمدرسة الرواحية بدمشق حماها الله تعالى وصانها‏.‏ سمعته يقول عن الشيخ الفقيه الإمام الصالح محمد البرسي، قال‏:‏ ننظر الحافظ عبد الغني ونحن جماعة فيهم يفتون، فلما وضع رجله إلى درجة الكرسي قلت في نفسي‏:‏ بأي شيء فضلك الله علينا‏؟‏ فالتفت إليَّ وقال‏:‏

-يا مدبر من خَدم خُدم‏!‏ من خَدم خُدم‏!‏ من خَدم خُدم، فقلت‏:‏ آمنت بالله‏.‏‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏كرامة لصاحب المهذب‏]‏

-وسمعت سيدنا الشيخ كمال الدين سلار حفظه الله تعالى يحكي عن بعض الفقهاء أنه وضع المهذب تحت رأسه ونام، فاحتلم في منامه‏!‏‏.‏

-ورأى الشيخ أبا إسحاق مصنف المهذب في المنام فدفعه برجله وقال له‏:‏ اقعد ما يكفيك أنك وضعت المهذب تحت رأسك، ثم صرت جنبًا‏!‏ أو كما قال‏.‏ ‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏كرامة في تكثير القليل‏]‏

-سمعت شيخنا وسيدنا الإمام الفاضل، والعلامة البارع عز الدين أبا جعفر عمر بن أسعد بن أبي غالب الأيلي المفتي الشافعي - رحمه الله - يوم الثاني من شعبان سنة تسع وخمسين وستمائة بالمدرسة الرواحية بدمشق، حماها الله وصانها، وسائر بلاد الإسلام وأهلها آمين‏.‏ يقول‏:‏ قال بعض الفقهاء‏:‏ كتب الشيخ كتاب نهاية المطلب، وكان لي عادة أن أكتب في الليل أوراقًا معلومة، فكنت ليلة أكتب فنظرت إلى السراج فوجدت زيته قليلًا لا يكفيني لتمام الوظيفة، قال‏:‏ واشتغلت بالكتابة وذهلت عنها، فما ذكرت ذلك حتى كتبت الوظيفة فعددت الأوراق، فلما فرغت من عددها وذكرت دعائي فنظرت إلى السراج فانطفأ مع نظري إليه‏!‏ أو كما قال‏.‏ ‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏نجم الدين عيسى الكردي‏]‏

-توفي إلى رحمة الله تعالى ورضوانه الشيخ الفقيه نجم الدين عيسى الكردي الشافعي، سنة ست وخمسين وستمائة أظنه في شعبان‏.‏ وكان فقيهًا بالمدرسة الرواحية صانها الله تعالى بمدينة دمشق حماها الله تعالى، وصرف عنها كل قاصد لها بسوء، وأدامها دار الإسلام أبدًا وسائر بلاد الإسلام وأهلها‏.‏

-فرأيته في المنام بعد موته بأيام، بعد ليلة الجمعة وعرفت أنه قد مات، فسلمت عليه وقلت له‏:‏ أحييت يا نجم الدين وجئت‏؟‏‏!‏‏.‏

-وقلت له‏:‏ قد قال الغزالي في ‏"‏كتاب الموت‏"‏ من كتاب إحياء علوم الدين‏:‏ إنَّ الموت أمر عظيم، ولم يأتنا أحد بعد الموت يخبرنا عن حقيقته، ولا يعرف حقيقته إلا من ذاقه، ثم قلت‏:‏ أخبرنا عن حقيقة الموت‏!‏ فقال‏:‏ هو وإن كان صعبًا لكنه لحظة يسيرة، ثم تنقضي‏.‏ قلت‏:‏ فما كان حالك بعده‏؟‏ فقال‏:‏ هناك يعني عند الله تعالى خير كثير، كأنه يشير إلى أن حالته حسنة بفضل الله تعالى، وإن رحمة الله تعالى مؤخرة‏!‏ أو كما رأيت‏.‏‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏شمس الدين محمد النووي‏]‏

-ومات في هذه السنة الفقيه شمس الدين محمد النووي رضي الله تعالى عنه، وعليه قرأت الختمة الشريفة، فرأيته في المنام - رحمه الله - بعد موته، فعرفت أنه ميت فقلت‏:‏ ما حالك يا شمس الدين أنت في الجنة‏؟‏ فقال‏:‏ اليوم لا ندخل الجنة، إلا بعد قيام الساعة‏؟‏ فقلت له‏:‏ صدقت‏!‏ فإنه لا يدخل الجنة اليوم إلا الأنبياء صلوات الله وسلامه عليهم والشهداء، وأما غيرهم فينعم في غيرها قبل مجيء الآخرة، ثم يدخلون الجنة بعد قيام الساعة كما جاءت الشريعة‏.‏

-ثم قلت له‏:‏ قد جاء أن الروح ترجع إلى البدن قبل مسألة منكر ونكير، متى رجوعها إلى الجسد بعد الوضع في القبر أو قبله في حال حمل الميت في النعش‏؟‏ فقال‏:‏ بعد الوضع في القبر‏.‏ رحمه الله وإياي ووالدينا ومشايخنا ومن نفعنا من أصحابنا ومن أسأنا إليه وسائر المسلمين آمين‏.‏‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏ما نقله العارف شمس الدين عن شيخين مجهولين‏]‏

-سمعت صاحبنا الشيخ الإمام الزاهد الورع العارف شمس الدين يوم الثلاثاء الحادي والعشرين من جمادى الأولى سنة إحدى وستين وستمائة بالخانقاه الشميصاتية بدمشق حماها الله تعالى يقول‏:‏

-جرى من أيام - يعني قليلة - كلام بين شيخين إمامين من أصحابنا شهود، ما عينهما لي، ولا أوثر أنا ذكرهما، قال‏:‏ وجرى بينهما مباحثة في أن القرآن في المصاحف والصدور لا على سبيل الحلول كما قاله أصحابنا، وأن نفس الحبر المكتوب ليس هو الكلام القديم، بل دال عليه‏.‏

-ثم إنهما طلبا الإرشاد لإمام الحرمين لينظرا ما ذكر فيه فنظراه ثم انصرفا‏.‏ فرأيت في تلك الليلة كأن بحرًا في وسطه شيء، وذلك الشيء هو مطلوب الناس، وجميع علماء المسلمين يحيطون به، ينظرون إلى ذلك الشيء شاخصون إليه لا يدرون ما هو، لو لا يدركونه‏.‏ قال‏:‏ ورأيت إمام الحرمين دخل بين الناس، وشمر ثوبه ودخل في ذلك البحر نحو خمسة عشر ذراعًا، ثم لم يقدر على مجاوزته‏!‏ فوقف هناك كما هو، وسائر العلماء كما هم يحيطون بالبحر ناظرون إلى ذلك الشيء‏.‏

قال‏:‏ ووراء العلماء خلق كثير ممن كان يشتغل بعلوم الأوائل، أعني العلوم العقلية كعلم الهيئة وعلم المنطق، وأصول الدين، ومن كان يشتغل بالخلاف ممن ينسبون إلى قلة الدين، وترك الصلاة، وسوء الاعتقاد، وهم من أعرفهم‏!‏ فرأيتهم كلهم وراء الناس، وهناك كلاب تبول على جميعهم‏.‏

-وعين لي منهم إنسان أعرفه أنا ممن كان فنه الخلاف حسب ونسب إلى قلة الدين لا أوثر أنا تعيينه قال‏:‏ رأيته سكران‏؟‏ أو كما قاله شرف الدين‏.‏

نسأل الله الكريم المنان ذا العظمة والسلطان، والفضل والامتنان، الرؤوف الرحمن، أن يحسن العاقبة لنا ولوالدينا ومشايخنا وأصحابنا ومن نحب والمسلمين أجمعين‏.‏ آمين‏.‏‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏أبو يعقوب الكرامي‏]‏

وذكر السمعاني في الأنساب أبا يعقوب إسحاق بن ممشاد الزاهد الكرامي، كان حسن الوعظ فأسلم على يده خمسة آلاف رجل وامرأة من أهل الكبائر والمجوس‏.‏‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏عبد الله بن عمر بن ميسر‏]‏

-وروينا عن الإمام أبي بكر الأنباري قال‏:‏ سمعت أحمد بن يحيى - يعني أبا العباس - يقول‏:‏ سمعنا من القواريري مائة ألف حديث؛ يعني بالقواريري‏:‏ عبد الله بن عمر بن ميسر أبا سعيد الحشمي مولاهم البصري ثم البغدادي‏.‏ ‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏ما نقله الشيخ بدر الدين خلكان الإربلي‏]‏

-ورأيت بخط الشيخ - رحمه الله - تعليقًا في مواضع متفرقة سمعت شيخنا القاضي الإمام مجموع أنواع الحسنة، بقية الشيوخ والعلماء‏:‏ بدر الدين أبا عبد الله محمد بن إبراهيم بن خلكان الإربلي الشافعي رضي الله تعالى عنه، يوم الأربعاء السادس عشر من رجب سنة ستين وستمائة يقول‏:‏

-رأيت امرأة يظنها قال‏:‏ صالحة، ومعناه حفظت القرآن العزيز كله في سبعين يومًا‏!‏‏.‏‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏كمال الدين سلار‏]‏

-سمعت شيخنا قاضي الإسلام كمال سلار رضي الله تعالى عنه يقول‏:‏ حفظت التنبيه في أربعة أشهر‏!‏‏.‏‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏ما أحصاه الشيخ البتليسي عن تأليف الإمام الغزالي‏]‏

-سمعت شيخنا البتليسي - حفظه الله - مرات يقول‏:‏ أحصيت كتب الغزالي - رحمه الله تعالى - التي صنفها ووزعت على عمره فخصت كل يوم أربع كراريس‏!‏ وذلك فضل الله يؤتيه من يشاء‏.‏‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏تصانيف الشافعي والأشعري رضي الله عنهما‏]‏

-قلت‏:‏ ومن المشهورين بكثرة التصنيف إمامنا الإمام أبو عبد الله محمد بن إدريس الشافعي، والإمام أبو الحسن الأشعري رضي الله تعالى عنهما، وقد عدد الإمام أبو بكر البيهقي - رحمه الله تعالى - مصنفات الشافعي، وعدد الإمام حافظ الشام؛ بل حافظ الدنيا أبو القاسم المعروف بابن عساكر - رضي الله تعالى عنه - في كتابه‏:‏ تبيين كذب المفتري فيما نسب إلى الإمام أبي الحسن الأشعري، تصانيف الأشعري أنها نحو ثلاثمائة تصنيف‏.‏

-سمعت شيخنا وسيدنا الإمام الجليل والسيد النبيل، الحافظ المحقق والمقتبس المدقق، الضابط المتقن، والمشفق المحسن، الورع الزاهد، والمجتهد العابد، بقية الحفاظ المفتي شيخ الأئمة والمحدثين‏:‏ ضياء الدين أبا إسحاق إبراهيم بن عيسى المرادي يقول في يوم الأربعاء السادس من شوال ثمان وخمسين وستمائة بالمدرسة البادرائية بدمشق حماها الله وصانها قال‏:‏ سمعت الشيخ عبد العظيم رحمه الله يقول‏:‏

-كتبت بيدي تسعين مجلدة، وكتبت سبعمائة جزء، كل ذلك من علوم الحديث، تصنيف وغيره؛ وكتب ذلك من مصنفاته وغيرها أشياء كثيرة‏.‏

قال شيخنا‏:‏ ولم أر ولم أسمع أحدًا أكثر اجتهادًا منه في الاشتغال، كان دائم الاشتغال في الليل والنهار‏.‏

-قال‏:‏ وجاوزته في المدرسة - يعني بالقاهرة - حماها الله بيتي فوق بيته اثني عشر سنة، فلم أستيقظ في ليلة من الليالي، ساعة من ساعات الليل إلا وجدت ضوء السراج في بيته وهو مشتغل بالعلم‏!‏ وحتى كان في حال الكل والكتاب والكتب عنده يشتغل فيها‏!‏‏.‏

-وذكر من تحقيقه وشدة بحثه وتفننه ما أعجز عن التعبير عنه، قال‏:‏ وكان لا يخرج من المدرسة لا لعزاء، ولا لهناء، ولا لفرجة، ولا لغير ذلك، إلا لصلاة الجمعة، بل يستغرق كل الأوقات في العلم‏.‏ رضي الله تعالى عنه وعن والدينا والمسلمين‏.‏ ‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏ضياء الدين شيخ المؤلف‏]‏

-سمعت شيخنا ضياء الدين رضي الله تعالى عنه يقول‏:‏ كتبت صحيح البخاري في ست مجلدات بقلم واحد، ولكن كنت أبريه، وكتبت بذلك القلم أشياء بعد البخاري وذلك بمدينة القاهرة حماها الله تعالى‏.‏

-قال ابن قتيبة في أدب الكاتب‏:‏ بريت القلم أبريه بريًا‏.‏‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏أبو بكر الكتاني‏]‏

-قال أبو سعيد السمعاني في كتاب الأنساب‏:‏ ختم الشيخ أبو بكر محمد بن علي بن جعفر الكتاني في الطواف اثني عشر ألف ختمة ومات سنة اثنين وعشرين وثلاثمائة‏.‏

كَرِّرْ عليَّ حديثَهم يا حادي      فحديثُهم يجلي الفؤاد الصادي ‏

باب ‏(‏في حكايات مستظرفة‏)‏‏.‏

‏[‏عز الدين الإربلي‏]‏

-سمعت شيخي وسيدي الإمام العلامة المفتي المدقق المتقن مجموع أنواع المحاسن‏:‏ عز الدين أبا حفص عمر بن أسد بن أبي غالب الإربلي الشافعي رضي الله تعالى عنه مرات آخرها يوم الجمعة الرابع والعشرين من رجب سنة تسع وخمسين وستمائة يقول‏:‏ كل عامل لله عز وجل بطاعة، فهو ذاكر الله عز وجل‏.‏‏

  بستان العارفين للنووي

Par Abdelkader HADOUCH عبد القادر حادوش - Publié dans : Mystique التصوف - Ecrire un commentaire
Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /Juin /2009 13:05

في هذه السنة قتل الحسين بن منصور الحلاج الصوفي وأحرق . وكان إبتداء حاله أنه كان يظهر الزهد والتصوف ، ويظهر الكرامات ، ويخرج للناس فاكهة الشتاء في الصيف ، وفاكهة الصيف في الشتاء ، ويمد يده إلى الهواء ، فيعيدها مملوءة دراهم عليها مكتوب قل هو الله أحد ، ويسميها دراهم القدرة ، ويخبر الناس بما أكلوه وما صنعوا في بيوتهم ، ويتكلم بما في ضمائرهم فافتتن به خلق كثير ، واعتقدوا فيه الحلول ، والجملة فان الناس اختلفوا فيه اختلافهم في المسيح عليه السلام . فمن قائل : إنه حل فيه جزء إلهي ، ويدعي فيه الربوبية . ومن قائل : إنه ولي الله تعالى ، وأن الذي يظهر منه ، من جملة كرامات الصالحين . ومن قائل : إنه مشعبذ وممخرق وساحر كذاب ومتكهن ، والجن تطيعه ، فتأتيه بالفاكهة في غير أوانها . وكان قدم من خراسان إلى العراق وسار إلى مكة ، فأقام بها سنة في الحجر لا يستظل تحت سقف ، شتاء ولا صيفا . وكان يصوم الدهر فإذا جاء العشاء أحضر له القوام كوزماء ، وقرصا فيشربه ويعض من القرص ثلاث عضاتي من جوانبها فيأكلها . ويترك الباقي ، فيأخذونه ولا يأكل شيئا آخر إلى الغد آخر النهار

وكان شيخ الصوفية يومئذ بمكة عبدالله المغربي فأخذ أصحابه ، ومشى إلى زيارة الحلاج فلم يجده في الحجر وقيل له : قد صعد إلى جبل أبي قبيس ، فصعد إليه فرآه على صخرة حافيا مكشوف الرأس والعرق يجري منه إلى الأرض ، فأخذ أصحابه ، وعاد ولم يكلمه فقال : هذا يتصبر ويتقوى على قضاء الله سوف يبتليه الله بما يعجز عنه صبره وقدرته ، وعاد الحسين إلى بغداد . وأما سبب قتله فإنه نقل عنه عند عوده إنى بغداد إلى الوزير حامد بن العباس ، أنه أحيا جماعة وانه يحيي الموتى وان الجن يخدمونه ، وانهم يحضرون عنده ما يشتهي ، وأنهم قدموه على جماعة من حواشي الخليفة، وان نصرا الحاجب قد مال إليه وغيره ، فالتمس حامد الوزير من المقتدر بالله أن يسلم إليه الحلاج وأصحابه ،فدفع عنه نصر الحاجب فألح الوزير ، فأمر المقتدر بتسليمه إليه فأخذه ، وأخذ معه إنسانا يعرف بالشمري وغيره قيل : إنهم يعتقدون أنه إله ،فقررهم فاعترفوا أنهم قد صح عندهم ، أنه إله ، وانه يحيي ال موتى، وقابلوا الحلاج على ذلك ، فأنكره وقال : أعوذ بالله أن أدعي الربوبية أو النبوة ، وإنما أنا رجل أعبد الله عز وجل ، فأحضر حامد القاضي أبا عمرو، والقاضي أبا جعفر بن البهلول ، وجماعة من وجوه الفقهاء، والشهود، فاسفتاهم فقالوا: لا يفي في أمره بشيء إلا أن يصح عندنا ما يوجب قتله ولا يجوز قبول قول من يدعي عليه . ما ادعاه إلا ببينة أو قرار

وكان حامد يخرج الحلاج إلى مجلسه ويستنطقه ، فلا يظهر منه ما تكرهه الشريعة المطهرة . وطال الأمر على ذلك وحامد الوزير مجد في أمره ، وجرى له معه قصص يطول شرحها ، وفي آخرها ، أن الوزير رأى له كتابا حكي فيه أن الإنسان إذا أراد الحج ، وثم يمكنه أفرد من داره بيتا لا يلحقه شيء من النجاسات ، ولا يدخله أحد ، فإذا حضرت أيام الحج طاف حوله وفعل ما يفعله الحاج بمكة ، ثم يجمع بين ثلاثين يتيما ويجمل أجود الطعام يمكنه ، وأطعمهم في ذلك البيت ، وخدمهم بنفسه ، فاذا فرغوا كساهم ، وأعطى كل واحد منهم سبعة دراهم ، فإذا فعل ذلك كان كمن حج ،فلما قرىء هذا على الوزير ، قال القاضي أبو عمرو للحلاج : من أين لك هذا ؟ قال : من كتاب الإخلاص للحسن البصري ، قال له القاضي : كذبت يا حلال الدم ، قد سمعناه بمكة ، وليس فيه هذا . فلما قال ا، : يا حلال الدم ، وسمعها الوزير قال له : اكتب بهذا فدافعه أبو عمرو ، فالزمه حامد ، فكتب بإباحة دمه ، وكتب بعده من حضر المجلس ولما سمع الحلاج ذلك قال : ما يحل لكم دمي واعتقادي الإسلام ومذهبي السنة ، ولي فيها كتب موجودة فالله الله في دمي وتفرق الناس . وكتب الوزير الى الخليفة يستأذنه في قتله ، وأرسل الفتاوى إليه فأذن في قتله ، فسلمه الوزير الى صاحب الشرطة فضربه ألف سوط فما تأوه ، ثم قطع يده ثم رجله ثم يده ثم رحله ثم قتل وأحرق بالنار . فلما صار رمادا ألقي في دجلة ونصب الرأس ببغداد . وأرسل إلى خراسان لأنه كان له بها أصحاب فاقبل بعض أصحابه يقولون : انه لم يقتل وإنما ألقي شبهه على دابة وانه يجيء بعد أربعين يوما . وبعضهم يقول : لقيته على حمار بطريق النهروان ، وأنه قال لهم : لا تكونوا مثل هؤلاء البقر الذين يظنون أني ضربت وقتلت

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