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Histoire du Maghreb تاريخ المغرب الكبير

L'héritage de la sainteté héréditaire (Banû Amghâr بنو أمغار)

Les Sanhâjiyûn ont constitué la ta’ifa des Banû Amghâr (1) dans le pays d’Azemmour selon al-Tâdilî (2) ou du pays de Tîtnftar comme l’a confirmé Ibn Qunfûd (3). Si le deuxième pays est considéré comme le ribât de la tâ’ifa dans la biographie d’al-Tâdilî, il reste a supposé qu’Ibn Qunfud parle de l’étendu territoriale de cette tâ’ifa. Au Moyen-Age le ribât à lui seul peut donner le nom à toute une région, puisque le tombeau du saint, les villages et les campagnes voisine constitue un domaine d’influence vitale pour les disciples de la tâ’ifa. Dans la généalogie spirituelle des Banû Amghâr la première référence est le saint contemporain à Abû Shucayb qui est Abû cAbd Allâh Muhammad Ibn Abî Jacfar Ishâq b. Ismâcîl b. Sacîd al-Sanhâjî, connu sous le nom d’Ibn Amghâr (4). Il est saints substituts (abdâl) (5). Ibn Amghâr descendant d’une famille, connu pour sa sainteté. Elle était transmise de père en fils comme d’ailleurs le confirme les dire d’Abû Shucayb son contemporain : « On raconte d’Abû Shucayb qu’il visitait beaucoup Abû cAbd Allâh, et ne cessa que dans sa vieillesse. Abû cAbd Allâh lui dit : jusqu'à quand, ô shaykh, me visiterais-tu alors que tu es âgé ? Ne te fatigue pas. Il lui répondait : comment ne te visiterais-je pas, alors que tu laisses qui héritera de toi, et moi, je ne laisse pas d’héritier ? » (6). Pour la première fois, nous avons une ta’ifa qui perpétue la tradition de l’héritier généalogique de la voie du fondateur. Les Banû Amghâr ont donc gardé une tradition familiale. Dans l'anecdote de l’héritage qui complète les dire d’Abû Shucayb « cAyn al-fitr » (7), la transmission même des karâmât se perpétue au sein de la famille mais aussi aux disciples.

Les Banû Amghâr qui remontent leur voie à l’Imâm Abû al-Qâsim al-Junayd ont influencé la région du sud du Maghrib occidental à l’époque des Almoravide et des Almohades. Avec les Mérinides ont remarque que le pragmatisme de ces derniers coïncide avec le pragmatisme des shurafâ’ de la maison des Bânû Amghâr (8). Dès le début de leur mouvement, les Mérinides ont reconnu la sainteté et l’influence du ribât de Tit sur la région de Doukkâla. Après leur victoire militaire contre le calife Abû Dabûs, ils ont pris à leur conte les engagements des Almohades, en ajoutant sur ces derniers la reconnaissance officielle de la sainteté des Banû Amghâr. Ils ont maintenu leur rôle, avec des largesses matérielles, suffisamment importantes pour que les Banû Amghâr acceptent d’intervenir sur la demande du souverain Abû Yacqûb Yûsuf en 703 de l’hégire au près du sharîf de la Mecque pour la confirmation de leur prise du pouvoir au Maghrib occidental. Une deuxième officialisation opérait dans les relations entre les Mérinides et les Banû Amghâr se sont déroulés au moment de la visite d’une délégation conduite par le neveu de cAbd Allâh Amghâr au palais de Fès (9).

En effet, les Banû Amghâr étaient considérés par le souverain Abû Yûsuf Yacqûb comme des descendants du Prophète (10), à ce titre, il rentre dans le cadre de la politique sharifienne que les Mérinides ont mis en place pour contre carré le mouvement soufî indépendant. A l’époque d’Abû cInân, après sa révolte contre son père le grand souverain Abû al-Hasan, la question des relations entre les Banû Amghâr et le souverain été devenu très important vu la politique d’Abû cInân qui privilégie les Ahl al-bayt sur tout le territoire du royaume. Les Banû Amghâr qui ont perdu une partie de leurs privilèges sous le règne d’Abû al-Rabîc Sulaymân, allaient récupérer le salaire de cent dinârs en or, la jurisprudence (qadâ’), l’imâma et les consultations juridiques (al-fatwâ). Dès la mort d’Abû cInân la situation politique du Maghrib mérinide avait changée, ces successeurs n’avaient pas encouragé la politique sharifienne de la dynastie et la région de Doukkâla était sous le contrôle des tribus arabes Banû Duwayb, à tel point que le ribât des banû Amghâr avait constitué leur quartier général. Ces à cette période qu’ont assiste au déclin des Banû Amghâr sur le plan religieux et politique

 

(1)-Quand en parle des Banû Amghâr, on est devant une famille qui avait gagné son titre de sainteté et du sharifismesharifisme. Le ribât de Tît des Banû Amghâr dans les Doukkâla resta le lieu privilégié de tous les saints du Maghrib occidental, le maître al-Jazûlî avait passé quatorze années dans ce ribât pour s’y imprégner de l’enseignement Shadilite. sous les Almoravides, leur continuité malgré les changements politiques successifs au Maghrib occidental, les plaçaient parmi les familles la plus ancienne du

(2)-AL-TÂDILÎ, al-Tashawuf ilâ rijâl al-tasawuf, trad par DE FENOYL Maurice, édit., EDDIF, Casablanca, 1995, tx., fr., p., 156.

(3)-IBN QUNFUD, ‘Uns al-faqîr wa ciz al-haqîr, al-Markaz al-Jâmicî li-l-baht al-cilmî, dans la collection Rihlat, Rabat, 1965, p., 64.

(4)-AL-TÂDILÎ, al-Tashawuf ilâ rijâl al-tasawuf..., op. cit., p., 156.

(5)-Ibid., p., 156.

(6)-Ibid., p., 156.

(7)-Ibid., p., 157.

(8)-Dans les relations des Banû Amghâr et les Mérinides une sorte de promotion sociale, qui centralise des pouvoirs importants entre les mains de la maison des Banû Amghâr : l’exonération des impôts, le shaykh du ribât était désigné qâdî de Tît, un salaire annuel de milles dinâr d’or... L’ensemble de ces privilèges accordé aux Banû Amghâr leur avaient permis une assise économique confortable, ainsi qu’une puissance au milieu des tribus de la région de Doukkâla. L’excellente étude de KABLY Mohamed, Musâhama fî târîkh al-tamhîd li-dihûr al-sacdiyîn, montre les causes et les besoins pressants des Mérinides sur le plan interne et externe qui a conduit à ces largesses en faveur des Banû Amghâr. AL-AZMÛRÎ, dans la-Bahja, feuille 9, fait état de ces privilèges accordés à la maison des Banû Amghâr.

(9)-AL-AZMÛRÎ, al-Bahja, f., 32.

(10)Les Mérinides ont tenu des registres dans lesquels figure les familles liées selon la tradition à Ahl al-bayt. Al-Azmûrî nous rapporte que le sultan mérinide Abû Yûsuf Yacqûb avait remonté le nasab d’al-Amghâriyûn, al-Sabûkiyûn et al-Zakrâwiyûn à un seul ancêtre sur le territoire du Maghrib occidental (al-Bahja..., f., 16).

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