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Histoire du Maghreb تاريخ المغرب الكبير

La justice au nom de la ligne orthodoxe (Madhab).

Le pouvoir central conscient que les détenteurs du savoir, étaient capables au nom du madhab à réaliser une légitimité incontestable. L'exercice de la justice au nom de la dacwa dîniya, (la ligne orthodoxe) de la dynastie était le lien entre la période des réformes et la période de la souveraineté politique. Par conséquent, le poids des Qâdî était très important dans la vie de la société musulmane à l'époque almoravide, almohade et mérinide. Les détenteurs du pouvoir ont profité de l'importance de la justice, pour faire des savants les alliés dans le domaine de la direction des territoires de la souveraineté. Nous pouvons même aller jusqu'à dire que la dynastie almohade et mérinide ont formé des idéologues (Talaba), même si l'expérience n'avait pas beaucoup de résultats.

Le Qâdî avait de nombreuses fonctions parmi les plus courantes:

1-Soutenir la succession de Waliy al-cAhd.

2-Rendre la justice au nom du souverain au milieu des populations du royaume.

3-La protection des orphelins et leurs héritages.

4-Le contrôle des constructions dans le milieu urbains et l'administration des legs etc.).

5-Responsable des consultations juridiques.

6-Le contrôle du trésor public et ses administrateurs.

La première place dans le domaine de la justice était celle de Qâdî al-jamâca, installé dans la capitale de la dynastie (Marrakech, Fès), le deuxième était installé dans la sous-capitale de la dynastie en Espagne musulmane. Par exemple Abû al-Walîd b. Rushd, Qâdî al-jamâca à la ville de Cordoue à l'époque de cAliy b. Yûsuf. A l'époque d'al-Mansûr al-Muwahidî le Qâdî al-jamâca était Abû Mûsâ b. cImrân. Abû al-Hasan al-Saghîr (l'Imâm du malikisme au Maghreb) était l'une des grandes personnalités de Fès à l'époque d'Abû al-Hasan al-Marînî. Les grands Qâdî étaient souvent consultés par les souverains et les califes, une mesure politique pour légitimer les actes politiques et garder à l'intérieur de la dynastie les personnalités influentes au sein de la société. Mais, on remarque que les consultations du groupe étaient toujours sur des sujets qui concerne le jihâd, les expéditions militaires dans les régions du royaume, le purge politique, la désignation des gouverneurs... Devant le danger du mouvement almohade et les problèmes qui avaient surgi à travers le royaume almoravide, le Qâdî Ibn Rushd a été souvent derrière les décisions du souverain cAliy b. Yûsuf. A l'époque almohade, il suffisait de parler du calife al-Ma'mûn, ce dernier avait massacré les Shaykhs almohade, hostile à sa succession, après avoir obtenu la fatwa du Qâdî de Marrakech al-Mâkîdî. A l'époque mérinide le Qâdî al-Hasan al-Saghîr avait demandé l'assassinat de la délégation Nasrîde, le Vizîr Rahû b. Yacqûb al-Wattâsî avait pris la décision de juger le Qâdî, ce dernier avait trouvé refuge à l'intérieur de la Mosquées, sous la protection des habitants. Dès que le sultan Abû al-Rabîc avait eu connaissance de l'affaire, il avait massacré les proches du Vizîr, ce dernier avec une partie de l'armée désigna cAbd al-Haq b. cUtmân. Ces exemples montrent bien, que même si les souverains et les califes ont représenté le pouvoir suprême, les Qâdî par leur savoir juridique ont eu un poids dans la direction du pays. Par conséquent, l'entente entre les deux pouvoirs était le seul moyen pour garder une stabilité politique au niveau de la dynastie et du peuple , surtout que les Qâdî almoravide et mérinide faisaient leurs devoirs au nom de l'orthodoxie malikite, tandis que les Qâdî almohade le faisaient au nom de la doctrine d'Ibn Tûmart, même si quelques uns étaient des malikites, c'est pourquoi les détenteurs du pouvoir on essayé de contrôler les liens entre les Qâdî et les populations par des mutations permanentes.

La première apparition des Qâdî spécialistes dans un domaine juridique, avait connu ses débuts avec les Almohades. Ils avaient désigné un Qâdî, uniquement pour les affaires familiales. La période mérinide avait connu la fonction de cAdl plur., cUdûl, leur fonction était lié au Qâdî, ils avaient des "bureaux" nommé (Sinat al-cUdûl). La fonction de Sâhib al-Salât (responsable de la prière), était destiné à convaincre les populations de faire la prière dans les heures fixes, l'enseignement des principes de la prière etc.). A l'époque d'Abû cInân, Sâhib al-Salât était devenu un fonctionnaire désigné par le Qâdî. Chez les Almohades, le calife désignait Sâhib al-Salât pour s'occuper des Imâms des Mosquées, de les orienter et de satisfaire leur revendications.

La hisba était une fonction religieuse, basé sur al-Amr bi-al-macrûf wa al-nahy cani al-munkar (ordonner le convenable et interdire le blâmable). Le Muhtasib selon Ibn Khaldûn est un fonctionnaire qui s'occupe des affaires publiques dans la ville à caractère économique. Les Almoravides et les Almohades n'avaient pas désigné des Muhtasib, mais les Qâdî avaient rempli cette fonction, tandis que les Mérinides avaient désigné des Qâdî chargé de la hisba, parmi les personnalités de cette époque, Abû Fâris cAbd al-cAzîz b. cAbd al-Rrahman al-Malzûzî. Les Qâdî ont permis aux détenteurs du pouvoir de gérer la société au nom de la doctrine officiel. Il avait contribué à l'alliance du groupe du pouvoir et le groupe du savoir autour des principes juridiques privés et publics.

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